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CHAP. IV.

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La force de la grace de Je s u s

CHRIST n'empêchoit pas les Martyrs de sentir de la triste . fe, de l'ennui, de l'accable, ment. Ces vérités doivent conSoler les foibles , & faire trembler les forts , qui ne peuvent continuer de l'être , que par l'humilité & la priere. Exemple de Saint Pierre. 1. Il ne faut pas même penser que cette force , quoique réelle & trèspuissante , empêchất les Martyrs de sentir leur foibleffe, & par une suite nécessaire de fentir de la tristeffe, de l'ennui, & même de l'accablement dans de certaines occasions. S. Paul qui défiroit avec tant d'ardeur de fouffrir pour Jesus-Christ, & qui mettoit toute sa gloire dans sa croix avoue aux Corinthiens que les maux dont il avoit été accablé en Alie, avoient été au-deflus de les forces. Je suis bien aise, leur dit-il, que 2. Cor. 1. 8. 9.

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CHAP. IV.

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» vous sçachiez l'affliction qui nous
» est survenue en Alie, qui a été telle,
» que. la pesanteur des maux dont
» nous nous sommes trouvé accablés,
» a été exceflive , & au-dessus de nos
» forces, jusqu'à nous rendre même

la vie ennuieuse. Supra modum gra-
vati sumus, supra virtutem , ita ut ta-
deret nos etiam vivere. L'humilité, qui
eft inséparable de la vérité, éclate
dans ces paroles. Un homme moins
fincere se garderoit bien de parler
ainfi à fes disciples. Mais faint Paul
veut que les Corinthiens foient in-
fruits de les dispositions secrettes, &
que ses maux lui ont paru exceflifs,
qu'ils ont été au-dessus de les forces
& qu'ils lui ont rendu la vie ennuieu-
fe. Et pourquoi veut il qu'ils en soient
inftruits ? Afin qu'ils ne se fassent pas .
une fausse idée du courage chrétien,
& de la grace de JESUS CHRIST , qui
en est le principe ; qu'ils ne croient,
pas que la patience, lors même qu'elle
ett réelle, & digne d'un Apôtre,
exclue toujours le sentiment de la
foiblefle, & celui du poids qui l'aca
cable ; qu'ils ne disimulent pas ce
fertiment par l'affectation d'un cou-

fage étranger, dont l'orgueil soit la Chap: 14. fource ; & qu'ils apprennent que la persévérance dans les épreuves est accordée à l'humilité, à l'aveu de son infirmité, à l'instance dans la priere qui attend & qui demande un puissant fecours à JESUS - CHRIST. Nous avons reçů , continue faint Paul,.. dans nous-mêmes une * réponse de « mort : » ( c'est-à-dire, nous n'avons trouvé dans nous aucune force ni aucune ressource : nous avons éprouvé que le fonds de la vie & du courage n'étoit point en nous ) « afin que nous ne missions point notre confiance « en nous, mais en Dieu qui ressuscite se les morts : Ut non fimus fidentes in nos bis , fed in Deo qui suscitat mortuos.

2. Le même Apôtre, dans la même 2.Cor. 1. 7. Epître aux Corinthiens, parle de ses 9. persécutions & de ses souffrances en général d'une maniere très - capable de nous inftruire de la vraie patience & du véritable effer de la grace de

* On pourroit traduire , ita ut tæderet nos condannions à mourir.“

Mais la version que j'ai » que nous désesperions suivie est plus confory de notre vie. ,, Et l'on me au deplein de fairs. pourroit aufi traduire zespon{um mortis habuia

mus.

« Nous nous"

etiam vivere ; ,

enfurte

Raul,

CHAP. IV.

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.

وی پر

JESUS-Christdans ceux qui souffrent
pour lui. » Nous sommes pressés,

dit-il, par toutes sortes d'afflictions,

mais au milieu des détreffes nous » ne sommes pas resserrés dans le „ fond du coeur. Nous nous trouvons » dans des difficultés infurmontables, » mais nous n'y succombons pas » néanmoins. Nous sommes persécu» tés, mais non pas abandonnés. Nous » sommes abbattus, mais non entiere. » ment perdus. » Ces états que saint Paul regarde comme différens, & qui le sont en effet, paroissent bien voi. fins à notre foiblesse, & le paroissent encore davantage à l'orgueil. Car ou est la différence entre ces deux états? » Etre abbattu , & n'être pas entiere» ment perdu: être dans des difficultés winsurmontables, & n'en être pas » vaincu ? » Aporiamur , fed non deftituimur : dejicimur, sed non perimusi Nous voudrions que l'intervalle entre le danger & la persévérance für plus grand ; que le courage fût hautement & pleinement supérieur ; & que non-seulement on ne fût

pas

entierement renversé, mais qu'on ne für ni abbattu ,. ni même ébranlé. Mais

frent

tions,

nous ns le kivons ables

, SPA rsecu. .Nous ntiere

= laine

& qui

en rol

la sagesse de Dieu est bien différente Cuar. IY,
de nos pensées. La grace de Jesus-
CHRIST nous soutient, mais ne
nous cache pas le fonds de notre foi-
blesse. Elle nous inspire le courage,
mais en nous faifant sentir qu'il vient
d'elle & non pas de nous, Nous
portons ce trésor dans des vases « 2. Cor.4.78
de terre , dit saint Paul, afin qu'il ..
foit évident

que

la force toure-puis.« fante qui est en nous, vient de Dieu, c. & non pas de nous. » Habemus the faurum istum in vafis fietilibus , ut fublie mitas foi virtutis Dei, et non ex nobis.

3. Les foibles qui avouent leur foiblesse , & qui defirent d'avoir plus de force & plus de courage, sont con. folés par les vérités que faint Paul vient de nous enseigner. Car ils ne pouvoient croire que les grands hommes fussent quelquefois si voisins de leur état; & l'idée qu'ils s'étoient formée de leur constance & de leur fermecé dans les épreuves & dans les maux qui les environnent, leur ôtoit l'espérance d'arriver jamais jusqu'à une patience si héroïque. Mais quand ils Içavent que cette patience est compatible avec le sentiment de l'in-

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