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ses ordres : » Mais souffrez, lui dit-il, que je vous représente que « l'execution m'en paroît impf- « sible ; & en même temps très- «. dangereuse. Croyez-vous, continua ce vieil Officier, que les « ennemis en descendant de la « montagne, & de leur camp, ne« se soient pas assurez par un bon « corps d'Infanterie du feul che- . min qui peut faciliter leur retrai-... te; Puis-je seul forcer ce poste a-u vec les veterans, &sans être foute » nu par de plus grandes forces ? « Une pareille entreprise n'est « propre qu'à nous faire périr tous. Huit cents hommes pour- « ront-ils résister à l'Armée entiere in des ennemis , qui nous prendra par derriere dans le même cemps « que nous aurons en tête ceux « qui occupent le chemin de la « montagne?

Le Consul irrité des remontrances de Siccius, lui repartit brufquement , que sans se mêler de faire le General , il n'avoit qu'à obeïr aux ordres qu'on lui don. noit : ou que s'il y tronvoit trop de péril , il en chargeroit d'autres.

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Officiers, qui sans faire les capa. bles, viendroient glorieusement à bour de cette entreprise. » Et vous, » grand Capitaine, ajouta le Con» sul avec une raillerie piquante, si vous qui faites la guerre depuis » quarante ans, qui vous êtes crouos' vez à six-vingt combats, & dont stout le corps est couvert de blef» sures, retournez à Rome fans » avoir osé envisager l'ennemi , & » rapportez sur la place cette lan» gue li'éloquente & plus redou» table à vos concitoyens que vo» tre épée ne l'est aux Eques & » aux ennemis de la patrie.

L'Officier outré des reproches de son General, lui répondit fierement qu'il voyoit bien qu'il vouloit faire périr un vieil foldat, ou le dèshonorer. Mais que l'un étoit bien plus facile que l'autre ; qu'il alloit marcher au camp ennemi, & qu'il l'emporteroit, ou qu'il se feroit tuer en chemin avec tous les compagnons. Ces veterans prirent ensuite congé des autres soldats, qui ne les virent partir que comme des gens qu'on envoyoit à la boucherie. Heureusement pour eux

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ils étoient sous les ordres d'un vieil Officier qui sçavoic faire la guerre. Siccius prit un grand détour, & ayant marché quelque temps,

il découvrir dans l'éloignement, & fur des montagnes voisines, une grandc Forêt qui sembloit s'étendre jusqu'au camp ennemi. Il se pressa aussi - côt de gagner ce bois: » Bon courage, mes com- « pagnons, s'écrioit-il en montant, » ou je suis bien trompé, ou j'ap-« perçois une route qui nous conduira plus sûrement au camp des « ennemis que celle

-6 neral m'avoit prescrite. Ce ne fut pas sans peine que ces vieils soldats, chargez de leurs armes, parvinrent jusqu'au sommet de cette montagne. Mais il n'y furent pas plutôt arrivez , qu'ils reconnurent qu'ils étoient fur une hauteur quidominoit sur le camp en. nemi, & ils s'en approcherent à la faveur des bois, fans avoir été apperçûs par les sentinelles & les gardes avancées.

Pendant cette marche, les deux Armées des Romains & des Eques en étoient venues aux mains dans

que notre Ge

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la plaine. On combatir long-temps de part & d'autre avec une valeur égale, & sans que la vi&oire se déclarât pour aucun parti. La plû. part des soldats que les Eques avoient laissez à la garde de leur camp, croyant n'avoir rien à craindre de leurs derrieres, étoient accourus sur le bord de la montagne pour voir la bataille. Pendant qu'ils s'étoient dispersez pourjoüir plus aisément d'un si grand spectable , Siccius qui les observoic profita de cette négligence. Ilfond sur le camp , surprend la garde , taille en pieces tout ce qui s'oppose à ses efforts, fait le reste prisonnier ; & après avoir laissé quelques soldats pour la garde du camp, il tombe ensuite sur ceux qui regardoient si paisiblement le combat, & les emporte sans peine. Quelques-uns donc l'éloignement favorisa la fuite , se jetterent dans ce chemin creux qui conduisoit dans la plaine , & où les Eques avoient laissé quelques cohortes pour assurer leur retraite, comme Siccius l'avoit bien prévû. L'Officier Romain qui les poursuivois

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vivement, arrive presque aussi-tôt, les presse, les pousse & les renverse sur ce corps de garde. Tous prennent la suite ; le soldat effrayé ne s'apperçoit point du petit nombre des ennemis; la peur les multiplic à ses yeux ; il va chercher fa sûreté dans le gros de l'Armée, & il y porte la crainte & l'épouvante : Siccius arrive qui l'augmente. Les Eques se voyant attaquez par derriere, lâchent pied. Ce fut moins dans la suite un combat qu'une déroute generale. Les uns veulent regagner la montagne ; d'autres s'écartent dans la plaine, & ils rencontrent par tout l'ennemi & la mort. La plûpart furent taillez en pieces; & il ne s'en fauva que ceux que

les Romains voulurent bien 1. faire prisonniers, ou qui échapenon rent à la faveur de la nuit qui survint durant le combat. Pendanc

que

les Consuls achevoient de vaincre, & qu'ils pourfuivoient les fuyards, Siccius plein de ressentiment contre les Generaux, forme le dessein de les priver des fruits & des honneurs de la victoire. Il remonte seul avec

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