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31.

3. Les Energumenes ou Possédez] « Tant à cau. En fon Ex- w se , dit feu M. l'Evêque de Meaux ( cette granplication de „de & vive lumiere d'Israel qui vient de s'étein

» dre), que leur état qui les soumetroit au démon, so avoit quelque chose de trop ravalé ou de trop

suspect , pour meriter la vue des Mysteres ;qu'à » cause aufli qu'on craignoit qu'ils n'en troublâl» fent la cérémonie & le silence , par quelque cry » ou par quelque action indécente.

4. Et certaines classes de Pénitens ] Il y avoie quatre classes, par lesquelles il falloit que les Pénitens paffàffent, pour étre ensuite reçus à la participation de l'Eucaristie. La premiere, des

Pleurans , exclus des instructions , & par conséGre Thaum quent de l'entrée de l'Eglise, hors de laquelle ils

fe tenoient sous le porche on vestibule, ordinairement couvert : d'autres disent qu'ils étoient

exposez aux injures de l'air , d'où on les appelo Hyemantes. loit Hyvernans ; sur-tout, ceux qui étoient cou

pables de crimes énormes. La seconde , pratiquée principalement dans l'Eglise grecque, des Ecoutans, admis à écouter les lectures & les fermons, avec les Catécumenes du premier degré, & encore avec les Païens , les Juifs, les Schilmatiques & les Hérétiques ; tous placez pour cet effet, à l'entrée & au dedans de l'Eglise, in nartheces c'est-à-dire, dans le vestibule intérieur (a), à la

v. Ep. can.

C. 41.

que ( ouvrage d'une utilité & d'une exactitude infinie) Liv, 10. Nomb. 17. 09 Liv. 11. Nomb. 21.

(a) On observoit, dit-on, autrefois en Carême à Rouen, de reculer la chaire du Prédicateur, à l'Arcade la plus proche du Grand Portail, pour donner lieu , sans doute aux Pénitens,à qui il est deffendu d'entrer plus avant dans l'Eglise, d'écouter la parole de Dieu. Quelquefois même on construisoit exprés des Autels sous le Vestibule, pour leur faire par grace entendre la Messe; & il se voit encore

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charge de sortir avant que l'on commençat les
prieres des Catécumenes & la cérémonie de
l'imposition des mains. La troisieme, les Proster-
nez, recus avec les Catécumenes du fecond &
troifieme degré & les Pofsédez , non seulement à
écouter les instructions, mais encore à prier jul-
qu'au temps du Sacrifice , souvent profternez, du
moins à genoux, méme dans le Temps-Pascal,
avec les Confiftans & les Fideles. Leur place étoit
plus avant dans la Nef & jusqu'au Pupitre ou Ju-
bé, à l’Ambon,posé entre la Nef & le Cheur. La
quatrieme , les Consistans, ainsi nommez de ce
qu'ils restoient dans l'Eglise & se tenoient avec

Consistentia
les autres Fideles, jusqu'à la fin du Sacrifice ; tou- eft ur cum fide-
tefois privez du droit de faire leur oblation , & dienos." Gre:
par conséquent de participer aux SS. Mysteres. goire Thau-
Ceux-cy se plaçoient depuis le Jubé ou Pupitre , ve,à la lettre,
jusqu'au Sanctuaire, soit qu'ils fusfent mêlez avec veut dire de-
les Fideles, au sentiment du docte P. Morin de rêter, fete-
l'Oratoire, ou qu'ils en fûllent féparez, ce qui nir en quel-
paroît plus vray-semblable aux pieux &favant rester avec
Cardinal Bena.Les Pénitens de ce degré n'étoient quelqu’un,
point proprement censez & réputez Pénitens;
aussi y mettoit-on les femmes dont on vouloit
cacher les fautes.

s. Ceux en un mot ausquels il n'étoit pas permis Lib. 1. de d'asister au Sacrifice] De même,dit Scorcia Jesui-e facro fang. te , que chez les Païens , on rejetoit des Sacrifi. a C. 1. v. 3. ces, tous ceux qui n'étant pas encore initiez dans ce les mysteres, étoient jusques-là tenus pour pro.« Trofane çift fanes, suivant cet endroit de Virgile :

a icy opposé à

initić.

de ces Autels , comme à Noyon , &c. In quibufdam Ecclefiis,dic l'ancien Pontifical de Chalons sur Saone, Sacerdos in aliquo Altari foribus proximiori, celebrat Miffam juffu Epifcopi, Pænitentibus ante fores Ecclefia conftin ihtisa

2, 6, æneid.

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L. 17.

Procul, ô, procul este prophani ,

Conclamat vates, totoque abfiftite luco.
L. A Prêtresse en fureur s'écrie à haute voix :

Profanes , loin d'icy, n'aprochez point du bois.
Od. 1. l. 3.

Et cet autre endroit d'Horace:

Odi profanum vulgus & arceo.

J E hai le profane vulgaire , Et je l'écarte de moya
Sat. 11.
L. 1. de rap
Proferp.

La même chose se voit dans Silius-Italicus,
L. 17. Met. dans Juvénal, dans Claudien & dans Ovide.
Fan: it. 2. » Il n'est pas permis à un homme deshonoré, dit

» Corneille Tacite, en parlant des meurs des » Germains ou Allemans, d'assister au sacrifice, » ni de se trouver dans les assemblées.

Bien plus, on comptoit chez les Païens , comme chez les Chretiens, quatre classes ou rangs de Pénitens, entre lesquels étoit la Consistance, Systasis. Chez les Juifs;les Lepreux & les Impurs. étoient aussi exclus des Sacrifices , aussi bien que

les Gentils, qui n'osoient même approcher du Thren. c. 1. Temple. Mais indépendamment de cette disci.

pline des Juifs & des Païens , le Fils de Dieu

avoit expressement défendu de donner aux chiens: Math. 7.c. ce qui est saint, & de jetter les perles devant les

pourceaux. Et selon S. Cyrille d'Alexandrie, il ne parla obscurément de la Chair & de son Sang, dans la Synagogue de Capharnaüm, qu'à cause de la présence des Capharnaïtes, encore groffiers & peu instruits. On voit aussi que S. Luc, voulant cacher ce Myftere aux Infideles, au lieu

de dire ouvertement, Consacrer & distribuer CLY PEucaristie;il dit perpétuellement dans les Actes, It. c. 20. v. Rompre le pain. 7.&. II.

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6.

Joan. 6.

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dans le 3:

c. 70

6. Milla, messe ou renvoy ] C'est en ce sens que Cassien appelle congregationis misam , le renvoy ou la sortie du Cheur. Congregationis missam, stans pre foribus præftolatur , donec egredientibus cunctis, &c. dit cet Auteur,

. Livre de ses Institutions-Monastiques en parlant du Solitaire,qui,venant tard à l'Office, ne doit point entrer dans l'Eglise ; mais se tenir à la porte , & là attendre la sortie des Freres. Et parce que le renvoy fait en même temps la fin de l'Office, delà on a dit missa , ou missa au plurier , pour marquer la fin & la conclufion des Divins-Offices.Poft orationum miffam, dit encore Callien,unu - L. 11.c. 15. quisque ad fuam cellam redeat ; » qu'après la priere chacun se retire & s'en retourne chez soy. Sint miss& ou fiant miffa, dic S, Benoist, dans sa Regle ; c'est-à-dire , qu'on finisse, qu'on fasse le c.17. renvoy, qu'on donne le congé, qu'on sorte, qu'on se retire , qu'on s'en aille. Usque ad misas fuftineant , dit ce S. Legislateur, en un autre endroit ; » qu'ils attendent jusqu'au'renvoy,c'est-à- C.35* dire, jusqu'à la fin de l'Office, jusqu'après Sextes, jusqu'à ce que tout soit dit, comme porte la Verfion de Guy-Juvenal, Abbé de S. Sulpice de Bourges. Je sai bien que communément dans les Cloîtres on interprete autrement cet endroit , & qu’on traduit ils differeront jusqu'après la Messe. Mais le lecteur en jugera , & voici ce que c'est. S. Benoist parle des Semainiers de cuisine ou de table , à qui il permet dans les jours ouvriers de boire une fois & manger un morceau , précisé. ment avant l'heure du repas, ante unam horam refečtionis ( unam est là pour ipsam ), c'est-à-dire avant l'Office ou durant l'Office même qui précede immédiatement l'heure du repas;savoir Sex

tes , Nones ou Vêpres , selon qu'on mange ou a fexte(midi), ou à none(trois heures aprés midi), ou à vepres ( le soir ) : & cela afin que le service qu'ils vont rendre à leurs Freres, ne leur soit pas si penible. Mais pour les Fêtes & Dimanches, St. Benoist veut que ces Semainiers ayent ce respect avec toute l'Eglise , que d'attendre

pour manger, que tout soit achevé, que tout l'Office soit ditz, usque ad missas fuftineant , qu'ils attendent julqu'à la fin. Car en cela , comme en tout , ce saint. Legislateur ne fait que se conformer à l'usage de son temps, où il n'étoit pas permis aux Fideles de rien prendre ces jours-là, avant la fin du Service; ante pera&tum publicum Officium , dit le Capitulaire. de Theodulfe. En sorte qu'aux jours solennels, les Semainiers devoient déjeuner plus tard que les jours ouvriers ; qu'ils attendent ces jours-là,. dit S. Benoist , sustineant. Or si l'explication commune avoir lieu, il s'ensuivroit que contre l'esprit & l'intention précise de S.Benoist,ces Semainiers, loin d'attendre, aux termes de la Regle, dans les jours solennels, boiroient au contraire & mangeroient ces jours-là, près d'une heure plûcôt que les jours ouvriers ; puisque la Mesle, commencée les Fêtes & Dimanches à l'heure de Tierces, c'est à dire , à neuf heures du matin , finit au plutard vers les onze heures ; où par conséquent, suivant le systéme vulgaire, il seroit libre aux Semainiers de déjeuner : au lieu que, les jours ouvriers, comme selon laRegle on ne mange jamais plûtôt qu'à midi, ad fextam reficiant fratres ( sexte c’est midi ); aussi les Semainiers ne peuvent.ils prendre leur foulagement ces jours-là,plûtôt que vers les onze heures trois quarts.

7. Le renvoy des Catécumenes]Non que les Péni,

41.

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