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Quelques enfans de bronze, & autres ornemens autour de plufieurs épitaphes dans l'église de la Vifitation, rue Saint-Antoine.

Sur la porte de l'hôtel de Longueville, les figures grandes comme nature d'Hercule & de Minerve; ouvrage d'attelier.

Plufieurs statues, tant en-dedans qu'en dehors de l'églife de la Sorbonne, entre autres S. Pierre, S. Barthélemi, S. Jean l'évangélifte, S. Matthias, S. Jacques-le-mineur, S. Luc, S. André, S. Simon. Ces figures font de pierre de Tonnère, grandes comme nature, & placées dans des niches qui forment un double rang à droite, en allant du chœur au grand portail. Au-dessus de l'entablement, quatre figures d'anges du même côté. A la façade du grand portail, les statues de marbre de S. Denis & de S. Louis.

Dans la chapelle du collège de Navarre, une figure en pierre de cinq pieds, représentant faint Guillaume archevêque de Bourges; c'eft un des meilleurs ouvrages de notre artifte.

Le grand autel des Carmes déchauffés, commencé par ordre du chancelier Séguier, eft orné de plufieurs figures de faints & d'anges en pierre, dont la proportion eft de fix pieds. On diftingue les ftatues du prophète Elie, de fainte

fainte Thérèse, de la Vierge, & de S. Jofeph. Sur la grande porte des Minimes de Chaillot, une Annonciation en deux figures féparées, & des enfans fur les petites portes.

Un crucifix de bois fur la porte du chœur de la cathédrale de Beauvais.

JACQUES SARAZIN(1).

PAR fes études & par la force de fon génie, Sarazin a rendu à la Sculpture tout l'éclat que les guerres civiles lui avoient ôté. Si Vouet a formé les le Sueur, les le Brun & les Blanchard, nous devons à Sarazin les Anguier, les Marfy, les des Jardins & les Girardon.Son école fut auffi fameufe à Paris que l'avoit été celle d'Ifocrate à Athènes, dont il fortit, fuivant l'expreffion de Cicéron, autant de grands orateurs, qu'il fortic de héros du cheval de Troie. Ex Ifocratis ludo tanquàm ex equo Trojano, innumeri principes exierunt (de orat. lib. 1 1 ),

Né à Noyon, en 1590, d'une honnête famille, Sarazin vint à Paris dès fa plus tendre en

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fance, Il y apprit à deffiner & à modeler chez Guillain, Sculpteur, père de celui qui a été recteur de l'Académie. La rareté des chefs-d'œuvres de l'art dans cette capitale, l'engagea bientôt à la quitter, pour aller à Rome. Le cardinal Aldobrandin, neveu de Clément VIII, l'occupa à Frefcati; c'est là que furent faits cet Atlas & ce Polyphème en pierre qui jettent une prodigieufe quantité d'eau. La beauté de ces figures n'eft point effacée par les ouvrages de l'antiquité, dont cette maifon eft décorée. Elles procurèrent à Sarazin l'avantage de fe lier intimement avec le Dominiquin employé à Frefcati en même temps que lui. Ce peintre qui conferva toujours beaucoup de goût pour la Sculpture l'aida, dans plufieurs ouvrages, de fes avis & de fes modèles. Parmi ceux qu'ils ont faits enfemble, on diftingue deux termes de stuc, dont eft accompagné un tableau du Dominiquin à faint Lorenzo in miranda, placé dans le campo Vaccino. Ces deux artiftes fe rencontrèrent encore à S. André-de-la- Valle, l'un peignant la voûte du chœur des pères, & l'autre occupé des ftatues du portail. Quel bonheur pour un jeune homme déjà favant, de trouver un artiste confommé tel que le Dominiquin! Que de charmes

Fun & l'autre doivent éprouver dans les fecours réciproques que les talens peuvent fe communiquer ! Un tel commerce, dont l'amitié fait la base, n'est troublé par aucune rivalité, & pros duit de grands effets, dans deux artistes furcour qui ne profeflent pas le même état.

Durant fon féjour à Rome, Sarazin interrompit fréquemment fes ouvrages, pour étudier ceux de Michel-Ange qu'il fe faifoit gloire d'appeler fon maître. Il ne l'a cependant jamais ìmité, & leur manière n'offre aucune espèce de rapport. Après un féjour de dix-huit ans à Rome, il eut envie de revenir à Paris, & s'arrêta à Flo rence. L'Académie de deffin de cette ville l'invita de prendre féance dans fes affemblées, 8 le grand dac lui fit préfent d'une chaîne d'og qui portoit fa médaille. Il féjourna quelque temps à Lyon, fculpta pour la Chartreufe de cette ville un S. Jean-Baptifte & un S. Bruno, & ne revint à Paris que vers 1628.

Arrivé en cette capitale, il débuta par les quatre anges de ftuc, placés au maître autel de S. Nicolas-des-Champs, ouvrage qui a été lê germe de fa réputation. On y admire une belle compofition, beaucoup de fineffe & d'élégance: Dès que ces figures eurent été pofées, le cardinal

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de Richelieu & plufieurs grands feigneurs occupèrent le cifeau de Sarazin.

En 1630, le maréchal d'Effiat l'employa aux Sculptures de fon château de Chilly. Sarazin y connut Vouet, regardé alors comme le meilleur peintre; ce maître qui travailloit dans ce château, conçut pour lui la plus grande estime, & lui donna une de fes nièces en mariage. Sarazin s'avouoit disciple de Vouet, il avoit adopté fa manière, & quoiqu'il l'ait épurée & rectifiée, on reconnoît toujours dans fes productions que c'est elle qui l'a formé, & qu'il lui doit ce qu'il a été.

cupa

Guillaume des Noyers, fecrétaire d'état, l'ocà fon retour aux modèles des figures qui ornent le grand pavillon du Louvre du côté de la cour ce font huit (2) Cariatides grouppées qui, quoique coloffales, font néanmoins auffi fveltes que légères. Louis XIII en fut si satisfait, qu'il donna à l'auteur une penfion avec un logement aux galeries du Louvre.

La reine Anne d'Autriche lui procura bientôt après une belle occafion, de fe fignaler. Enceinte de fon premier enfant, qui fut depuis Louis XIV,

(2) Elles ont été fculptées par Guerin & Buyfter.

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