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IV

忠忠忠民农农农农法:

CHAPITRE VII.
JESUS-CHRIST crucifié eft

la plus grande preuve de l’a-
mour que Dieu a pour nous, ea
le motif le plus presant pour
nous porter à l'aimer.

ARTICLE PREMIER

JESUS-CHRIst crucifié est la plus grande preuve de l'amour

que Dieu a pour nous.

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Il y a presque dans tous les hommes

un fond d'incrédulité et d'hésitation, qui les fait douter si Dieu les aime , qui les empêche eux-mêmes de l'aimer; en quoi pourtant confifte

toute la Religion. ". I live

L y a une fi prodigieuse inéga

lité entre Dieu & l'homme, une si grande disproportion entre nos idées & les sentimens de Dieu à no

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tre égard , que les personnes qui CHAP. VII. connoissent

peu la religion , & qui n'y sont pas assez affermies , ne sçauroient se persuader que Dieu nous aime assez pour vouloir être aimé de nous. Il est, disent-elles, la plénitude même , la félicité même, le bien esfentiel & infini. De quelle utilité lui sommes-nous ? Que pouvons-nous ajouter à son bonheur ? En quoi , & sous quels rapports serions-nous l'objet de son amour ? Sa sainteté met encore plus de différence entre lui & nous, que ses autres attributs. Nous sommes injustes , & conçus dans l'injustice. Qu'y a t-il d'aima. ble en nous ? Qui d'entre les hommes nous aimeroit, si nous en étions bien connus ? Avec toute l'inclination

que nous ayons à nous cacher tous nos défauts , ou à les excuser, nous nous sommes insupportables à nous - itlemes. Et

que

sommes-nous donc aux yeux de Dieu ?

2. D'autres vont plus loin ; & , comme ils ont obscurci par des paffions l'idée de leur premiere grandeur , dont ils ne conservent

que

des restes fans en connoître l'usage, ils

Char. VII. se méprisent à l'excès , & ils ne peu

vent croire que Dieu, s'il pense à eux, puisse faire autre chose

que

de les mépriser. Comme ils ne l'aiment point , ils ne sçauroient se persuader qu'ils en soient aimés, ni qu'il soit attentif à la disposition de leur cour. Les bienfaits dont ils sont conibles, les richesses de la nature, le spectacle de l'univers, la structure admirable des organes de leur corps , les soins généraux & particuliers de la providence, ne leur paroissent que les fuites d'un ordre une fois établi, & qui marquent seulement en Dieu un soin général de ses créatures, & une bonté feinblable à celle des princes qui gouvernent avec sagesse leurs états, mais qui ne descendent point jusqu'à aimer leurs sujets , ni à s'attacher à aucun d'eux en particulier. 3.

Ces racines secreties d'incrédu. licé qui ont infecté tous les hommes , & qui presque jamais ne sont entiere. ment arrachées du ceur des fidéles , rendent la fui plus lente & plus cngourdie. Elles arrêtent l'activité de l'espérance, & elles sont un venin présent contre la charité, qui tire sa force & la vie de la persuasion que Chap. VII. Dieu nous aime, & qu'il veut être aimé de nous. Car il n'est plus possible d'aimer , si l'on se croit rejeté, si l'on aime fans fruit & sans espérance , si l'on aime sans avoir la consolation de plaire par cet amour. On peut admirer la grandeur de Dieu , le louer de ses dons, lui rendre graces de les soins : mais on ne l'adore. ra point comme Dieu , qu'en l'adorant comme souverain bien; & l'on ne l'adorera point parfaitement sous ce rapport, qu'en l'aimant, qu'en lui soumettant toute la volonté, qu'en tournant vers lui tous ses delirs. Ainsi tout le fond de la piété & de la religion dépend de l'amour , & l'amour luimême dépend absolument d'une vive persuasion de celui que Dieu a pour nous. Il faut donc avant tout pofer cet immobile fondement : alltrement il n'y a point d'édifice', ou:

force

l'édifice périt.

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CHAP. VII.

L'amour que

S. 11. Si l'homme avoit eu le choix der prodiges pour le convaincre de

Dieu a pour lui, il n'auroit jamais pensé à lui demander l'incarnation de son propre Fils, encore moins fa mort au milieu des douleurs en des ignominies; & cela pour épargner des esclaves rebelles.

1. S'il étoit question de prouver la religion à un infidéle , qui ne crût ni l'incarnation du Fils de Dieu, ni fa mort, il faudroit le conduire à la croiance de nos myfteres par une liaifon de principes & de vérités qui l'y prépareroient. Mais on fuppose une foi pleine & entiere des mysteres de la religion chrétienne dans tous ceux qu'on a en vûe , & l'on ne pense qu'à la rendre plus agissante & plus vive, afin de les rendre eux - mêmes plus reconnoiffans.

2. Qu'ils se diffimulent donc un moment ce qu'ils croient, & qu'ils se transportent en esprit jusqu'au tems

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