Imágenes de páginas
PDF
EPUB
[ocr errors][ocr errors]

11-11-38 7182

"Rom. Langs.

Sept. 7
3.7038

JE

PREFACE.

E né dois fans doute qu'au jeu des Acteurs le fuccès de cette Pièce. Je faifis avec plaifir l'occafion de leur en marquer ma reconnoiffance. Quelques perfonnes cependant ont trouvé mauvais que j'aie fait repréfénter cette Comédie fur le Théâtre Italien. Il faut me juftifier. Les Acteurs de ce Théâtre se font un devoir d'accueillir, d'encourager les Auteurs; on n'y connoît point l'ufage de faire defirer pendant deux ans l'honneur d'une lecture, l'Homme de Lettres n'eft point obligé de jouer le rôle de fuppliant dans l'anti-chambre d'un Semainier." Ces raisons font fuffifantes pour un homme qui ne se sent point d'humeur à fouffrir les tracaffèries, & fur-tout l'humiliation. On peut y joindre cependant dès vues particulières. La Mufique paroît aujourd'hui tenir le premier rang dans nos Spectacles feroit-ce déplaire au Public que de tâcher de l'allier avec la peinture de nos mœurs? Pourquoi nous bor→ ner aux Païfans ? Pourquoi ne pas effayer tous les tons ? Quittons le Village, la Ville nous offrirà plus d'un tableau intéreffant. J'espère que l'on ne prendra point ceci pour un trait de fatyre contre les Auteurs qui n'ont travaillé que dans le premier genre. Un talent en annonce toujours un autre. L'Auteur de la CHERCHEUSE D'ESPRIT a fait l'ANGLOIS A BORDEAUX. Chacune de ces Pièces eft un chef-d'œuvre. On me pardonnera aifément de citer par préférence M. FAVART. Il eft permis à un Écolier d'avoir quelque prédilection pour fon Maître. C'eft lui qui m'a donné les premieres leçons de l'Art Dramatique. BASTIEN a été fait fous les yeux. Il est facile de s'en appercevoir, & cette derniere Pièce vaudroit fans doute beaucoup mieux, fi j'avois pu profiter de fes avis pendant le cours de la compofition. Quelques critiques m'ont accufé d'avoir copié le MÉCHANT dans la Scène où le Marquis tourne en ridicule le Baron & la Baronne. Ils fe font trompés. Cette fituation eft tirée du Conte des Réмors de LA FONTAINE,

ACTEURS.

LE BARON.

LA BARONNE.

JULIE, leur Fille.

LE MARQUIS.

DAINVAL, Amant de Julie.

MARTON, Suivante de Julie.

LÉPINE, Valet du Marquis.

M. Cailleau.

Mde. Favart.

Mde. Laruette.

M. Clerval.

M. Le Jeune.

Mlle. Beaupré.

M. Deheffe.

BLAISE, Jardinier du Baron. M. Laruette..

DEUX COCHERS.

LAQUAIS.

ટુ

Perfonrages muets.

La Scène eft dans une Salle du Château du Baron.

Cotte

LE

A

PETIT-MAITRE

EN PROVINCE, COMÉDIE.

SCENE PREMIERE. LE MARQUIS, LÉPINE; LAQUAIS, COCHER S.

[ocr errors]

Le Marquis eft en frac fort fimple. Lépine & les Laquais ont des habits gris galonnés en argent, des chapeaux avec des plumets blancs.

LE MARQUIS, tenant un dessein.

ARIETT E.

E ma voiture nouvelle

Eft-ce-là le modèle

Il eft affez bien.

Je veux, pour mon mariage,

Avoir cet équipage;

Que l'on n'épargne rien.

A un Laquais.)

Vite, à Paris, allez, la France;
Que l'on travaille en diligence,
Et rapportez, en revenant,
Ces Magots pour le Préfident.
A un fecond Laquais.)

Vous, la Fleur, paffez chez Hortenfe,
Chez Cydalife, chez Conftance,
Dites-leur qu'au premier moment,
Je les verrai certainement.
Mais qu'on abrège les mysteres:

De ce tracas,

Je fuis fi las!

J'ai trop d'affaires,

Je n'y tiens pas,

(Au troisieme Laquais. )

Qu'on mette les chevaux

....

Lépine,

Où donc eft ce Cocher, qu'on dit des plus adroits? LEPINE préfente au Marquis un homme d'une taille ordinaire.

Le voici, Monfieur.

LE MARQUIS.

Quoi ! tu plaifantes, je crois. LÉPINE.

C'est un très-bon Cocher.

LE MARQUIS.

Il eft petit, fans mine....

LÉPINE présente au Marquis un grand homme bien fait.

Peut-être celui-ci vous conviendra-t-il mieux? LE MARQUIS, d'un air de fatisfaction. Ah! paffe encor. Voilà du moins un homme. Je le retiens.

« AnteriorContinuar »