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TIONS DES

MOD,

traduit. Ce Poëte, c'eft Caïus Vettius TRADUC Aquilinus Juvencus. C'étoit un Prêtre POET. LAT. Efpagnol qui vivoit fous Conftantin & Conftance. Saint Jerôme dans un livre écrit l'an 392. dit que ce Poëte étoit d'une famille très-illuftre. Et ce Pere avoit raifon, s'il eft vrai que Juvencus fût de la noble famille des Vettes, l'une des plus anciennes de la République Romaine, & qui a été féconde en Confuls.

Crit. en 1718.

Dom Liron, Bénédictin de la Congrégation de faint Maur, qui a fait quelques recherches fur ce fujet, puAmén. de la bliées dans la feconde partie de ses Amé1. 2. p. 260. nités de la Critique, prétend que Juvencus étoit fils de Vettius Aquilinus qui fut Conful ordinaire l'an 286. & il en donne la généalogie avec autant d'affu rance que l'on pourroit donner la généalogie d'une famille moderne.

fuiv,

-Te

Juvencus.ne nous eft connu aujour

des Aut. Ec

clef. t. IV. P. 1221

D. Ceill. hift. d'hui que par fon Poëme de la vie de Jefus-Chrift en vers hexametres, divifé en quatre livres, où il ne fait que rendre prefque mot pour mot le texte des Evangéliftes. Il s'attache particulierement à l'Evangile de S. Matthieu; mais il fupplée par les trois autres ce que cet Apôtre peut avoir omis de

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Phiftoire de Jefus-Chrift. Cependant

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lui-même ne dit pas tout; & nous li- TRADUCfons en particulier dans l'Evangile de POET LAT S. Jean diverfes particularités que le MoD, Poëte n'a point rapportées. Il commence à l'apparition de l'Ange à Zacharie marquée dans le premier chapitre de S. Luc, & finit à celle de Jefus Chrift aux onze Disciples fur la montagne de Galilée:

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Dans les anciens manufcrits on trouve avant le prologue du Poëme de Juvencus, huit vers où l'Auteur mar que le caractere de chaque Evangélif te. Dom Liron croit, contre le fentiment de plufieurs Critiques, que ces huit vers font de Juvencús; & il n'y a nul inconvénient à lui en faire présent. Je ne contredirai pas non plus la correction que ce Bénédictin fait à un des derniers vers de la conclufion du Poë-me fur l'hiftoire de la vie de JefusChrist, quoiqu'il m'ait paru que cette conclufion s'entendoit aifément fans cette correction. Juvencus y lote Conf tantin de la paix qué ce Prince avoit rendue à l'Eglife, & de ce qu'il étoit le feul des Rois qui n'avoit pas voulu fouffrir qu'on lui donnât des titres qui ne conviennent qu'à Dieu.

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MOD.

Les vers de Juvencus n'ont rien d'e TRADUC levé; & fuppofé qu'il fût capable d'apPOET. LAT. procher du fublime de la Poëfie, on pourroit dire qu'il a voulu en négliger les ornemens pour ne point dépouiller la vérité de fa fimplicité naturelle. Mais, peut-on excufer par la même raison fes fautes de quantité, fes termes peu Latins? Etoit-il obligé de s'aftraindre à rendre dans fes vers le texte de l'Evangile? D'autres ont traité depuis le même fujet en vers, & n'ont pas crû bleffer ni la vérité ni le refpect dû au texte facré, en s'exprimant d'une maniere plus conforme à ce qu'exige la Poëfie. Pour moi je ferois bien tenté de croire que Juvencus n'a pas mieux réüffi que parce qu'il n'étoit pas capable de mieux faire. Le poëme de la Genefe que tant d'Auteurs ont attribué les uns à Tertulien, les autres à faint Cyprien, quelques-uns à Salvien, & que Dom Liron croit être de Juvencus, fans en apporter aucune preuve décifive, ce poëme n'est gueres meilleur que l'hiftoire Evangélique, & l'on y trouve à peu près tous les mêmes défauts.

Vous ne perdrez donc pas beaucoup, fi vous defirés de connoître par vous

TRADUCTIONS DES

même l'ouvrage de Juvencus, d'être obligé de ne le lire que dans l'ancienne traduction en vers de Pierre Tami- POET. LAT, fier Préfident en l'Election du Mâconnois. Mons Si elle eft platte & profaïque, fi même en beaucoup d'endroits la verfification eft rude & un peu barbare, la traduction est communément fidéle & litté rale. C'est le dernier ouvrage de Tamifier, dont je vous ai déja fait connoître la traduction de l'Anthologie, & de quelques autres ouvrages des Anciens. Il mourut pendant que l'on imprimoit celle de Juvencus, & Claude Paulmier, fon coufin, Chanoine de Mâcon, eut foin du refte de l'impreffion de cet ouvrage qui parut à Lyon en 1591. chargé de toutes les fleurs que les Poëtes de ce tems-là jetterent fur le tombeau du Traducteur, & orné d'un abrégé de fa vie en forme d'éloge, composé par l'Editeur.

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A l'égard des autres Poëtes Eccléfiaftiques, dont je vous ai parlé, je n'ai rien à ajouter à ce que je vous en ai dit. Je crois que vous n'adopterés pas le reproche que m'a fait le Critique que je vous ai déja nommé, d'avoir été trop ftérile fur Synéfius. Je n'avois point à vous parler de cet Ecrivain ni

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des Ecr. mod.

1. 465. pag

comme Philofophe, ni comme Prélat, TRADUC- mais feulement comme Hymnographes POET.LAT. & je crois vous en avoir dit fuffifamMon: ment fur ses hymnes, & fur la traducObferv. fur tion ancienne qui en a été faite. Je sçai que l'on donner une vie affez inpeut 352. téreffante de Synéfius : j'ai lû ses lettres. avec attention, & je fuis charmé qu'une plume élégante nous en donne une traduction fidelle & conforme au goût & au génie de notre Langue. Je me ferai un vrai plaifir de vous en entretenir lorfque mon plan me conduira à vous en parler. Chaque chofe aura fa place, & je dois tâcher d'éviter avec le même soin la confusion & les répétitions.

Les Poëtes Eccléfiaftiques dont je vous ai entretenu, & ceux dont je ne vous ai point parlé, parce que je n'en connois point de traductions en notre langue, étoient prefque tous d'affez mauvais Poëtes; & c'eft l'idée que je vous en ai donnée. C'est une remarque qu'il eft aisé de faire, que plus on s'éloigne du fiécle d'Augufte, plus on voit la Poëfie fe corrompre, & fouffrir encore plus d'altération que la langue même dans laquelle on verfifioit. On a vu beaucoup de Rimeurs & très-peu de Poëtes. Durant une affez longue fuite.

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