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HUMAN. INSCRIP

E L O G E

DE M. L'ABBE'

F R A G U I E R.

publique

S. Martina

Laude-François FRA-
GUIER naquit à Paris le 1728.

vingt-huit d'Août 1666. Asemblée & fut le second fils de Florimond l'après la Fraguier Comte de Dennemarie, & d'Elisabeth Brisard sa feinme. Florimond Fraguier étoit Capitaine aux Gardes ; & c'est de son pere, Officier du même Régiment, & qu'on y appelloit simplement Dennemarie , que Sarrazin a fait Tome III.

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une mention honorable dans son Histoire du Siége de Dunkerque. Elisabeth Brisard étoit fille d'un Conseiller au Parlement, le huitiéme de son nom qui remplissoit la même Charge de pere en fils.

Claude-François Fraguier entra Pensionnaire au Collége des Jésuites dés l'âge de huit ans, & aux heureuses dispositions qu'il y apporta pour l'Etude , se joignit l'avantage d'avoir pour Régent le P. de la Baune, qui consommé dans cet exercice, le recommençoit avec une diftinction singuliére en faveur de feu M. le Duc.

Tout ce que la vûe d'un tel condisciple pouvoit inspirer d'émulation ; tout ce que l'habileté du Régent pouvoit communiquer de lumiéres & de goût, fut si avidement saisi par le jeune Fraguier , qu'ayant

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même qu'il fût en Rhétorique , ses compositions ordinaires, celles de Poësie fur-tout , brilloient déjà de ces traits marquez , qui fixent les regards des Maîtres

& annoncent ce que l'on doit être un jour. Outre le P. de la Baune, le College de Clermont rassembloit alors des hommes très capables d'en juger ; le P. Jouvency, le P. Rapin , le P. de la Ruë, le P. Commire : aucun d'eux ne douta du succès, & tous s'empressant d'y concourir , ce succès ne se borna pas à perfectionner le génie de leur Eléve ; fon cæur , qui n'avoit point encore de mouvement qui lui fût propre, reçut en même tems les impressions de leur piété, & il ne mit aucun intervalle entre la fin de ses Etudes & le commencement de fon Noviciat. Il y entra le dix-huitiéme d'Août

و

1683. n'ayant pas encore dix-sept ans accomplis.

Après avoir subi les épreuves accoutumées , & fait un nouveau cours de Philosophie ; il fut envoyé à Caën pour y enseigner les Humanités , suivant l'usage établi dans la Compagnie.

L'envie de remplir les devoirs de son état , n'empêche pas toujours d'en sentir les désagréments , elle aide seulement à les vaincre : mais son bonheur voulut , que pour les vaincre plus aisément encore , ou même

pour ne les point sentir du tout, il trouvât à Caën M. de Segrais & le célébre M. Huet, avec qui, malgré l'extrême diférence de l'âge, il entra d'abord dans un grand commerce de Littérature.

Ses Classes lui prenoient peu de gems au-delà de celui qu'il y passoit

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