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CHAP.

I.

par

02

3. Prenez garde, difoit faint Paul aux » Coloffiens, que perfonne ne vous enleve " & ne vous raviffe votre foi par la philofophie & des raifonemens vatns & trompeurs, felon les traditions des hommes, felon les principes d'une fcience mondaine, & non felon JESUS-CHRIST : Videte ne quis vos feducat (depradetur • ouλayaya) per philofophiam & inanem fallaciam. Prenez garde qu'en vous promettant l'évidence, on ne vous enlevela foi, & qu'on ne vous trompe, en vous faifant efpérer la vérité. On vous parlera un langage humain, naturel, conforme à vos pensées défiez-vous-en pour cela feul. La vraie fageffe ne reffemble point à la fageffe humaine: Secundùm traditionem hominum, fecundùm elementa mundi, non fecundùm Chriftum. N'écoutez rien après JESUSCHRIST. Regardez tout autre maître nonfeulement comme fufpect; mais comme con-vaincu de séduction & d'erreur. Que fon Evangile vous tienne lieu de tout. Que fa Croix foit pour vous & l'abregé, & l'interprétation, & la preuve de fon Evangile. Confiderez-le dans ce myftere, après l'avoir écouté dans fes inftructions ; & que ce myftere vous rappelle par fa feule vûë tout ce que fes inftructions vous ont appris. Nobis curiofitate opus non eft poft Chriftum Jefum nec inquifitione poft Evangelium.

Colof. 2.8.

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CHAPITRE II.

JESUS crucifié eft notre exemple & notre modéle.

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§. 1. JESUS CHRIST, pour nous mieux inftruire a joint fes exemples

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à fes difcours.

I.

IL n'a pas été poffible de montrer JESUS crucifié comme un maître à qui facroix fert de chaire pour enfeigner tous les hommes, & pour leur aprendre à difcerner les vrais biens & les vrais maux, de ceux qui n'en ont que l'apparence, & les moyens qui conduiffent au bonheur, des obftacles qui en éloignent: il n'a pas, dis-je, été poflible de le montrer en qualité de maître qui enfeigne les hommes, fans le montrer aufli au moins indirectement, comme leur nodéle. Mais ces deux qualités que JESUSCHRIST a unies dans fa perfonne auroient pû être séparées. Il auroit pû être notre légiflateur, fans devenir notre exemple. II auroit pû nous découvrir le fentier étroit de la Croix, fans y marcher le premier. Il auroit pû nous convaincre de la néceffité de retourner au ciel par un chemin contraire à celui qui nous à perdus, fans vouloir entrer lui-même dans la gloire qui lui étoit dûe, par des fouffrances qui n'étoient dûës qu'aux pécheurs.

2. Confiderons-le donc fous ce nouveau rapport d'exemple & de modéle, & croyons que c'eft à nous, autfi-bien qu'à Moyfe, que

y

CHAP. II. Dieu commande de confidérer avec attention & d'imiter avec foin le modéle qui nous eft montré fur la montagne: Infpice, &fac fecundùm exemplar quod tibi in monte monftratum eft. Ces paroles en effet ont un rapport effentiel à JESUS-CHRIST Comme Pontife des biens futurs, & comme hostie de la nouvelle alliance, dont le Tabernacle & toutes les proportions étoient la figure ainfi que nous l'enfeigne faint l'aul, qui emploie pour le proùver, les paroles mêmes. que Dieu a dites à Moyfe. C'étoit JESUSCHRIST qui étoit le grand & fublime original que Moyfe copioit avec les fombres couleurs de la loi. Ĉ'étoit l'exercice de fon facerdoce que le miniftere d'Aaron repréfentoit. C'étoit fon facrifice que toutes les hofties avec leurs cérémonies différentes exprimoient. C'étoit le Calvaire qui étoit la montagne où la vérité étoit placée, comine la lumiere qui éclairoit tous les nuages qui en reçoivent la réflexion. Et c'étoit fur ce qui fe devoit accomplir fur cette montagne, que Moyfe avoit ordre de fixer fes regards pour ne rien faire dans la ftructure du Ta bernacle, & dans tout ce qui en concernoit le miniftere, qui n'y cût un rapport effentiel.

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40.

Exod. 25.

Feb. 8. 5.

*

Il y a dans

·

le grec: αντι 3. Mais fi ces paroles, Infpice, & fac fe-
τῆς προκει
cundùm exemplar quod tibi in monte mons-
Mivus aura tratum eft, laiffent dans l'efprit quelque obf
χαρᾶς : pro curité: celles de faint Paul qui leur fert
convenienti d'interprete, font bien claires & bien pré-
ipfi gaudio. 11, cifes. Jettons les yeux, dit-il, fur JESUS,
manque dans
l'auteur & le confommateur de la foi,
la Vulgare la
qui au lieu du bonheur qui lui conve-
particule.pro:
pro propofito noit & qui lui étoit dû, à fouffert la
fibi gandie. » Croix en méprifant la honte & l'oppro-

*

در

رد

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bre. Ce n'eft point un exemple étran- CHAP.It. ger, & qu'il vous foit libre d'imiter, ou de ne pas fuivre, que je vous propose, dit faint Paul. C'eft l'auteur même de notre Religion & de notre foi que j'expose à vos yeux. C'est lui qui a commencé & qui a fini l'ouvrage de notre falut. Il pouvoit être heureux s'il l'avoit voulu. La gloire lui étoit dûë dès le premier moment de fon incarnation, s'il lui avoit plû de l'accepter. Mais il lui a préféré la Croix pour l'amour de nous, & il en a méprisé la honte & l'ignominie, pour nous délivrer d'un opprobre éternel. Voiez & jugez. Pouvez-vous ceffer un moment de confidérer un tel exemple? Pouvez-vous le regarder fans fruit ? Ne deviendroit-il pas votre condamnation, fi la crainte d'être obligés à l'imiter, vous portoit à l'oublier: ou fi vous n'en conferviez qu'un ftérile fouvenir? Afpicientes in Heb. 11. auctorem fidei consommatorem Jefum, qui propofito fibi gaudio fuftinuit crucem, confufione contemptâ:

20. 21.

4. Le deffein de JESUS-CHRIST en confentant à mourir fur fa Croix, a été d'être notre modéle. Nous fommes appellés pour le fuivre. Notre gloire confifte à lui reffembler, & c'est par fa grace que cette reffemblance nous eft accordée. Toutes ces vérités, qui font effentielles à la Religion, font clairement enfeignées par faint Pierre dans rouro xapes τουτο χάρις ce peu de paroles: Si benefacientes, patien- wapa bea. ter fuftinetis: hac eft gratia apud Deum: In On peut tra hoc enim vocati eftis: quia & Chriftus paffus duire, Cela eft pro nobis, vobis relinquens exemplum ut eft agreable à fequamini veftigia ejus. L'application que c'eft un don nous fait l'Apôtre du grand exemple que une grace nous a donné JESUS-CHRIST, ne peut être de Dieu.

Dien. Ou:

1. Pet. 2

CHAP. II. plus manifefte, ni plus précife. Nous mars chons par état, par un devoir indifpenfa ble, par le titre de notre vocation, fur les traces de JESUS-CHRIST. Il a marqué notre route par la fienne. Ses pieds imprimés fur le fentier y ont laiffé des veftiges qui nous montrent la voie. On pourroit expliquer fes paroles, trouver quelque obfcurité dans fes leçons, imaginer quelque exception dans des loix générales, réduire l'exacte obfervation de fes commandemens à un certain genre de perfonnes plus obligées à la perfection. Mais les pas qui font marqués fur le chemin, ne peuvent être couverts. Le chemin qu'ils montrent eft unique. L'obligation de le fuivre, fi l'on ne veut s'égarer, eft fans exception. Elle est attachée inséparablement à la vocation au chriftianifme; & c'est un grand bonheur, une grande grace, une fignalée miséricorde, quand on y eft fidéle. In hoc vocati eftis... bac eft gratia apud Deum.

5. Adam & JESUS-CHRIST font deux chefs. Tous deux font peres : tous deux font imités par leur famille: tous deux communiquent leur image & leur reffemblance à leurs enfans. Nous avons tous porté l'image honteufe du premier homme: nous avons tous été rebéles, ingrats, charnels & terreftres comme lui. Scrions-nous assez injuftes pour refufer de porter l'image du fecond Adam, de l'homme fpirituel & célefte qui nous a délivrés de l'opprobre de notre premiere naiffance? Aurions-nous honte de lui reffembler ? Regarderions-nous fon obéissance, comme une fervitude; fon humilité, comme une baffeffe; fa patience, comme un effet de fon impuissance; fa croix

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