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en trois figures de nymphes placées derrière le dieu ; celle da milieu prend soin de ses cheveux, & les deux autres tiennent des vases remplies d'essences; il les exécuta sur les delins de le Brun. L'enlèvement de Cybèle par Saturne est placé aux Tuileries, près du grand ballin, det côté du manège. On voit de lui, à l'Académie, Ş. Jean-Baptiste appuyé contre un rocher, qui tient d'une main une croix faire de roseau , & met l'autre sur un agneau , ce qui exprime les trois principales circonstances de sa vie. La porte de l'hôtel de Hollande, vieille rue du Temple oftre des renommées placées dans le tympan d'un fronton circulaire. Cet artiste donna, en 1704, à l'hôpital de Sainte-Catherine , une figure en marbre de la sainte , représentée dans ses habillemens de princesse. Il mourut en 1706.

LOUIS LÉRANBERT(1). Le père (2) de ce Sculpteur, né à Paris en 1614, étoit garde des figures antiques & des

(1) Mém. partic.
(2) Il se nommoit Simon.

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marbres du roi. Son fils eut l'honneur d'avoir
pour parrain Louis XIII, qui voulut lui donner
une marque de bonté, dont nos rois ont ho-
noré plusieurs artistes distingués par leurs calens.
Ce prince se fit représenter dans cette cérémonie
par le marquis de Cinqmars, fils du maréchal
d'Effiat. Léranbert entra fore jeune dans l'école
de Vouer , qu'ont rendue célèbre les hommes
illustres qui en sont sortis. Le Brun & le Nostre,
ces beaux génies du siècle de Louis XIV, étoient:
alors dans cette école. Ils connurent Léranbert,
& se lièrent ayec lui d'une amitié qui dura toute
leur vie. Léranbérc prit de bons principes chez
Vouer, mais il y resta peu. La Sculpture à la-
quelle il se destinoic l'engagea à passer dans l'at-
telier de Sarazin. Son génie & sa facilicé le dis-
tinguèrent bientôt des autres élèves, & les graces
du
corps

lui attirèrent cette prévenance qui fa.. cilite toutes les entreprises.

Le temps qu'il donnoit au modèle & au des (in ne l'empêchoit pas de paroître à la cour. La charge de son père l'y appeloit assez fouvent, & le libre accès qu'elle lui avoit procuré auprès de Louis XIII ne lui fut pas refusé après la mort de ce prince. Il en profita pour mériter de plus en plus les bonnes graces du jeune roi; d'ail: leurs, la cour étoit pour lui dans les dispositions les plus favorables. Poëte, musicien, il réunifloit tous les agrémens analogues à l'âge d'un roi qu'on s'étudioit à amuser & à instruire par des plaisirs & des fêtes galantes. Le con de la cour fembloit lui permettre de tenir sa place dans les ballets. Il y figura toujours avec succès; mais ces amusemens faits pour flatter sa vanité, ne l'empêchoient pas de venir reprendre avec emprellement la terre & le ciseau. Beaucoup d'autres auroient profité de ces heureuses circonstances; pour lui, on ne voit point que l'honneur d'être admis dans la familiarité de son maître lui ait procuré aucune des graces qu'il auroit

pu

obtenir. Léranbert aimable, mais vertueux, ne se livra jamais qu'avec réserve à ces nobles dissipations ; elles ne le détournèrent point d'entreprendre dif. férens

ouvrages, & principalement les bustes & les portraits en médaillons des personnes les plus distinguées de la cour , du cardinal Mazarin , du maréchal de la Meilleraie , sans compter ceux de M. Inselin, de monsieur & de madame Jaback.

Une entreprise plus considérable lui fut bientât après confiée ; je veux parler du tombeau du

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les

1

marquis de Dampierre placé à trois lieues de
Gien, dans la paroisse de la terre dont ce gentil-
homme portoir le nom. On y voir les figures
du mari & de la femme, dont les portraits sont
faits d'après nature, avec quatre termes d'en-
fans qui tiennent des inscriptions. L'architec-
ture de ce tombeau est riche , & tout, jusqu'à
l'épitaphe en vers , est de la composition de
notre artiste.

Il avoit un grand feu d'imagination, des cé-:
parties vives, jointes à beaucoup de gaiété ;
agrémens de la conversacion lui donnoient
l'avantage de plaite , de séduire & d'amuser.
Il vouloit vendre à un grand seigneur, un cru-
cifix mille pistoles. Quoi ! dit une personne qui
étoit présente, c'est bien cher, l'original n'a été
vendu que trente deniers. C'est , répondit le Scalpe
teur, qu'on ne connoissoit pas bien la marchandise
en ce temps-là.

Un caractère & des talens aussi aimables dans la société lui obtinrent une grande réputation; on n'en sera pas étonné, mais on le sera de le voir paroître sur la scène comme philosophe. La garde des antiques & des marbres du roi lui avoit été donnée après la mort de son père. Elle lui fut ôrée en 1663. G'étoit la première dis

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grace qu'il éprouvoit. Il trouva dans une plus grande application au travail, un puissant motif de consolation, & il se donna des mouvemens pour entrer à l'Académie. Ils réussirent aisément, & le dernier Mars 1663 il y prit séance. Son morceau de réception fut le buste en terre cuite du cardinal Mazarin , qui a été dans la suite exécuté en marbre.

L'Académie le nomma pour faire les fonce tions de professeur durant le mois de Novembre 1664 & 1665. Dans le cours de cette dernière année il fut chargé d'exécuter

pour

Versailles Pan qui tient un cornet, une Hamadryade qui danse, une Nymphe avec un tambour de basque & un Faune. Il devoit mettre au bas de chaque figure des vers de fa composicion, mais il s'est sagement restreint à y écrire son nom. Ces quatre figures qu'on a vues autrefois à Versailles autour du bassin d'Apollon, n'en ont été ôrées que parce qu'elles sont de pierre. Placées enfuite dans le jardin du Palais royal, elles y ont longtemps offert des modèles d'un bon goût & d'un travail large qui fera toujours honneur au ciseau de l'artiste. L'Hamadryade surtout est charmante & drapée légèrement. Plusieurs ouvrages de Léranbert décorent les

jardins

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