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étoient pas plus touchés que

Zambulo, qui en faisoit de grands éclats de rire avec Asmodée.

Hé bien ! dit ce Démon à l'Ecolier, êtes-vous content ? Non, répondit Don Cleofas. Pour me donner une entiere satisfaction, portez-moi sur les prisons. Que j'aie le plaisir d'y voir enfermer la misérable qui s'est jouée de mon amour. Je me sens pour elle plus de haine en ce moment, que je n'ai jamais eu de tendresse. Je le veux bien , lui repliqua

le Diable. Vous me trouverez toujours prêt à suivre vos volontés, quand elles feroient contraires aux miennes & à mes intérêts , pourvu que ce soit pour votre bien.

Ils volerent tous deux sur les prisons ; où bientôt arriverent les deux Spadaffins , qui furent logés dans un cachot noir. Pour Thomosa , on la mit sur la paille , avec trois ou quatre autres femmes de mauvaise vie qu'on avoit arrê. tées le même jour , & qui devoient être transférées le lendemain au lieu destiné pour ces fortes de créatures.

Je suis à présent satisfait , dit Zambulo. J'ai goûté une pleine vengeance. Ma mie Thomosa ne passera pas la nuit auffi agréablement qu'elle se l'étoit

promis.

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promis. Nous irons où il vous plaira continuer nos observations. Nous sommes ici dans un endroit propre à cela , répondit l'Esprit. Il y a dans ces prisons un grand nombre de coupables & d'ins nocens. C'est un séjour qui sert à commeņcer le châtiment des uns , &à purifier la vertu des autres. Il faut que je vous montre quelques prisonniers de ces deux especes, & que je vous dise pourquoi on les retient dans les fers. VVVVVV VVVVVV

CHAPITRE VI 1.

Des Prisonniers.

A fervez un peu

Vant que j'entre dans ce détail , ob

servez un peu les Guichetiers qui font à l'entrée de ces horribles lieux. Les Poëtes n'ont mis qu'un Cerbere à la porte de leurs Enfers : il y en a ici bien da. vantage, comme vous voyez. Ces Gui. chetiers sont des hommes qui ont perdu tout sentiment humain. Le plus méchant de mes Confreres pourroit à peine en remplacer un. Mais je m'apperçois, ajouta-t'il, que vous considérez avec horreur ces chambres où il n'y a pour tous

meubles faire

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meubles que ces grabats , ces cachots affreux vous paroissent autant de tom. beaux : vous êtes justement étonné de la mifere que vous y remarquez

& vous déplorez le sort des malheureux que la Justice y retient. Cependant ils ne sont pas tous également à plaindre. C'est ce que nous allons examiner.

Premierement, il y a dans cette grans de chambre à droite , quatre hommes couchés dans ces deux mauvais lits. L'un est un Cabaretier , accusé d'avoir empoisonné un Etranger qui creva l'autre jour dans sa taverne. On prétend que la qualité du vin a fait mourir le défunt; l'Hôte soutient que c'est la quantité : &

& il sera cru en Justice, car l'Etranger étoit Allemand. Eh ! qui a raison , du Cabaretier ou de ses accusateurs, dit Don Cleofas ? La chose est problématique, répondit le Diable. Il est bien vrai que le vin étoit frelaté ; mais, ma foi, le Seigneur Allemand en a tant bû, que les Juges peuvent en conscience remettre en liberté le Cabaretier.

Le second Prisonnier est un affallin 'de profession, un de ces scélérats qu'on appelle Valientes, & qui, pour quatre ou cinq pistoles , prêtent obligeamment leur ministere à tous ceux qui veulent

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