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yeux

chois dans l'Histoire de Constantinople. Les Caracteres de Colojean , d'Andronic, & d'Irene font les mêmes que Mr. de Saint Real a donnez à ceux dont il a parlé, & les faits des deux histoires font entierement conformes dans toutes leurs circonstances. La seule difference qu'on y trouve , c'est que Colojean ne fit pas mourir fon fils ; il se contenta de luy faire crever les avec du vinaigre brulant , fupplice ordinaire des Princes dans l’Empire d'Orient.

Au reste l'éloge que j'ay fait d'Alexis pere de Colojean , n'est pas fans fondeinent. Ce fut un tres grand Empereur ; & la Princeffc Irene sa fille, la Sapho de son fiecle, a composé un Poëme à sa louange, qu'on a regardé comine un chef-d'oeuvre.

Le succés de cette Tragedie fur aufli heureux à la Cour & à la Ville , qu'aucun qu'il y ait jamais eu ; & il se passa même, pendant les premieres representations, des choses si avantageuses pour moy, qu'il ne me convient

pas
de les

rapporter.

ALCIBLADE.

A reüflite d’Alcibiade fut encore, s'il LA

vest possible, plus grande que celle d’A11dronic, & la quarantiéme representation fut auslí suivie que la premiere. Le sujet est ciré des Vies de Plutarque. Il est aisé de voir ce que j'ay changé ou ajouté à l'Histoire. On remarquera seuleinent que le Personnage d'Artemise , lequel paroîtra peut-être épisodique , ne l'est pas. C'est Herodote qui me l'a fourni , & on trouvera dans cet Auteur , que cette Princesse étoit toute - puissante dans le Conseil du Roy de Perfe.

Les Critiques, à leur ordinaire , se déchaînerent d'abord contre cet Ouvrage ; mais les plus severes demeurerent toûjours d'accord que je n'y avois pas

mal peint le caractere , l'esprit & les incurs de l'ancienne Grece, & que tout ce qui s'est pasde memorable entre Darius , Xercés, Artaxerce, & les Grecs

les Grecs , y estoit assez beureusement ramené.

PHOCIO N.

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E sujec est aussi pris des Vies de Plu

ţarque. Je l'ay autant & plus travaillé

qu'aucun de ceux que j'ay traitez. La versification eft noble & chariée. Les interests sont de ceux qui doivent produire les mouvemens les plus pathetiques. Il y a plusieurs situations heureuses & theatrales. Cependant le succés fut tres mediocre ; cette Tragedie ne parut sur la Scene , qu'onze fois de suite ; & le pu. blic la reçut avec tant d'indifference qu'il ne luy fit pas même l'honneur d'en dire du mal. j'ay toûjours impaté son mauvais sort, à la pitoyable maniere dont le Personnage le plus important fut representé. Chacun aime à fe fater. Je puis avoir tort ; mais peut-être ais-je rai. fon, Le Lecteur en jugera.

ADRIEN.

V

Oicy la preiniere fois qu'on impri

me cette Tragedie, dont lesuc cés fut assez bifarré. On la loca, on en dir du bien ; mais elle n'excita point cet empressement vif & general, qui fait seul l'heureuse destinée des Pieces de Theatre, J'attribuë le fort de celle-cy à la même cause de celuy de Phocion. J'ay pris le sujer dans l'Histoire de l'Eglise, & j'y ay changé ou ajouté peu de chose. J'ignore le jugement qu'on fera de cet ouvrage ; mais je fcay bien que pour les Vers, l'ordre, & les mouvemens, il ne doit ceder à aucun de ceux qui sont sortis de ma plume, & que d'excellens Connoisseurs l'ont mis beaucoup au dessus.

TIRIDATE.

C ,

fut en Rois ,

E lisant le second Livre des

, que l'amour d'Amnon fils de David pour la fæur Thamar, m'inspira le dessein de faire une Tragedie sur ce sujet. Je crus devoir prendre pour cela quelque nom emprunté, & je choisis celuy de Tiridate, Ce n'est pas qu'on trouve dans aucun Historien , que ce Prince ait esté amoureux de sa seur; mais plusieurs asseurent qu'il mourut d'une langueur dont la cause ne fut jamais connue. J'ay usé du Privilege qu'Aristote me donne , & j'ay imputé cette langueur à l'amour. Tout ce que j'ay dit des Parthes , de leur origine de leurs mours, de l'établissement de leur Empire, de leurs victoires contre les successeurs d'Alexandre, est vray à la lettre, & Justin le rapporte de la même maniere. De routes mes Tragedies, c'est celle où il y a le plus d'art & de délicatesse dans les sentimens. Le succés en fut prodigieux , & l'on n'en a point vû sur notre Theatre , ny de plus brillant , ny de plus constant.

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VIRGINIE,

VIRGINIE

TRAGEDIE

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