Imágenes de páginas
PDF
EPUB

marquis de Dampierre placé à trois lieues de Gien , dans la paroisse de la terre dont ce gentilhomme portoit le nom. On y voir les figures du mari & de la femme, dont les portraits sont faits d'après nature, avec quatre termes d'enfans qui tiennent des inscriptions. L'architecture de ce tombeau est riche , & tour, jusqu'à l'épitaphe en vers , est de la composition de notre artiste.

Il avoit un grand feu d'imagination, des ré-: parties vives, jointes à beaucoup de gaiété ; les agrémens de la conversation lui donnoient l'avantage de plaite, de féduire & d'amuser. Il vouloit vendre à un grand feigneur, un crucifix mille pistoles. Quoi ! dit une personne qui étoit présente, c'est bien cher, l'original n'a été vendu que trente deniers. C'est , répondit le Sculp

qu'on ne connoissoit pas bien la marchandise en ce temps-.

Un caractère & des talens aussi aimables dans la société lui obtinrent une grande réputation; on n'en sera pas étonné, mais on le fera de le voir paroître sur la scène comme philosophe. La garde des antiques & des marbres du roi lui avoit été donnée après la mort de son père. Elle lui fut êtée en 1663. G'écoit la première dir:

reur,

[ocr errors]

grace qu'il éprouvoit. Il trouva dans une plus grande application au travail, un puissant motif de consolation, & il se donna des mouvemens pour entrer à l'Académie. Ils réuslirent aisément, & le dernier Mars 1663 il y prit séance. Son morceau de réception fut le buste en terre cuite du cardinal Mazarin , qui a été dans la suite exécuté en marbre.

L'Académie le nomma pour faire les fonc. tions de professeur durant le mois de Novembre 1664 & 1665. Dans le cours de cette dernière année il fut chargé d'exécuter pour

Versailles Pan qui tient un corner , une Hamadryade qui danse, une Nymphe avec un tambour de basque & un Faune. Il devoit mettre au bas de chaque figure des vers de sa composition, mais il s'est sagement restreint à y écrire son nom. Ces quatre figures qu’on a vues autrefois à Versailles autour du bassin d'Apollon, n'en ont été ôtées que parce qu'elles sont de pierre. Placées enfuite dans le jardin du Palais royal, elles y ont longtemps offert des modèles d'un bon goût & d'un travail large qui fera toujours honneur au ciseau de l'artiste. L'Hamadryade surtour est charmante & drapée légèrement. · Plusieurs ouvrages de Léranbert décorent les

jardins

jardins de Versailles. Sur la terrasse , près de l'Orangerie, font deux sphinx en marbre blanc, montés chacun par un enfant de bronze qui joue avec des festons de même métal. Les amateurs font frappés du bel effet que produit le contraste des matières employées à ces grouppes; mais ils desireroient qu'ils fussent traités dans le goût austère dont les anciens nous ont laislé des modèles en ce genre.

L'allée d'eau qui descend à la fontaine du Dragon présente quatre grouppes chacun de trois enfans, portant sur leurs têtes un bassin de fleurs & rempli de fruits, d'où s'élève un bouillon d'eau ( 2 ). Leurs airs de têtes, leurs contours, leurs attitudes, tout en fut trouvé li heureux, que le marquis de Louvois les fit jeter en bronze.

On remarque assez de simplicité dans les quatre bénitiers de marbre de Saint-Germainl'Auxerrois, & on estime la manière de la coquille & du pied en console. Les têtes de Chérubins qui les ornent ont des aîles forc maniérées.

[ocr errors]

(2) Ces grouppes sont le feptième, le huitième, le treizième & le quatorzième en descendant : dans ces deux derniers il a substitué des termes aux enfans. Tome II.

M

sur quatre

Le carrefour des Rosiers dans la vieille rue du Temple, & celui du Pont-au-change, offrent deux Vierges en pierre tenant l'enfant Jésus. La première, de demi-nature, a de l'élégance & de la finesse ; la seconde, grande comme nature, quoiqu'un peu courte, laisse reconnoître dans ses draperies le goût large de son auteur.

On voit à Blois, dans une chapelle de l'église de Sainte-Solenne , qui est la cathédrale , deux bas-reliefs de marbre blanc de cinq pieds de haut

de large, & entourés d'une bordure de marbre noir. L'un représente la Mémoire désignée par une femme qui a devant elle un génie tenant un livre sur lequel elle écrit. L'autre est la Méditation, & offre une Madeleine assise. Ces bas-reliefs furene faiřs en 1660 , pour le tombeau de Jean Courtin, président au prési: dial de Blois , mort en 1626.

Dans l'église paroissiale de Meudon, où Léranbert avoit une maison de campagne,

il a placé une inscription destinée à son tombeau : elle est enclavée dans une pierre de deux pieds, qui offre en bas-relief tous les mystères de la religion. Ce monument est peu digne de lui, ainsi qu'une croix de pierre élevée dans la campagne , à quelques pas du village de Meudon,

[ocr errors]

Notre artiste estimé pour sa piété, sa sagesse & fa science, mourut à Paris étant professeur en 1670, à l'âge de cinquante-Gix ans.

[ocr errors]

JEAN THEO DO N. La Franice a eu l'avantage d'être la patrie de cet artiste, mais elle n'a pas eu celui de le pofséder dans son sein & de jouir de ses travaux: Un peu

de jalousie contre ses confrères, le chagrin de n'être point employé, portèrent Théodon à s'expatrier : il s'en alla à Rome. Les Italiens lui rendirent plus de justice , goûtèrent sa manière , & occupèrent fes calens. La belle figure de S. Jean-de-Latran faire en concurrence du Bernin , un autel aux Carmes déchauflés, en face de celui de fainee Thérèse , sculpté par le même artiste , justifièrent leur choix.

Lorsque les Jésuites firent élever l'autel de S. Ignace dans l'église du Jésus , ils mirent au concours deux grouppes de cinq figures de marbre qui devoient accompagner ce monument. Les plus habiles Sculpteurs d'Italie exposèrent des modèles , & la voix publique fe décida pouc ceux de deux artistes françois , le Gros & Théo

« AnteriorContinuar »