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dessus de la porte , deux enfans placés dans un cartouche soutiennent des armoiries. Les figures en bas-relief de la Force & de la Vigilance se voient dans les trumeaux.

Au Louvre dans la salle des Cent - Suisses qui est aujourd'hui la falle des antiques, on remarque une tribune enrichie d'ornemens trèsproprement travaillés & soutenue par quatre Cariatides de douze pieds de haut.

Dans la cour de ce château, à l'ordre composite, Gougeon a imicé le grand relief des frises qui sont à l'arc de Titus & à la place de Nerva. Il a représenté dans cette frise des enfans entrelacés avec des festons si artistement taillés, qu'elle est regardée comme un des plus beaux morceaux de Sculpture qui aient été faits. Il faut néanmoins convenir que de cette richesse naît un peu de confusion , lorsqu'on regarde l'objet d'un certain éloignement. Les ornemens adoptés

par Michel - Ange, dans la frise de son ordre ionique, ont moins de relief, & il semble que la Sculpture des frises du temple d'Antonin & de Faustine, que Vignole a imitée dans son ionique, peut servir de règle à cet égard. Les frontons circulaires qui couronnent les corps avancés de l'ordre composite du Louyre , font

remplis

remplis par des figures de demi-relief, Mera cure , l'Abondance, & au milieu deux génies, supports des armes du roi. Dans les entrepilastres de l'attique paroissent des trophées d'ef, claves enchaînés , & des figures relatives à la prudence & aux vertus de S. M. Le bel accord de la Sculpture avec l'architecture de ce palais, fait croire que notre artiste eut part à leur delin.

Deux Naïades coëffées de roseaux, qui versent l'eau de leurs úrnes , se voient au château de fainte Genevieve des bois, à deux lieues de Corbeil. Çes figures en pierre, & de demi-bosse, sont dans le goût de celles de la fontaine des Innocens.

Gougeon entreprit , vers l'an 1550 , avec J. Martin, secrétaire du cardinal de Lenoncour, la traduction de Vitruve pour laquelle il fit des dessins. Le premier étoit versé dans l'architec

le second dans les belles-lettres : mais le peu

de succès de leur travail prouve qu'un pareil ouvrage exige la réunion dans un degré éminenc de ces deux qualités en une même personne.

Notre artiste joignoit aux talens de Sculpteur & d'architecte, celui d'habile médailliste : il frappa pour Catherine de Médicis des médailles recherchées des curieux. Il étoit huguenot : on Tome 11.

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raconte ainfi fa mort. Le jour de la S. Barthelemi, époque du massacre des huguenors, en 1972, il s'avisa de monter à l'échafaud, malgré les avis de la reine , pour retoucher quelque chose à fa fontaine des Innocens, qui étoit achevée depuis long-temps , & il fut tué d'un coup de carabine.

En même temps que Michel-Ange enrichisfoie l'Italie des fruits de son génie, Gougeon offroit des chefs-d'æuvres à la France étonnée. Ce n'est pas au reste que je veuille comparer ensemble ces deux artistes dont le mérite étoit fi différent. Celui qui nous appartient sut allier les graces

& la flexibilité des mouvemens à la noble simplicité de l'antique. Sa manière de draper est délicate & légère; fes reliefs indiquent autant d'intelligence que de goût; les attitudes de fes figures sont quelquefois forcées. Le plus fouvent il n'a travaillé qu'en petir, sans doute

peu propre aux grands ouvrages. On ne connoît de lui ni figures ni grouppes isolés, d'où l'on peut conclure que fon génie étoit en quelque façon resserré. L'imperfection de son liècle le rend excusable, & relève d'autant plus son mérite, qu'il n'avoit fous les yeux que des ouvrages informes & barbares. On

peut lui ap:

qu'il étoit

pliquer ce qu'on a dit du Dante, que son poëme auroit été plus digne de son esprit s'il eût vécu deux siècles plus tard.

GERMAIN PILON(!). L'HISTOIR L'HISTOIR E des arcs ne nous a laissé aucune circonstance de la vie de cet artiste. On sait feulement que Paris fut sa patrie, & qu'il étoit originaire de Loué, à six lieues du Mans. Il y a toute apparence qu'il vola de ses

propres ailes, & que par la seule force de son génie il

produisit les sublimes beautés dont nos yeux ne peuvent

se rallasier. Sous Henri II, & sous les règnes suivans, la Sculpture étoit dans l'enfance. La barbarie l'avoit défigurée par des affectations puériles & par une vaine parure. Pilon les lui ôta pour la ramener à cette noble fiinplicité qui dédaigne les ornemens superflus & fe suffit à elle même. Génie supérieur à Gougeon, plus fin, plus spirituel, il a donné des exemples

(1) Bibliothèque françoise de la Croix du Maine. Le Journal de Verdun, Février 1759.

qui ne peuvent être trop imités, quoique les premiers tiennent encore un peu du gothique. On n'a point de détails sur ses premières études, ni sur les occasions qui ont fait naître ses traVaux.

Les églises de cette ville en sont seules en por. session. Parcourez-les , & vous admirerez une Notre-Dame de Pitié à la Sainte-Chapelle; un ecce homo à S. Gervais, un autre aux Picpusses; à S. Etienne-du-mont un Christ mis au tombeau, une Résurrection, & trois petits bas-reliefs d'Aaron, de S. Paul, & de la Prière au jardin; à sainte Genevieve, la sépulture & la résurrection de N. S. Ces deux derniers morceaux sont des modèles en terre cuite placés sous de petites arcades en forme de niches. Le travail l'emporte ici sur la matière; n'est-ce pas

le cas de dire materium fuperabat opus?

On doit à Pilon la décoration extérieure du cadran du palais, cù sont pour attributs la Loi & la Justice, avec les armes de Henri III, roi de France & de Pologne.

Le sanctuaire de S. Germain-l'Auxerrois présente quatre anges de bronze & fix vases exécurés d'après ses deslins, ainsi que

la balustrade en mosaïque antiqne. Le bas-relief du maître

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