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DE LA REP. ROMAINE. Liv. I. 13
tout s'y décidoit à la plûralité des
voix, & il n'y avoit que fon fuf-
frage comme un Sénateur particu-
lier. Rome, après fon Koi, ne Liv. 1. 1. c.
voyoit rien de li grand & de fi ref- g.
pectable que ces Sénateurs. On
& leurs defcen-
dans Patriciens: origine de la pre-
miereNobleffe parmi les Romains.
On donna aux Sénateurs ce nom
de Peres par rapport à leur âge, ou
à caufe des foins qu'ils prenoient
de leurs Concitoyens. » Ceux qui Conjur,
compofoient anciennement le « Catil.
Confeil de la République, dit «
Salufte, avoient le corps affoibli «
par les années, mais leur esprit
étoit fortifié par la fageffe & par «
l'expérience. Les Dignitez civi-
les & militaires, même celles du
Sacerdoce, appartenoient aux Pa-
triciens, à l'exclufion des Ple-
beïens. Le peuple obeïffoit à des
Magiftrats particuliers qui lui ren-
doient juftice; mais ces Magif-
trats recevoient les ordres du Sé-
nat, qui étoit regardé comme la
Loi fuprême & vivante de l'Etat,
le Gardien & le Défenfeur de la
liberté.

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D. H. 1.3.

Les Romains, après l'établisse ment du Sénat, tirerent de nouveau de chaque Curie dix hommes de cheval; on les nomma Celeres, foit du nom de leur Chef appellé Celer, ou par rapport à leur viteffe, & parce qu'ils fembloient voler, pour executer les ordres qu'on leur donnoit. Romulus en compofa fa garde; ils combattoient également à pied & à cheval, dit Denis d'Halicarnaffe, felon les' occafions & la difpofition du ter rain où ils fe trouvoient : ce qui revient affez à cette efpece de Milice que nous appellons Dragons. L'Etat leur fourniffoit un cheval, d'où ils furent appellez Chevaliers, & ils étoient diftinguez par un anneau d'or. Mais dans la fuite quand leur nombre fut augmenté, cette fonction militaire fut changée en un fimple titre d'honneur, & ces Chevaliers ne furent pas plus attachez à la guerre que les autres Citoyens. On les vit au contraire fe charger fous le nom de Publicains, de recueillir les tributs, & tenir à ferme les revenus de la République: efpece de corps

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qui, quoi que Plebeïen, ne laiffoit pas de former comme un ordre féparé entre les Patriciens & lePeuple.

De tous les peuples du monde, le plus fier dès fon origine, & le plus jaloux de fa liberté, a été le Peuple Romain. Ce dernier ordre, quoique formé pour la plupart de paftres & d'esclaves, voulut avoir part dans le Gouvernement comme le premier. C'étoit lui qui autorifoit les Loix qui avoient été dirigées par le Roi & le Sénat; & il donnoit lui-même dans fes af- CH.1, 2 femblées, les ordres qu'il vouloit executer. Tout ce qui concernoit la guerre & la paix, la création de Magiftrats, l'élection même du Souverain, dépendoit de fes fuffrages. Le Sénat s'étoit feulement réfervé le pouvoir d'approuver ou de rejetter fes projets, qui, fans ce temperamment & le concours de fes lumieres, euffent été fouvent trop precipitez & trop tumnltueux.

Telle étoit la conftitution fondamentale de cet Etat qui n'étoit ni purement Monarchique, ni

auffi entierement Républicain. Le Roi, le Sénat & le Peuple étoient, pour ainfi dire, dans une dépendance réciproque ; & il refultoit de cette mutuelle dépendance un équilibre d'autorité qui modéroit celle du Prince, & qui affuroit en même-tems le pouvoir du Sénat & la liberté du peuple.

Romulus, pour prévenir les divifions que la jaloufie fi naturelle aux hommes, pouvoit faire naître entre les Citoyens d'une même République, dont les uns venoient d'être élevez au rang de Sénateurs & les autres étoient reftez dans l'ordre du peuple, tâcha de les attacher les uns aux autres par des liaifons & des bienfaits réciproD. H. 1. 2. ques. Il fut permis à ces Plebeiens de fe choifir dans le Corps du Sénat, des Patrons qui étoient obligez de les affifter de leurs conseils & de leur crédit ; & chaque particulier fous le nom de Client s'attachoit de fon côté aux interêts de fon Patron. Si ce Sénateur n'étoit pas riche, fes Clients contribuoiết à la dot de fes filles, au payement de fes dettes ou de fa rançon, en

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cas qu'il eût été fait prifonnier de guerre; & ils n'euffent osé lui refufer leurs fuffrages s'il briguoit quelque Magiftrature. Il étoit également défendu au Patron, & au Client, de fe présenter en justice pour fervir de témoin l'un contre l'autre. Ces offices réciproques, &ces obligations mutuelles furent eftimées fi faintes, que ceux qui les violoient, paffoient pour infames, & il étoit même permis de les tuer comme des facrileges.

Un tem peramment fi fage dans le Gouvernement, attiroit de tous côtez de nouveaux Citoyens dans Rome; Romulus en faifoit autant de foldats, & déja cet Etat commençoit à fe rendre redoutable à fes voisins. Il ne manquoit aux Romains que des femmes pour en affurer la durée; Romulus envoia des députez pour en demander aux Sabins & aux nations voisines, & pour leur propofer de faire une étroite alliance avec Rome: Les Sabins occupoient cette contrée de l'Italie qui eft fituée entre le Tibre, le Teveron & les Appennins. Ils habitoient de petites villes &

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