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MARC CHABRY, né en 1660 à Barbentane, ou à Lyon , selon d'autres; il se maria dans cette dernière ville , s'y établit, & en fit le principal théâtre de ses travaux. La peinture & la Sculpture du maître aurel de l'église de saint Antoine sont de lui , ainsi que le bas-relief au-dessus de la porre de l'hôtel - de - ville , représentant Louis XIV à cheval. Il a fait le piédestal de la figure de ce prince à la Place royale de cette ville; tous les ornemens en bronze dont il est enrichi , ainsi

que
les
grouppes

des deux jets d'eau qui l'accompagnent , & l'autel de la chapelle de la seconde Congrégation à l'Oratoire. Une statue d'Hercule, & une de la sainte Vierge, qu'il fit présenter au roi, lui valurent le titre de Sculpteur de S. M. à Lyon. Le maréchal de Villars lui paya 6000 livres une figure de l'Hiver. Le grand-père de l'impératrice régnante l'avoit appelé auprès de lui; mais la mort de ce prince l'obligea de revenir à Lyon. Chabry, en passant à Mayence, fit le portrait de l'électeur. Ce déplacement qui avoit nui à sa fortune , le rendit sourd aux propositions qu'on lui fit d'aller en Espagne. Il mourut à Lyon en 1727.

Puget, comme je l'ai dit, joignoit aux talens d'architecte & de Sculpteur ceux de peintre. On

voir à Toulon un S. Félix dans l'église des Capucins, une Annonciation chez les Dominicains, & un autre tableau dans la cathédrale. Au village de la Valette, proche Toulon , on connoît trois de ses ouvrages : celui du maître autel est un S. Jean écrivant son apocalypse, S. Jo- , seph agonisant, & S. Hermentaire.

A Marseille il a peint pour l'église de la Ma. jour, le baptême de Clovis & celui de Conftantin ; mais le tableau , nommé le Sauveur du monde, est beaucoup plus beau, il est bien deffiné, vigoureux de couleur , & les enfans placés sur le devant sont remarquables. Les deux premiers morceaux décorent les fonts; on a essayé plus d'une fois de les voler, ce qui a obligé les chanoines de les mettre à couvert d'une pareille entreprise, au moyen d'une forte grille de fer.

Les Jésuites d'Aix avoient dans leur congré-, gation une Annonciation & une Visitation.

Coölemans a gravé dans le cabinet d’Aguilles deux morceaux d'après Puget ; l'un est un paysage où la sainte Vierge est représentée assise au bord d'une rivière , & un peu plus loin, S. Jofeph appelle un batelier pour la traverser. L'autre est la sainte Vierge montrant à lire à l'enfant Jésus , demi-figure.

Pour apprécier en deux mots ses talens dans les trois arts qui dépendent du deslin, on peut dire qu'il est surprenant qu'un Sculpteur ait aussi bien peint, que l'architecture est fa partie la plus foible , & qu'il n'est vraiment grand que dans fa Sculpture.

GASPARD ET BALTHASAR

M ARSY (1). Ces deux frères ont fait quantité d'ouvrages qui transmettront leur nom à la postérité la plus reculée.Ils s’aidoient réciproquement,& travailloient ordinairement ensemble. L'aîné avoit beaucoup de science & de jugement, le cadet plus d'efprit, de finesse, d'ame & de vivacité. Tous deux ont tellement uni leurs calens, que presque toutes les productions de l'un, peuvent être regardées comme les productions de l'autre. Une émulation aussi vive qu'agréable subsista toujours entre eux; ils se communiquoient leurs dessins , se faisoienr valoir l'un l'autre, & chacun augmentoit la gloire de son frère en aug

(1) Mém. partic.

mentant la sienne. Cette émulation peut-elle mieux se comparer qu'à celle qui régnoit entre Cicéron & Hortense ? Alter ab altero adjutus & communicando, & monendo & favendo. (Brutus, no. ).

La ville de Cambrai leur donna naissance, à Gaspard en 1624, & à Balthasar en 1628. Ils apprirent de leur père les principes de leur art, & ne quittèrent leur patrie qu'en 1648 , pour perfectionner leurs talens à Paris. Ils y travail. lèrent durant un an, chez un Sculpteur en bois; une maison particulière leur servit ensuite de retraite , où ils se livrèrent tranquillement à l'étude. Leurs progrès qui ne purent échapper à Sarazin , à Van-Opstal, Anguier & Buyster , les engagèrent à leur procurer de l'ouvrage. Au bout de quelques années passées dans d'aussi bonnes écoles, ils furent connus de M, de la Vrillière , secrétaire d'état , qui les occupa aux ornemens de sa maison, devenue depuis l'hôtel de Toulouse. La protection de ce ministre fut l'époque de leur réputation. Bientôt leurs talens s'exerçèrent à des ouvrages de stuc dans le château du Boucher, près d'Erampes , & dans plusieurs belles maisons du marais, telles que l'hôtel Sallé,

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Le premier ouvrage public des Marfy fur la décoration en tuc de la chapelle basse des Martyrs, dans l'église de l'Abbaye de Montmartre, avec un S. Denis d'albâtre grand comme nature & à genoux. Employés ensuite pour le roi, on leur donna à faire la moitié des ornemens de ftuc de la galerie d'Apollon , du côté du grand escalier. Ils déburèrent à Versailles par les figures de fonte ou de métal placées aux fontaines du Dragon, de Bacchus & de Latone. Dans la première, on voit un Dragon entouré de quatre Dauphins, & d'autant de Cygnes qui semblent nager autour de lui. Les Cygnes portent

de

petits amours, dont les uns tiennent des arcs & des flèches, les aurres sont en attitude de tirer sur lui. Au bassin de Bacchus, l'Automne est désignée par ce dieu environné de fatyres & d'autres attributs. Dans celui de Latone, les Sculpteurs ont pris le moment où elle se plaint à Jupiter des paysans de Lycie, qui l'avoient empêchée de prendre des rafraîchissemens pour Apollon & Diane ses enfans. Ceux-là sont métamorphosés en grenouilles.

Mais le morceau qui fera un honneur immortel aux Marly, est un des grouppes de Tri. tons qui donnent à boire aux chevaux du Soleil

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