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dans ce genre

accroupies , quoique leur proporcion soit la même.

Coysevox ne mercoit pas moins de feu & de génie dans ses portraits que dans ses compofitions. Leur nombre est très considérable. Les perruques,

fi difficiles à rendre légères, paroissoient sous fon ciseau , plutôt des cheveux que du marbre, & on peut

dire

que personne ne l'a surpassé. Il a fait plusieurs bustes de Louis XIV en divers âges, ceux de MarieThérèse d'Autriche, des princes de Condé, de Turenne, du maréchal de Créqui, du grand Colbert , du chancelier le Tellier, des ducs de Richelieu, de Chaulnes & d'Antin, des cardinaux de Bouillon & de Polignac, & d'une infinité d'autres personnages illustres.

Les dernières années de sa vie furent confacrées à faire le portrait de Louis XV, tant en buste qu'en médaille , & la figure en marbre de Louis XIV, posée dans le choeur de l'église cathédrale de Paris. On peur dire avec fondement, de ce grand Sculpteur, ce que Longin a dir d'Homère, que dans ses derniers ouvrages il tessembloit au soleil lorfqu'il se couche , qui a toujours la même grandeur, fans avoir ni la même ácdeur ni la même force.

Au

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pour m'en

Au milieu de la gloire qui l'environnoir, Coysevox conserva toujours beaucoup d'humilité. Il étoit fort généreux & charitable, aslidu aux exercices de la religion & exact à en remplir les devoirs. Sur la fin de sa vie quelqu'un le félicitoit sur son habileté. Si j'en ai eu , répondit-il, c'est par quelques lumières qu'il a plu d l'auteur de la nature de m'accorder servir comme de moyens pour ma fubfiftant. Ce vain fantôme eft près de disparoître, aussi bien que ma vie , & de se disiper comme une fumée. Il moufur à Paris dans ces sentimens , en 1720, âgé de quatre-vingts ans , après de longues douleurs souffertes patiemment. Les plaisirs qu'il faisoit étoient accompagnés de manières encore plus agréables que la générosité: A près être sorci d'une grande maladie & avoir satisfait aux honoraires de son médecin, il lui dit : vous m'avez rendu la vie à votre manière , je veux vous immortaliser à la mienne, en faisant votre buste en marbre. Ce qu'il exécura avec tant de plaisir, que ce portrait passe pour un des plus parfaits qu'il ait faits. Il avoit coutume de l'appeler l'Ouvrage de l'amour.

Les immenses travaux de notre artiste le mirent à portée de former de très bons élèves, tels que François COUDRAI, né à Villacerf Tome II.

en Champagne, mort à Dresde en 1727, premier Sculpteur du roi de Prusse; Lemoyne le père, les Coustou ses neveux, & JEAN THIERRY. Ce dernier naquit à Lyon, en 1669, d'un père Sculpteur , dont il suivic la profeflion dès l'âge de sept ans. Arrivé à Paris , il fut chargé de donner à la Vénus de Marly la modestie qui lui manquoit ; les divers ouvrages qu'il com. posa pour les maisons royales prouvèrent son goût, & engagèrent Philippe V à le demander au duc régenr de France. Il partit donc

pour

l'Ef pagne avec Fremin, en 1721, & y travailla en marbre , en bronze & en plomb, dans les jardins & le palais de Saint-Ildephonse. Les récompenses de S. M. C. le mirent en état de revoir sa patrie, & d'y jouir d'un repos qu'il avoit bien mérité. Il y mourut, en 1739, dans le célibat.

On prétend que dans sa famille il y a un manuscrit intitulé: Description des sujets de Sculpture en figures de marbre , fontaines de plomb & vafes de marbre inventés par Jean Thierry , Sculpteur des rois de France & d'Espagne , & pensionnaire de leurs majestés, dans les jardins & palais de Saint-Ildephonse en Espagne.

Coysevoxrépandoit toujours desgraces propres au sujet qu'il traitoit : fier dans les occasions où

il falloit exprimer la force, & noble dans celles qui demandoient de la dignité. L'étude qu'il avoit faite de l'anatomie le conduisoit heureusement dans le choix des parties, des mouvemens & des muscles. Son dessin est correct, & les compositions de ses bas-reliefs sont heureuses. Les imitations qu'il a faites de quelques figures antiques méritent d'être distinguées parmi ses ouvrages ; je ne les appelle point des copies , parce qu'il s'y est montré égal à ses originaux. Sa Vénus à la coquille & fa Vénus pudique réunissent les graces les plus séduisantes aux beautés févères de l'antique.

Les ouvrages de Coysevox, placés dans les églises de cette ville sont : à S. Roch, le buste de le Nostre; aux Jacobins de la rue S. Honoré, la figure du maréchal de Créqui; à S. Eustache il a décoré le mausolée de Colbert, des figures de će ministre & de l'Abondance ; à S. Paul, le tombeau de Jules-Hardouin Manfart, & la Justice qui tient le médaillon de François d’Argouges, premier président du parlement de Bretagne ;

à S. Nicolas du Chardoner, le buste de le Brun, accompagné des figures de la Piété & de la Science; aux Invalides , un ange qui tient un casque sous le dôme, & au portail, du côté

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de la campagne, S. Charlemagne & les quatre vertus couchées.

Au fond de la cour de l'Hôtel-de-Ville, on voit fous une arcade revêtue de marbre, une statue pédestre de Louis XIV habillé en triomphateur romain, & s'appuyant d'une main sur un faisceau d'armes, & de l'autre donnant ses ordres. Son piédestal est enrichi de deux basreliefs ; le premier fait voir la Religion triomphant de l'hérésie qu'elle foudroie ; le second représente le roi qui, dans la famine de 1662, distribue aux pauvres du pain & d'autres ali

mens.

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La bibliothèque de fainte Geneviève offre les bustes de Jules-Hardouin Mansart, de de Cotte, premier architecte da roi, du chancelier le Tellier, & de l'archevêque du même nom.

A la grille de la seconde cour du château de Versailles Coysevox a fait un grouppe de l’Abondance qui vient réparer les maux causés par la famine ; six grandes figures de pierres sur les corniches du château, la moitié des trophées de la galerie, & vingt-trois enfans sur la corniche.

Dans les jardins deux fleuves en bronze ; savoir, la Dordognc & la Garonne , un vase de lept pieds entouré de bas-reliefs, qui repré

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