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d'un bas-relief représentant les pélerins d’Emmaüs. Ce morceau grouppe avec les rayons qui environnent le nom de Dieu, & qui remplissent le fond de l'arcade; cette gloire est entourée de chérubins & d'anges dans diverses attitudes. Les côtés de l'autel offrent deux anges grands comme nature;

ils sont à genoux sur des nuages qui s'accordent avec l'architecture de ce morceau. Le bas-relief représente la sépulture du Sauveur.

On voit à la fontaine de Diane, dans le parterre d'eau à Versailles, un lion qui terrasse un loup, fondu par les Kellers, d'après son modèle; un terme représentant Mercure qui tient une bourse de la main gauche , & un caducée de la droite; une Cléopâtre d'après l'antique, placée à Rome dans la cour du palais du Bel-' vedere.

A Trianon , une partie des figures de métal doré qui accompagnent le buffet d'architecture qu'on aperçoit au bout de l'allée de la cascade.

Il fit à Marly , avec d'autres Sculpteurs, les Cariatides en termes , représentant les quatre faisons qui soutiennent la corniche architravée du grand falon , & les guirlandes de fleurs portées par des

amours, dont les æils de beuf sont entourés.

Un genre de vie simple & éloigné de toute intrigue n'a

pu

fournir aucun événement pour cette vie. Je me bornerai donc à dire qu'il avoit une sorte de difficulté dans le caractère , effet naturel de la grande folitude à laquelle il s'étoit livré dès sa jeunesse. L'idée seule qu'on vouloit manquer à la place qu'il occupoit à l'Académie le rendoit quelquefois épineux dans ses assemblées. Il étoit sobre, d'une probité exacte, affable, & exempt des goûts dont les plus grands hommes se laissent li souvent dominer ; fon cæur étoit excellent; ceux qui le voyoient afliduement obrenoient aisément la confiance ; il ne pouvoit se persuader , malgré ses fré. quentes expériences, qu'ils fussent capables de

. Vancleve a été un de nos bons Sculpteurs ; & un de ceux qui ont le plus travaillé de nos jours. L'amour de son art le dominoit tellement, que pour s'y livrer plus librement, il se leva constamment, durant le cours de la vie, à quatre heures du matin. Extrêmement curieux de bien faire , ses premières idées le contentoient peu, il revenoit dessus, & lorsqu'elles étoient arrêtées, le choix & l'imitation de la nature lui faisoient recommencer le même travail. La dif

le tromper.

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ficulté de l'avoir sans cesse sous les yeux, l'avoit déterminé à mouler beaucoup de figures de femmes entières. Ces guides avoient cela d'utile, qu'ils l'empêchoient de s'écarter trop de la nature, mais ils n'étoient pas exempts de sécheresse; notre artiste l'auroit évitée en travaillant d'après des delsins. Faut-il s'étonner que les Sculptures de Vancleve soient quelquefois privées d'une souplesse qui caractérise la chair, & sans laquelle on peut reprocher aux meilleurs ouvrages d'être maniérés ?

Notre artiste qui avoit palsé par les différens grades de l'Académie, fut élevé en 1715 à celui de recteur , & enfin à celui de chancelier en 1720. Il mourut à Paris à l'âge de quatre-vingtsept ans, le dernier jour de l'année 1732. Il n'eut qu'un fils Sculpteur qu'il perdit en 1710, âgé de vingt-huit ans. Ce fils avoir fait le voyage de Rome , & étoit agréé à l'Académie.

AUGUSTIN Carot, né à Paris en 1667, travailla quatorze ans sous Vancleve, & fue reçu académicien en 1711. On voit de lui, à NotreDame, deux anges adorateurs au maître autel, & dans les salles de l'Académie, le désespoir de Didon au moment du départ imprévu d'Enée.

pour le

PIERRE FRANCAVILLE(1). Né à Cambrai en 1648, ce Sculpteur étoit d'une famille noble de la Flandre. Dès l'âge le plus tendre, il montra un goût décidé dellin , & dans ses amusemens mêmes, il faifoit paroître une imagination aufli fingulière que féconde. Ses

parens,

dont les vues étoient bien différentes, s'empressèrent de le confier à un maîcre pour lui apprendre les belles - lettres. On lui recommanda surtout d'ufer de la plus grande sévérité envers son élève , toutes les fois qu'il employeroit à l'exercice des arts fes heures de récréation. L'esprit du jeune homme , quoique contrarié dans son goût dominant, s'appliqua avec tant de succès à des études qui n'étoient pas de son choix, que le maître & ses parens en furent également étonnés.

Cependant il découvre dans la maison paternelle un galetas que personne ne fréquentoit. Il y porte aussitôt de la terre, de la cire, du linge, & autres choses nécessaires à la pratique delart qu'il chérit. Ses précautions pour dérober

(1) Baldinucci.

ses occupations , aux yeux de son père , furent bientôt inutiles; on découvrir son attelier, & tous ses meubles furent jetés par la fenêtre. Une sévère réprimande qui accompagna cer acte d'autorité paternelle, rendit encore le jeune homme plus sensible à ce malheur. Il ne s'occupa plus que des moyens de quitter la maison de son père pour se consacrer à la Sculpture. Celui auquel il s'arrêta fut de demander la permission de voyager en France, afin d'apprendre la langue qui lui feroit, disoit-il, d'un grand secours dans la carrière des belles-lettres. Il avoit alors seize ans : son père lui permit d'aller à Paris , & mit le comble à la joie en lui procurant une liberté si desirée.

Arrivé dans cette capitale , Francaville ne Houva plus d'obstacle à franchir. Son goût, fon choix, je dirois presque un esprit de contradiction lui firent choisir un bon maître de deffin, chez lequel il resta l'espace de deux ans. Il s'étoit lié d'amitié avec plusieurs collègues d'étude qu'il suivit en Allemagne, & il s'arrêta à Inspruck. Un Sculpteur en bois qui entendoit assez bien les règles du dessin & des proportions plut à Francaville ; il travailla chez lui durant cinq ans. La manière de ce Sculpteur

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