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LE ROI.

Comment un sort?

RIPAILLE.

Seigneur, permettez-moi de dire Que vous m'avez paru deux fois dans le délire, Et que tantôt Lucelle , à tous vos courtisans, A tenu des discours dépourvus de bon sens,

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BOMBANCE.

Il faut approfondir... Au diable la musique!

(On entend des violons.) C'est bien prendre son temps, quand un pouvoir magique... GUILLOT, se réveillant en sursaut , tombe du trône en

bas, et les renverse tous. Place, place, voilà le roi qui va passere

LE ROI.

Peste soit du lourdaud qui me vient fracasser!
Je crois que j'en serai du moins pour une côte.

GUILLOT.

Je suis un roi de poids, mais ce n'est pas ma faute;
Ces maudits violons m'ont réveillé d'abord :
Je suis fâché pourtant d'être tombé si fort.

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BOMBANCE.

Qui pourra nous tirer de ce désordre extrême,
Et donner un remède à tout ceci?

SCÈNE X.
LE ROI, BOMBANCE, RIPAILLE, ALQUIF,
PHILANDRE, ZACORIN, GUILLQT.

ALQUIF.

M01-MÊME;
Mais il faut que le roi renonce à son amour,
Ou vous deviendrez tous insensés dans ce jour.

BOMBANCE.

Sire, il faut étouffer votre ardeur pour Lucelle.

LE ROI.

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Bon, il n'en reste pas dans mon coeur étincelle;
Mais
que
fait mon amour,

s'il vous plaît, à ceci?

ALQUIF,
Seigneur, vous en serez dans l'instant éclairci.
Un génie amoureux de la belle Lucelle
Est devenu jaloux de votre amour pour elle ,
Et par un trait malin s'en est voulu venger,
Appliquant tous ses soins à vous faire enrager.

LEROI.

Mais parbleu ce génie a bien peu de cervelle !
Que ne s'en prenoit-il à l'amant de Lucelle?
Mais à vous, qui vous a révélé tout cela?

ALQUIF.
Les enfers.

LERO1.

Les enfers! C'est comme à l'Opéra.

BOMBANCE.

Vous connoissez quelqu'un dans ce pays, sans doute ?

ALQUIF. Oh! ce sont des secrets où vous ne voyez goutte. Il suffit que je veux être de vos amis : Qu'en son premier état ici tout soit remis, Que l'on n'y parle plus que de réjouissance: Reprenez votre bague avec votre puissance, Mais pour en mieux user; et que ces deux amants Trouvent dans votre cour la fin de leurs tourments.

RIPAILLE.

Et cette bague-ci?

ALQUIF.

C'est un autre mystère ; Nous prendrons notre temps pour vous conter l'affaire. (Ici on ote à Guillot ses ornements royaux pour les

remettre au roi.)

GUILLOT.

Mais je veux régner, moi.

ALQUIF.

Tu seras plus heureux En vivant avec nous en bourgeois de ces lieux.

LE ROI.
Vous

y pouvez tous vivre à votre fantaisie,
Heureux de n'avoir plus amour ni jalousie,
Je fais tout mon plaisir d'unir ces deux amants :
Que tout s'accorde ici

pour

leurs contentements.

ZACORIN.
C'est bien parler cela, ce doux retour me gagne.
Eh! vive le pays et le Roi DE COCAGNE!

Plusieurs habitants de Cocagne et plusieurs étrangers

de diverses nations arrivent en dansant.

UN COCAGNIEN ET UNE COCAGNIENNE.

1

Que chacun ici s'avance
Pour goûter mille plaisirs.
Dans la joie et l'abondance,
Tout comble ici nos désirs ;
Que chacun ici s'avance
Pour goûter mille plaisirs.
Le jour fini recommence
Dans d'agréables loisirs ;
Que chacun ici s'avance
Pour goûter mille plaisirs.
Que l'on chante, que l'on danse;
Loin de nous pleurs et soupirs.
Que chacun ici s'avance

Pour goûter mille plaisirs.
ENTRÉE DE COCAGNIENS ET DE COCAGNIENNES.

UN COCAGNIEN.

Ici tout s'empresse à nous plaire,

Les ris , les amours,
Le vin, la bonne chère

Y règne toujours.
La santé fait notre richesse,
Le plaisir prévient nos souhaits,

L'aimable jeunesse
Y renaît sans cesse ,

Soucis et regrets
N'y naissent jamais.
ENTRÉE DES ÉTRANGERS.

Vaudeville.

UNE ÉTRANGÈ R E.

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Dès long-temps nous sommes en voyage,

Sans en voir finir le cours.
Nous cherchons partout un peuple sage,

Pour y passer d'heureux jours.
Faut-il alier en Asie, en Afrique ?

Eh lon lan là
Ce n'est pas là

Qu'on trouve cela,
Non pas même à l'Amérique.

UN ÉTRANGER.
Où trouver de la délicatesse ?

Où sert-on sans intérêts ?
Où boit-on sans tomber dans l'ivresse ?

Où ne fait-on point d'excès ?
Seroit-ce en Suisse ou bien en Allemagne ?

Eh lon lan là,
Ce n'est là

Qu'on trouve cela,
C'est au pays de Cocagne.

UNE ÉTRANGÈ R E.
Où l'époux est-il sans défiancë,

Et le sexe en liberté ?
Où n'a-t-on nul désir de vengeance ?

Ou dit-on la vérité ?
Faut-il courir l'Italie ou l'Espagne ?

pas

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