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fort connus des Savans. Vous pouvez
vous contenter de ce qui en eft dit dans
M. Baillet, & avec plus de détail &
d'exactitude dans la premiere partie de Mod.
l'Anti-Baillet de l'Abbé Ménage.

Jug, des Sav.

tom. 4 AntiBail. part. 1.

Il feroit à fouhaiter que la pureté des mœurs de Muret eût toujours ré-in-4°. n. 83. pondu à la beauté de fon génie, & que l'on pût louer également en lui les vertus qui font le Chrétien, comme on a raison de louer fes talens pour la. poëfie, l'éloquence & la critique. Plufieurs de fes poëfies, furtout celles qu'il compofa dans fa jeunesse, se sentent du libertinage dans lequel il vivoit alors & qui lui a attiré en France. plufieurs affaires deshonorantes. Les Ecrivains de fa vie affurent que fes dernieres années furent plus réglées qu'il fe repentit même de ce qu'il y avoit de licentieux dans les piéces compofées dans fa jeuneffe, & qu'il auroit voulu anéantir celles-ci, fi le public n'em eût pas été depuis longtems en poffeffion.

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g

TRADUC

TIONS DES
POET. LAT.

Le fieur Moret, Controlleur Général des Finances de Montauban, s'eft donc éloigné de l'intention de ce Poete en faisant réimprimer, & en tradui fant en vers une partie de ces piéces & Fy

POET. LAT.

& je ne crois pas que vous goûtiez les TRADUC- raifons qu'il apporte pour juftifier son TIONS DES choix. Le recueil qui contient ces poëMOD. fies qui ont coûté des larmes à l'Auteur, étoit devenu rare; M. Moret a voulu, dit-il, le remettre au jour. C'està-dire qu'il a voulu faciliter à plus de personnes le moyen d'empoifonner leur cœur ou de corrompre leur efprit. II prétend que les Savans doivent lui être obligés du foin qu'il a pris, comme fi les Savans qui aiment les poëfies de Muret, avoient befoin d'une traduc-tion pour les entendre. Et encore quelle traduction! celle de Moret est si paraphrafée, fi lâche, fi diffufe, fi dépourvue de l'élégance & de la délicateffe qui peuvent faire rechercher le texte original, que ceux-mêmes qui ignorent la langue Latine ne peuvent avoir qu'une très-médiocre obligation au Traducteur. Plus Moret s'efforce de leur perfuader que Murer étoit l'un des. plus beaux efprits que l'on ait eus depuis longtems, plus ils doivent être fâchés de n'en trouver que le fquelette dans cette traduction. Tout n'y eft pas mauvais du côté des moeurs, il y a même un nombre de piéces agréables & utiles; mais rien dans la traduction ne fe

TRADUC

reffent de la beauté du génie & du ftyle de Muret. Le Traducteur n'a pas TIONS DES même souvent entendu les noms pro- POET. Lat. pres de ceux à qui le Poëte a adreffé MOD. fes piéces. Il met, par exemple, Connano pour Connan, Aurat pour Dorat, Valese pour le Valois, &c.

,

Će recueil contient dix Elégies. deux Satyres, un grand nombre d'Epigrammes; trois Epîtres, la premiere à Nicolas de Vienne, la feconde à JeanAntoine de Baïf, & la derniere à Etienne Jodelle ; & enfin fix Odes. Cette verfion de Moret étoit faite dès 1676. ou l'année fuivante; mais elle n'a été imprimée qu'en 1682. à Paris in12. Elle eft adreffée à M. le Comte d'Eftrées.

Revenu de fes égaremens, Muret compofa plufieurs piéces d'un genre fort différent de celles qui avoient été le fruit de fa jeuneffe. Telle eft entre autres celle où il donne d'excellens avis à un de fes neveux, Antoine Muret fils de fon frere. Le Poëte ayant appris la mort de ce frere, qu'il avoit beaucoucoup aimé, & qui laiffoit Antoine en bas âge, il fit venir celui-ci à Rome en 1578. & compofa pour fon instruction la piéce dont je viens de

POET. LAT.

MOD...

parler. La lettre en profe par laquelle TRADUC-il adreffe ces avis à fon. neveu est daTIONS DES tée de Rome le premier de Janvier de l'an 1578. Cette lettre & les vers qui Mureti oper la fuivent, ne refpirent qu'une piété edit. Veron tendre & folide. Un Anonyme a imité les vers Latins en vers François, rendant chaque distique Latin en quatre vers François. Voici le premier Qua

2. 4. P. 277.

train::

Inftruisez-vous, mon fils, dès la fleur de votre âge,
En gravant ces leçons dans votre fouvenir;
Mais il ne fuffit pas de les bien retenir,
Il faut en même-tems.les bien mettre en usage.

Cette paraphrase est trop lâche & trop profaïque. Vous la trouverez dans le Mercure de France, mois de Juin 1742. L'Auteur figne F. M. F. je n'en fçai pas davantage.

Il y a encore moins d'agrémens dans les Quatrains François de Christophe Loifel, d'Argenton en Normandie, & Curé d'Aulnou dans la même Province. Ces Quatrains imprimés à Paris en 1614. in-8°. ont le même but que les Diftiques de Muret; ils ont été compofés pour l'instruction de la jeuneffe. Mais ils ne font point de l'invention de l'Auteur.. Ce font les maximes

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TRADUC

TIONS DES

attribuées aux fept Sages de la Grece. Loifel mit d'abord chaque fentence en deux vers Latins, & traduifit enfuite POET.LAT ceux-ci en quatre vers François. Ce MoD.. petit recueil qui n'est plus connu, eft dédié par l'Auteur à Jacques Suarez, Evêque de Séez, Confeiller du Roi en fes Confeils d'Etat & Privé, & fon Prédicateur ordinaire.

Muret, quoique retiré à Rome, conferva des liaisons avec plufieurs amis qu'il s'étoit faits en France, & ceuxci avoient foin de s'informer de fes nouvelles, comme on le voit par I'Epître en vers Latins que Jean Dorat, fon compatriote, Poëte lui même & Poëte très-célébre, lui adreffa de Paris. Je crois que cette Epître fut écrite peu de tems avant la mort de Mu ret. Dorat n'avoit point encore recueilli fes poëfies, mais il femble promettre à la fin de cette Epître de fatisfaire bientôt aux voeux de fes amis & de Muret lui-même, qui les lui demandoient. Ce recueil fut donné en 1586.. à Paris, muni du privilege de Henri III. où ce Prince rend témoignage aux longs fervices de Dorat en l'exercice de fon état de Lecteur ordinaire de Sa Majefté, de Poëte & Interpréte des lany

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