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ERE D'ESPAGNE. 680.

ANNE'E

DE J. C. 642.

ce qui étoit la même chose que de le faire Ecclésiastique ou
Moine , afin de le rendre ainsi pour toujours inhabile à
rentrer en poffeffion de ce qu'il perdoit (A).

Je n'ignore pas que les Auteurs Espagnols disent, que viewerreece
Tulga mourut de mort naturelle , & que Chindafuinthe occasión.
usurpa tyranniquement la Couronne *, sans aucun égard
pour ce qui avoit été réglé par les Conciles précédens , au
sujet de la maniére dont se devoient faire les élections des
Rois. Mais foit que cette révolution soit arrivée ainsi, soit
que la chofe fe foit paslée, comme je l'ai d'abord racontée,
il est sûr que Chindafuinthe s’attribua par violence & par
force la Souveraineté. Delà vint que plufieurs des Grands
de la Monarchie & beaucoup de personnes du menu Peu-
ple prirent les armes, refusant de le reconnoître pour Roi.
Cette méfintelligence occasionna une guerre civile entre les
Gots, les uns s'efforçant de secouer le joug de la violence,
& les autres à la tête desquels étoit Chindafuinthe, de fou
tenir leur ouvrage (B). Suivant la Chronique de Saint J*-
lien de Toléde, Chindasuinthe commença à régner le pre-
mier jour de Mai.

La guerre civile qui s'étoit allumée entre les Gots à l'oc- 643 casion de Chindafuinthe, jetta tout le monde dans une neftes a TEC

suites grande consternation, par les maux ausquels toute la Mo- pagne. narchie se vit en proïe. En effet les suites en furent d'autant plus funestes à l'Etat, que les Mutins, pour soutenir leur parti, allerent dans les Gaules & sans doute en Afrique, lever des Troupes., lesquelles étant étrangeres, se porterent à toutes sortes d'excès. Les Séculiers n'étoient pas les seuls qui commmettoient ces désordres, plusieurs Eccléfiastiques même n'avoient point honte d'y avoir part. Chindafuinthe, qui avoit intérêt de faire rentrer au plûtôt les Rébelles dans le devoir, marcha contre eux à la tête d'une bonne Armée, & tua en différentes rencontres plus de deux cens Hommes de la Noblesse, & plus de cinq cens des autres. Par ces avantages, il eut la satisfaction de rétablir peu à peu la tranquillité (C). (A) FREDEGAIRE le Scholastique , DEGAIRE le Scholastique, nom 8z.

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* C'est le sentiment de Mariana , qui (B) Concile VII. de Toléde, Isido- continue d'avancer d'une aonée la mort RE de Badajoz , FREDEGAIRE le Scho- & l'avénement des Rois Gots au Trône, Laftique, nom. 8..

par une suite de son Anachronilne fit (C) Concile VIL de Toléde , FRE- la mort de Chintilaa

nom. 82.

ERE D'ES,
PAGNE,

678.

641.

6436

6805

En considération de toutes les obligations qu'on lui avoit , ANNEE DE les Gots élurent pour Roi son fils Tulga, qui étoit encore 640

jeune, mais qui paroissoit promettre beaucoup par son
bon naturel & par les autres belles qualités qu'il possé-
doit" (A).
Parmi les Gots, plusieurs enhardis

par

la jeunesse & par Troubles en le caractére doux du Roi, commirent quelques excès trèsEfpagne.

préjudiciables, à ce qu'il paroît, au bien public,.ce qui
causa de grandes altérations & de grands troubles. Le peu
de soin que l'on apportoit pour réprimer cette licence, fit
que les crimes augmenterent de jour en jour, tant il est
nécessaire de se servir de l'épée, en tems de guerre con-
tre les Ennemis, & en tems de paix contre ceux qui s'écar-
tent de leur devoir (B).

Cependant le désordre croissoit tous les jours, parce que Chindafuin. chacun faifoit impunément tout ce qu'il vouloit. Quelquesthe usurpe la

uns des Principaux Gots, qui prévirent que les suites Couronne.

roient en être funestes à l'Etat , consulterent entre eux sur
les moïens d'y remédier. Faisant attention que Tulga n’a-
voit point asfés de résolution, ni d'autorité, à cause de fa
grande jeunesse & de la douceur, pour appliquer à ce mal
les remédes nécessaires, ils convinrent de le faire descendre
du Trône, & d'y faire monter en sa place, un Homme d'un
âge mûr, qui fût capable de se faire craindre & respecter,
en montrant toute la fermeté & toute la rigueur que de-
mandoit la conjoncture présente. Ils jetterent les yeux pour
cet effet sur un d'entre eux, nommé Chindasuinthe, qui
étoit d'un âge très-avancé, comme je le marquerai au tems
de fa mort, mais qui avoit encore beaucoup de vigueur , &
qui possédoit toutes les qualités nécessaires

la fin qu'ils
fe proposoient dans le changement de Maître. Après avoir
donc conféré entre eux sur cette matiére, ils firent la pro-
position à Chindafuinthe qui ne hésita point à l'accepter ; :
la Couronne & le droit de commander aïant des charmes
séduisans, pour les personnes mêmes qui sont aux portes
de la mort. Enfin Chindafuinthe seconde des Gots qui lui
offroient la Couronne, détrôna Tulga & s'empara du Scep-
tre. Il fit aufli-tôt couper les cheveux à ce jeune Prince,

pour

.univ. 2

(1) S, ISIDORE de Badajoz, dans la Chronique, FREDEGAIRE le Scholaftique, nom. 82.

(B) FREDEGAIRE le Scholastique, nom. 82.

PAGNE. 680.

ANNE'E

DE J. c. 642.

occasion.

ce qui étoit la même chose que de le faire Ecclésiastique ou ERE D'ES

Moine , afin de le rendre ainsi pour toujours inhabile à
rentrer en poffeffion de ce qu'il perdoit (A).

Je n'ignore pas que les Auteurs Espagnols disent, que vienertecedie
Tulga mourut de mort naturelle , & que Chindafuinthe
ufurpa tyranniquement la Couronne *, sans aucun égard
pour ce qui avoit été réglé par les Conciles précédens, au
fujet de la maniére dont se devoient faire les élections des
Rois. Mais foit que cette révolution soit arrivée ainsi, foit
que la chofe se foit passée, comme je l'ai d'abord racontée,
il est sûr que Chindafuinthe s’attribua par violence & par
force la Souveraineté. Delà vint que plufieurs des Grands
de la Monarchie & beaucoup de personnes du menu Peu-
ple prirent les armes, refusant de le reconnoître pour Roi.
Cette mésintelligence occasionna une guerre civile entre les
Gots, les uns s'efforçant de secouer le joug de la violence,
& les autres à la tête desquels étoit Chindafuinthe, de sou
tenir leur ouvrage (B). Suivant la Chronique de Saint Jti.com
Lien de Toléde, Chindasuinthe commença à régner le pre-
mier jour de Mai.

La guerre civile qui s'étoit allumée entre les Gots à l'occasion de Chindafuinthe, jetta tout le monde dans une neftes à Tec grande consternation, par les maux ausquels toute la Mo- pagne. narchie se vit en proïe. En effet les suites en furent d'autant plus funestes, à l'Etat , que les Mutins, pour soutenir leur parti, allerent dans les Gaules & sans doute en Afrique, lever des Troupes., lesquelles étant étrangeres, se porterent à toutes sortes d'excès. Les Séculiers n'étoient pas les seuls qui commmettoient ces désordres , plusieurs Eccléfiastiques même n'avoient point honte d'y avoir part. Chindafuinthe, qui avoit intérêt de faire rentrer au plûtôt les Rébelles dans le devoir, marcha contre eux à la tête d'une bonne Armée, & tua en différentes rencontres plus de deux cens Hommes de la Noblesse, & plus de cinq cens des autres. Par ces avantages, il eut la satisfaction de rétablir

peu

a
peu la tranquillité (C).
(A) FREDEGAIRE le Scholastique , IDEGAIRE le Scholastique, nom 82.

687.

643 Ses suites funt

* C'eft le sentiment de Mariana , qui (B) Concile VII. de Toléde, Isido- continue d'avancer d'une année la mort RE de Badajoz , FREDEGAIRE le Scho. & l'ayénement des Rois Gots au Trône, Lastique, nom. 82.

par une suite de son Anachronisme fue (0) Concile VIL de Tolede, FRE- la mort de Chintila.

nom. 82.

PAGNE

Anne'e DE

J. C. 645.

646. Mort de S.

ges.

Pellicer & Don Emanuel Ponce de Salas dans la Vie de Saint
Herménégilde

ERE D'Es.
Le 18. de Mars, Saint Braulion Evêque de Saragosse,

mourut dans cette Ville. Padilla, I'amayus & d'autres, rapBraulion de portent sa Vie fort au long, mais il s'y trouve plusieurs Saragosse. choses contraires à la vérité. Il avoit été à Séville Disciple

de Saint Isidore, qui avoit conçu pour lui beaucoup d'ami-
tié à cause de sa vertu & de son esprit. Ensuite, il fut Ar-
chidiacre de son frere Saint Jean Evêque de Saragosse, à
qui il succéda. Saint Isidore entretint avec lui pendant toute

sa vie une étroite liaison & une aimable correspondance, Ses Ouvra- & composa à sa follicitation les Livres des Etymologies ;

Ouvrage qu'il laissa imparfait , & auquel Saint Braulion mit
la derniére main. Saint Braulion étoit aussi très-sçavant dans
les Lettres , & au milieu de ses occupations Pastorales, qu'il
remplit toujours avec beaucoup de foin, il fit quelques pe-
tits Ouvrages. Du nombre de ses Ecrits , sont la Vie de Saint
Millan Anachoréte, Ecclésiastique & Moine, qui est le
même que l'on honore dans le Monastére de son nom,
situé dans la Province de la Rioja : l'Eloge & le Catalogue
des Ouvrages de Saint Isidore son Maître : le Martyrolo-
ge des Saints Martyrs de Saragosse, mis au jour avec des
Notes pleines d'érudition par Don Jean Louis Lopez, Con-
seiller dans le Conseil Roial Suprême d'Aragon, & tiré
d'un Manuscrit que j'ai présentement en mon pouvoir , &
qui a appartenu à Don Jean Luc Cortès, Membre du Conseil
Řoral de Castille : la Vie & le Martyre de Sainte Léocadie,
suivant le témoignage de Marc dans les Notes ajoûtées à
Saint Ildefonse : les Vies de Saint Vincent Martyr, & des
Saintes Sabine & Christete auíli Martyres, comme on l'ap-
prend par un Livre Manuscrit de la Sainte Eglise de Tolé-
de, & plusieurs autres petites Piéces, dont Saint Ildefonse

ne marque point les Tîtres (A)., Tajon son

Après qu'il fut mort, on mit en sa place sur le Siege Succeffeur. Episcopal de Saragosse, Tajon qui étoit un homme très

vertueux & fort lettré. Concile VII. Cependant le Roi Chindafuinthe étoit parvenu par fa de Toléde.

(A) S. ILDEFONSE dans les Ecrivains, * A en juger ici par les conje&tures & chap. 12. Don NICOLAS ANTONIO, le raisonnement de Ferreras, on est focLiv. 5. de la Bibliothéque ancienne , dé à douter qu’Athanagilde soit mort chap. s. nom. 233. les BOLLANDIS- peu de tems après sa mere Ingonde, TES au 18. Mars, & d'autres.

comme le croit Mariana.

valeur

ANNE'E DS

PAGNE,

J. C. 646.

valeur & par sa prudence à écraser ses Ennemis, & à réERE D'ES. tablir la tranquillité dans ses Etats. Délivré de ces inquié

tudes, & devenu paisible Poffesseur de la Couronne, il
voulut assembler un Concile pour faire quelques réformes
qui étoient nécessaires. On le convoqua à la Ville de To-
léde , & on en fit l'ouverture le 18. d'Octobre, sans que
l'on fçache en quel lieu *. Les Evêques qui y asisterent
en personne, ou par leurs Vicaires, furent les suivans.

Oronce Métropolitain de Mérida, qui fut le Président,
& de ses Suffragans Sisicle Evêque d'Evora , Maurisius
d'Avila, Jean de Coria, Egérede de Salamanque, Servus-
Dei de Calabria , Farne de Visée, Witaric de Lamego
Armenius d'Idagna, Neufridius de Lisbonne par Crispin
Abbé, & Théudored de Badajoz par Reparat & Constan-
ce fes Prêtres.

Antoine Métropolitain de Séville, & de fes Suffragans,
Deodatus Evêque de Cabra , Eparce d'Italique, Estienne
d'Ecija, Leudefroid de Cordoué par Valentinien son Ar-
chiprêtre, Pimenius d'Alidonia par Wilionse, Jean d'Ilipa
par Clement Diacre, & Dunilan de Malaga par Matacelle
Prêtre.

Eugêne Métropolitain de Toléde, & de ses Suffragans,
Hilaire Evêque d’Alcala , Egila d'Osma, Anféric de Ségo-
vie, Wideric de Siguença, Winalde d'Elice, Aniane de
Valence, Giveric de Mentése par Ambroise fon Diacre, &
Bigitin de Bigastre par le Diacre Egila.

Protais Métropolitain de Tarragone, avec Donum - Dei
Evêque d'Ampurias : ses autres Suffragans manquerent. De
la Métropole de Brague, le Métropolitain ne s'y trouva
point, mais il s'y rendit Ricimire Evêque de Dume, Val-
conius de Lugo, Gotomare d'Iria, Sona de Britonia , Gau-
destée d'Orense, Adimir de Tuy & Candidat d'Astorga par
Paul Prêtre. Aucun de ceux de la Métropole de Narbon-
ne n'y concourut, & j'en ignore la raison : Magnus Prêtre
entra aussi dans le Concile pour Marc Evêque de Castulon
ou Caslona. Ils firent tous les six Canons que je vais rap-
porter.

Mariana met ce Concile dans la célébré l'an 646. de Jesus - Christ, fi
fixiéme année du Roi Chindafuinche , l'on se rappelle le souvenir, que Maria-
quoiqu'on l'ait tenu la cinquiéme. Ce-
pendant cette opposition apparente sert à Chintila à la Couronne des Gots.
prouver que le Concile a réellement été
Tome II.

SS

na avance d'une année l'avénement de

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