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font les moins fûres, & les moins propres à fonder des Tables du mouvement d'une Planete, à cause de l'inégalité des refractions horisontales, qui changent irregulierement le lieu apparent de l'Aftre, & cet inconvenient eft d'autant plus grand, que l'Aftre eft plus rarement apperçû, parcequ'on a moins d'obfervations qui fe rectifient les unes les autres. Par cette raifon, il faut voir Mercure proche du Meridien, s'il eft poffible.

*

L'avantage qu'on tire des Lunetes à l'égard de Mercure n'eft pas qu'elles le groffiffent, au contraire elles le font voir plus petit qu'à la vûë fimple, ce qui a été expliqué en général dans l'Hift. de 1699*, mais elles donnent lieu *p. 72. de le voir malgré une clarté qui l'effaceroit, ainfi que nous avons dit dans l'Hift. de 1700*. M. de la Hire a ce- p. 116. pendant cherché long-temps Mercure dans le Meridien & 117. fans l'y pouvoir découvrir, peut-être faute d'avoir d'affés bonnes Tables de fon mouvement, car pour trouver dans un fi grand jour un auffi petit objet, il faut fçavoir affés précisément l'endroit où l'on doit le trouver, & y pointer la Lunete.

Le mouvement du Soleil étant de tous les mouvemens celeftes le plus exactement connu on a tâché de voir Mercure le plus prés du Soleil qu'il fût poffible, afin de connoître plus fûrement par le lieu du Soleil dans le Ciel celui de Mercure. On a fait des obfervations de cette Planete fous la Zone Torride, où les Crepufcules plus courts que ceux de nos Climats la laiffent voir plus prés du Soleil. Mais malheureusement ces obfervations n'ont pas été affés fûres.

Les plus avantageufes de toutes ont été celles de Mercure vu fur le difque même du Soleil, car quelquefois dans fa conjonction inferieure il passe devant cet Aftre, & en éclipfe une tres- petite partie, visible seulement à la Lunete. La premiere obfervation de cette efpece qui ait jamais été faite fut celle de Gaffendi en 1632, aprés quoi on en a fait encore cinq dans le Siécle paffé.

M. de la Hire ayant devant lui ces obfervations, &

celles qu'il avoit faites lui-même de Mercure le matin & le foir, en dreffa de fi bonnes Tables qu'enfin, avec leur fecours il trouva Mercure dans le Meridien pour la premiere fois le 22 Octobre 1699. Aprés cela il ne lui fut plus fort difficile de le revoir dans la même fituation.

Il publia en 1702 fes Tables pour toutes les Planetes & maintenant M. de la Hire le fils leur compare plufieurs obfervations de Mercure dans le Meridien. Il l'y a vû le 28 Juillet 1705 à 11h 31 du matin, & par confequent éloigné feulement du Soleil de 7 degrés à peu prés. En même temps if compare aux Tables de M. de la Hire ce que donnent les Tables de Kepler, eftimées de tous les Aftronomes avec tant de juftice. Il eft naturel que celles de M. de la Hire l'emportent, fondées comme elles font fur des obfervations.en plus grand nombre, & fur les obfervations fingulieres de Mercure vû dans le Soleil, que Kepler n'avoit pas; auffi voit-on le plus fouvent qu'elles s'éloignent beaucoup moins du Ciel, & elles s'en éloignent fi peu que ce fera une espece de merveille pour ceux qui connoiffent Mercure.

Il ne faut pas oublier ici que quelquefois Mrs de la Hire n'ont pu découvrir Mercure au Meridien, quoiqu'alors il fût plus éloigné du Soleil, & par confequent plus facile à découvrir, que dans d'autres temps où ils l'avoient vû, & cela, fans pouvoir foupçonner qu'il y eût de la faute desTables. Peut-être Mercure, auffi- bien que le cinquième Satellite de Saturne, qui devient invifible en certains *v: l'Hift. temps *, a-t-il une partie confiderable de fon globe plus de 1705-P. obfcure que le refte, c'eft à dire, moins propre à reflechir vers nous la lumiere du Soleil.

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SUR LES APPARENCES

DU CORPS DE LA LUNE.

en

V. les M.

Epuis les Telescopes, la Lune eft un objet tout nouveau pour nous. Voici quelles en font les principa- p. 107. les apparences.

les.

1o. Elle a une infinité de Montagnes plus hautes hautes que nôtres, à proportion de fon globe, prés de 60 fois plus petit que celui de la Terre. On voit l'ombre de ces Montagnes, & on la voit changer felon les differens afpects du Soleil.

2o. Elle a des cavités ou lacunes, pareilles à celles que laifferoient nos Mers fur la furface de la Terre, fi elles étoient anéanties, mais moins continuës, moins grandes, en beaucoup plus grand nombre, & plus profondes. Ce font comme une infinité de grandes foffes. Par confequent la furface de la Lune n'eft pas, ainsi que celle de la Terre, à peu prés égale & de niveau, aux Montagnes. prés, elle a de plus ces efpeces de foffes, qui y font creufées en mille & mille endroits

pour

3°. Il y a d'autres endroits qui fans être des cavités pa roiffent obfcurs, & ce font ceux-là que l'on pourroit pren-dre des Mers. Mais M. de la Hire remarque qu'à les examiner de plus prés ils ont auffi des cavités, ce qui ne peut guere convenir à un liquide. Il n'y aura donc point de Mers fur la Lune, & ces endroits obfcurs feront feulement de grands Païs dont la terre sera naturellement plus

noire.

4o. Ordinairement de grandes Montagnes bordent les

cavités.

5°. Des quadratures à l'oppofition, les apparences de la furface de la Lune changent à tel point qu'à peine fontelles reconnoiffables. Un grand nombre de Montagnes & de cavités qui se distinguoient aisément, ne fe diftinguent

plus du tout, ce qui vient, felon M. de la Hire, de ce que ces Montagnes étant éclairées de côté dans les quadratures, leurs éminences devenoient fenfibles à nos yeux, au teu qu'elles ne le font plus, quand elles font éclairées en face, de la même maniere à peu prés, que la faillie des figures d'un bas-relief placé à une distance mediocre est plus aifée à voir quand le jour y donne de côté. De plus, quantité d'endroits qui dans les quadratures ne font que de petites cavités noires, à peine fenfibles, deviennent dans l'oppofition tres-lumineux & tres-brillants, & il y en a tel qui l'eft tant qu'on a cru qu'il devoit jetter des flames comme le Mont-Etna. M. de la Hire explique affés naturellement ce Phenomene, en fuppofant que la figure interieure de ces cavités eft à peu près fpherique, & leur fuperficie blanche & fort raboteuse. Ces efpeces de grands Miroirs concaves ne peuvent nous renvoyer la lumiere du Soleil que quand ils en font vûs à plein, & ils la renvoyent de tous côtés, parceque leur furface eft raboteufe, & tresvivement, parcequ'elle eft blanche. En joignant ensemble le changement qui arrive à l'apparence de ces cavités, & la difference de beaucoup de cavités & de Montagnes qui s'efface en même temps, il eft aifé de voir combien la Lune doit être differente d'elle-même d'un temps à

l'autre.

Pour s'affurer de ces idées, M. de la Hire fit autrefois une representation en relief d'une petite partie de la Lune, telle qu'il l'imaginoit, & il vit qu'en differentes expofitions au Soleil, elle répondoit affés bien aux apparences qu'il vouloit expliquer.

6o. Depuis prés de 100 ans que l'on a les Telescopes, il ne doit pas être arrivé de grands changemens fur la surface de la Lune. Car M. de la Hire démontre qu'avec une Lunete de 25 pieds, un efpace qui ne feroit pas plus grand que Paris, y feroit fort fenfible, & par confequent s'il s'y étoit fait quelque grand changement, qui eût occupé feulement une pareille étendue, on l'auroit vû. Il n'en eft pas *V.cy.def- ainfi de Jupiter & de Mars*. Il convient affés à une Pla

fus p. 101.

nete qui n'a point de Mers, que fa furface foit exempte de grands changemens.

7°. Il lui convient auffi de n'avoir point d'Atmosphere, & en effet il ne paroît pas que la Lune en ait, du moins fenfiblement. D'habiles Obfervateurs ne s'apperçoivent point que les rayons d'une Etoile fixe, qui en fera tout proche, & qui touchera fon disque, fouffrent aucune refraction.

SUR UNE NOUVELLE ETOILE
QUI PAROIT ET DISPAROIT.

R

Ien ne feroit plus naturel que de croire exemptes de changement ces Regions immenfes, où les Etoiles fixes femblent fufpenduës. Depuis une longue fuite de Siécles, le fpectacle en est toujours le même, mais il ne l'est qu'à des yeux peu éclairés ou peu attentifs, & maintenant qu'on obferve le Ciel avec un plus grand foin, & de nouveaux fecours, on voit qu'il a fa part des changemens, qu'on croyoit n'être que fublunaires. Il difparoît des Etoiles qui ont été vûës par les Anciens, il en paroît de nouvelles, il y en a qui difparoiffent & reparoiffent, & quelques unes dans des periodes affés reglées.

Auroit-on penfé qu'il n'y a pas dans le Ciel beaucoup de Constellations, où depuis cent ans il ne foit arrivé quelque changement fenfible? M. Maraldi a remarqué, il y a déja quelque temps, que la Region où il en arrive le plus eft la Voye de lait, comme i dans cette fourmilliere de petites Etoiles il regnoit plus de mouvement & d'agitation.

Dans l'efpece de celles qui paroiffent & difparoiffent affes regulierement, tout le monde connoît l'Etoile de la Baleine, dont la révolution eft ordinairement de 11 mois, & celle du Cigne, dont la révolution eft de 13. M. Maraldi en a découvert dans l'Hidre une troifiéme, dont il a trouvé que la revolution étoit de 2 ans.

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