Imágenes de páginas
PDF
EPUB

J.C. 696.

ERE DES
PAGNE.

734.

Gots.

697.

7353

leur domination, ils entrerent avec une puissante Armée Anne'e ve dans les Mauritanies, dont ils firent en peu de tems la con

quête. Il y a apparence que leur Flotte côtoïoit, en se conpar celle des formant à tous les mouvemens de l'Armée de terre. Le Roi

Egiza en aïant pris ombrage, à cause du voisinage de ces
Provinces avec l'Espagne, fit équiper la sienne pour gar-
der les Côtes de fon Roiaume, & en donna le Comman-
dement à Théodemir : si celui-ci n'étoit pas fils ou gendre
„d'Egiza , & le même dont Sisebert avoit juré la mort, il étoit
au moins un des Grands de la Monarchie. Théodemir se
mit en Mer, pour observer la Flotte des Sarazins. L'aïant
rencontrée, il l'attaqua fi courageusement, qu'il la contrai-
gnit de prendre la fuite, & qu'il gagna la victoire (A). Cé-
drene, Baronius & d'autres placent en cette année la con-
quête des Mauritanies par les Sarazins.

Egiza eut en cette année 697. la guerre avec les Francs, Guerre eno fans qu'il m'ait été posible d'en découvrir le motif, ni dans & les brancs. les Histoires d'Espagne, ni dans celles de France : les uns

veulent que ç’ait été du côté de l'Aquitaine, & d'autres du
côté de la Gaule Narbonnoise. Il eut trois chocs avec les
Ennemis ; mais la victoire demeura toujours indécise ; preu-

ve , que l'on combattit de part & d'autre avec une égale réConjecture solution. Je m'imagine à ce sujet, que du tems de Clovis III. sur son origi- & de Childebert II. Rois des Francs, les Aquitaines & la

Gascogne secouerent le joug, & se rendirent indépendan-
tes de ceux-ci, s'élisant des Ducs & des Seigneurs pour les
gouverner ; que les Aquitains & les Vascons qui avoient
pris les Armes à cette occasion, entrerent par les Pyrénées
en Espagne, où ils commirent de grandes hostilités, &
qu’Egiza aiant marché à leur rencontre , leur livra trois
batailles, & fit tant qu'ils s'en retournerent à leurs Païs,
Ma 'conjecture est fondée sur ce qu'il ne paroît pas proba-

les Rois des Francs & leurs Maires du Palais, son-
geassent à porter la guerre chez leurs voisins, pendant qu'ils
étoient, suivant les Histoires de France, si occupés chez eux

par des affaires qui les touchoient de plus près (B). 698. Le Roi Egiza le vosant déja dans un âge avancé, songea en tendre

à lailler le Trône à son fils Witiza. Il comcié à la Roiau.

pere
té avec Egiza. muniqua ses vûes aux Seigneurs & aux Grands du Roïau-

(A) ISIDOR E de Badajoz, Ere 750.
(8) Don ALFONSE le Grand dans la

|
Chronique, d'où les autres l'ont tiré-

me

nee

ble,

que

7;6. ,

Wiciza aito

ANNE'E DE

ERE d'Es. PAGNE. 736.

698,

737.

699. Concile

pour

confir

me, qui par reconnoissance des obligations qu'on lui avoit,
pour la fage & douce administration, n'eurent point de

J. C.
peine à y répondre d'une maniére satisfaisante. Ainli Witiza
fut déclaré Compagnon & Successeur de son pere à la Cou-
ronne. Pour assurer cette élection, &

pour

former Witiza dans l'art de régner , Egiza donna à ce Prince le Gouvernement de toute l'Ancienne Galice, qui avoit composé le Roïaume des Suéves. Witiza établit sa Cour à Tuy, parce que la situation de cette Ville lui parut agréable, & bâtit dans ces Quartiers quelques Maisons de plaisance (A). Don Alfonse le Grand, place cet événement un an plâtôt *.

Du tems des deux Rois, pere & fils, on célébra à Toléde un Concile, où présida Felix Métropolitian de cette Ville.

de Toléde, Il paroît que ce fut en cette année 699. parce que le motif pour lequel il fut convoqué, étoit sans doute la confirma- mer cette dics

position. tion de l'élection de Witiza pour Successeur à la Couronne, & qu'il est naturel de croire, que cette approbation se donna dans cette année, qui étoit l'immédiate de celle de la nomination. Ses Actes sont péris, de sorte que l'on n'en a point d'autres Notices

que

celle-ci, dont on est redevable à Isidore de Badajoz, & à laquelle les Historiens Espagnols ont fait peu

d'attention ** Felix Métropolitain de Toléde mourut avec la réputation d'un Prélat très-vertueux. Il a écrit la Vie de Saint Ju- lix de Toledo. lien son Prédécesseur, laquelle est dans l’Appendice des Ecri- Gunderic for vains ou Hommes Illustres de Saint Ildefonse. On éleva sur Successeur. le Siége vacant Gunderic, Personnage aussi respectable pour sa vertu , que par son sçavoir (B). Dans les Diptyques anciens des Evêques de Toléde, que l'on trouve dans le Manuscrit des Conciles qui a appartenu au Monastére de Saint Milan, l'on marque Sisebut pour Successeur immédiat de Felix ; mais il y a lieu de croire que cet Evêque ne rem

[ocr errors]

738.

700. Mort de Fe..

(A) ISIDORE de Badajoz, & Don d'Egiza au Trône qu'en 688. le calALFONSE le Grand , d'après lesquels | cul des dix années que ce Prince réles autres ont raconté ce fait.

gaa seul, selon lui, est assez difficile (B) ISI DORE de Badajoz.

à trouver ; mais je crois avoir déja
* Il paroît que Mariana a embrassé | prouvé, qu'au lieu de 688. il auroit
cette opinion, lorsqu'il marque que

dû avoir mis 687. Voiez la Note qui
Witiza fut associé à la Couronne la est fous cette année.
dixiéme année du Régne de son pere : ** On peut dire que Mariana est du
le P. Péteau suic audi la même Chro. nombre de ces Historiens, puisqu'il ne
nologie, avec cette différence néan- / parle point de ce Concile.
moins, que ne mettant l'avénement
Tome II.

Fff

J. C. 700.

PAGNE. 738.

2a.

plit le Siége de Toléde que quelques jours , & que pour ANNE'E DE cette raison, Isidore de Badajoz n'en parle point.

ERE D'Es
Egiza qui étoit accablé par le poids des années, mourut
Mort d'Egi- dans le mois d'octobre *, & fut enterré à Toléde. Ce Roi

eut toujours beaucoup de piété & beaucoup de soin des
Eglises & de la Discipline Ecclésiastique. Il soulagea le
Peuple en modérant les Impôts, & il montra un zéle ardent
pour la Religion Catholique, par les mouvemens qu'il se
donna

pour extirper de ses Etats le Judaïsme & l'Idolâ-
trie, dont il subsistoit encore quelques restes parmi les gens
grossiers & de la Campagne, & parmi les Esclaves. Quel-
ques Ecrivains ont voulu ternir la réputation, en publiant
qu'il répudia sa femme, dès qu'il fut monté sur le Trône
en haine d'Ervige pere de cette Princeffe, & par

le conseil de son oncle Wamba ; mais les Décrets des Conciles précédens, en faveur de la Reine & de ses enfans, prouvent le contraire. D'ailleurs, s'il eût réellement tenu cette conduite , les Peres de tant de Conciles célébrés fous fon Régne, ne l'en auroient-ils pas vraisemblablement repris, & ne l'auroient-ils

pas

sollicité à vivre avec sa femme, conformément aux Loix du Mariage ? Cependant il n'en est pas dit le

mot, d'où l'on peut conclure que ce reproche est une calomnie, & l'effet de la négligence des Historiens à s'éclaircir de la vérité **.

* Mariana lui fait pousser sa carriére 11 de la onziéme l'Egiza, & ainsi de suite ; jusqu'en Novembre de 701. à dessein, de sorte qu'en fixant dans la dixiéme ansans doute de trouver les quinze années née d'Egiza l'association de Witiza , & de Régne qu'il lui donne. Cependant, dans la cinquiéme année de cette affopour que lon calcul fût juste, il fau- ciation la mort du premier, il a fait droit au moins supposer qu'Egira aïant || ulage de deux dates différentes , qui été désigné & nommé Succeffeur d'Er- bien entendues, ne forment que quatorze vige par celui-ci le 14. Novembre de années. En rifléchiffaut sur certe obler687. comme il le marque, mourut le vation, on conviendra que cela peut 14. ou le is. Novembre de 201. ce être; mais on sera toujours fondé à requi feroit quatorze ans avec un ou deux procher à Mariana d'avoir induit en efjours de plus. Mais comment pouvoir reur par son obfcurité plusieurs sçavans, se le persuader, lorsqu'il affùre que Wi- & entre autres le P. Péteau , qui mare riza fut facré le 15. de Novembre de que qu'Egiza régna quinze ans , proba701. Car, quelle apparence que cette blement sur le récit de cet Historien. cérémonie le soit faite , avant que d'a- ** Il suit de ceci que Mariana a eu tort voir donné la Sépulture au Roi mort? de donner dans une pareille Fable, qui Peut-être objectera-e'on qu'il ne comp- doit être absolument rejettée, & l'on veut te à Egiza que quatorze anoées de Ré- rendre justice à Egiza & à Wamba, deux gne: parce que la premiére année de Rois également respectables par les verWitiza associé au Trône, courut avec tus Chrétiennes & les vertus Morales une partie de la dixiéme & une partie 11 qu'ils poffcdoient,

738.

J. C. 700.

Quelques-uns l'accusent avec ausi peu de raison d'avoir
PROSES été cruel, & de n'avoir point épargné le sang de ses Sujets. ANNE'E DE

Pour détruire cette imposture, il suffit de se rappeller à la
mémoire les éloges que les Conciles lui ont donnés, & par
lesquels il paroît, qu'il usa d'une grande clémence à l'égard
d'un bon nombre de personnes , pardonnant aux unes leurs
fautes, & réhabilitant les autres ; faveur dont se ressentit
entre autres Theudemond, que Wamba, oncle d'Egiza avoit
dégradé de la Dignité de Palatin, peu de tems après son avé-
nement à la Couronne, à la follicitation d'Etienne Métro-
politain de Mérida. Witiza n'eut pas plûtôt appris la mort
de son pere, qu'il se rendit à Toléde, où il fut facré folem- Sacre de
nellement Monarque des Gots le quinziéme jour de No- Witiza.
vembre (A).

Sur la fin de ce Siécle mourut Saint Martien Evêque de Mort de S.
Pampelune, que le Vulgaire appelle Saint Martial : on re- Martien de

Pampelune, vére son corps dans le Monastére de Léire. Il y en a qui le mettent au nombre des Martyrs ; mais il ne paroît pas qu'il eut alors aucune occasion d'obtenir cette Couronne. L'on conserve le souvenir de la Sainteté, sans avoir connoissance de ses actions (B).

(A) L'Appendice de la Chronique de S. JULIEN, ISIDORE de Badajoz, Don ALFONSE le Grand dans les Chroni

ques, & d'autres qui les ont suivis.

(B) SANDOVAL , dans le Catalogue des Évêques de Pampelune.

:L

REFLEXIONS TIRE' ES DE L'HISTOIRE

de ces trois siécles.
’Histoire est le Flambeau le plus sûr de la prudence ,

ce qui fait que tous les Ecrivains l'appellent : le Maître
» de la Vie Humaine, & le Guide le plus fidéle pour faire ju-
ger

des choses sainement. Mais comme la Religion est ce qu'il y a de plus important pour obtenir la Vie Eternelle; » la connoissance de la véritable & de la seule, par laquel

le on puisse parvenir à la Gloire Céleste, est indispensa» ble, comme Jesus-Christ l'a enseigné par ces paroles, en » Saint Jean, chap. 3. Verf. 18. Qui non crediderit jam ju» dicatus eft; celui qui ne croit pas, est déja condamné : en » Saint Marc, chap. 16. Verf. 16. Qui crediderit, do baptia fatus fuerit, falvus erit , qui vero non crediderit, jam condem,

[ocr errors]

Tervée dans la

pagae.

[ocr errors]

nabitur ; celui qui croira , & qui fera baptisé, fera fauvé: » mais celui qui ne croira point , sera condamné. C'est ce - que Saint Paul nous apprend dans fon Epître aux Hé

breux, chap. 11. Verf. 6. lorsqu'il dit : Sine fide impolli- bile est placere Deo; il est impossible de plaire à Dieu fans

la Foi. La Foi s'est » Ces trois Siécles de l'Histoire d'Espagne, sont les tétoujours con

moignages les plus sûrs de la vraie Religion Chrétienne, pureté en Ef a que les Espagnols professent aujourd'hui, depuis que

l'Evangile leur a été annoncé, & prêché par les Saints Apôtres Saint Jacques Zébédée & Saint Paul, & par

les fept Saints Evêques Torquat & ses Compagnons, qui » avoient reçu leur Mission de l'Apôtre Saint Pierre , ainsi » que je l'ai marqué dans la Partie précédente. En effet, » l'on voit par tant de Conciles qui ont été célébrés dans » cet espace d'années, & par tant d'Ecrivains recommen» dables qui ont feuri pour lors, que l'on a toujours cru o en Espagne au Mystére de la Sainte Trinité, comme on

le croit aujourd'hui; contre les erreurs des Sabelliens & » des Priscilianistes i contre celles des Ariens, introduites » dans ce Païs par les Gots qui en étoient souillés ; contre » les Photiniens, appellés de nos jours Sociniens, de Fauste

Socin , qui les a tirés de l'abîme. Il en eit de même du
Mystére de l'Incarnation : contre les erreurs de Neftorius,

d'Eutychès, des Monothélites & des Acéphales : des fept » Sacremens, particuliérement de la Pénitence, de la Con» fefsion & de l’Absolution par le Prêtre , de la Présence

réelle de J. C. dans l’Eucharistie : du Sacrifice des Messes » pour les Vivans & pour les Morts , du Purgatoire, de la » Grace & des bonnes @uvres ; de la Hiérarchie Eccléfiaf

tique, composée d'Evêques, de Prêtres, de Diacres, &c. , & de leur Célibat : de la Primatie & Supériorité du

Pontife de Rome dans toute l'Eglise Catholique, comme » Vicaire de Jesus-Christ, en qualité de légitime Succef

seur de l'Apôtre Saint Pierre , que le Fils de Dieu, après sa Résurection, établit Pasteur de tout son Troupeau. On en

peut dire autant de l'Etat Monastique, de la Vénération » des Saints , de leurs Reliques, de leurs Images & de leurs » Invocations, comme je pourrois le démontrer fort au long, si c'étoit mon principal & mon unique but.

Il suit delà, que les Espagnols, croïant à tous ces Points

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
« AnteriorContinuar »