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Meffen.c.XXXIII.

que veut dire Cicéron quand il demande à fon ami, nonfeulement des Mercures en général, mais encore des Mercures - Hercules, il faut fçavoir que les Athéniens Pauf. Voyage de furent les premiers qui donnérent aux gaînes des ftatues une forme quarrée; & comme ils commencérent par celles de Mercure, on continua de donner le nom d'Hermes aux statues terminées en gaînes. Ainfi le Mercure-Hercule dont parle Cicéron n'étoit qu'un Hercule en gaîne. Je n'ai rapporté ce paffage de Paufanias que pour expliquer le fens de celui de Cicéron; car je fuis bien éloigné de croire, comme on a pû le voir jufqu'ici, que les Athéniens aient été les inventeurs de ces gaînes, qu'ils avoient certainement empruntées des Egyptiens. On remarquera encore que Paufanias nous apprend que les Grecs faifoient fouvent des figures de bronze ou de marbre dont la tête fe détachoit du corps, quoique l'une & l'autre fuffent de même matiére : & nous voyons qu'à Rome au lieu de brifer les ftatues des Empereurs qui méritoient cette espéce de punition, on fe contentoit d'ôter leurs têtes, & de mettre fur les anciens corps celles des nouveaux Empereurs. Cette conduite nous donne une raifon de la quantité de buftes qui nous font parvenus.

No. III.

CET autre fragment eft celui d'un camée, exécuté fur une agathe dont le fond eft clair, tranfparent, & prenant bien la feuille. L'ouvrage est affez confervé pour faire regretter ce qui y manque, & en même temps affez détruit pour difpenfer d'en donner l'explication. Il paroît cependant que la figure eft Vénus Marine ou Vénus fortant de l'eau. On voit clairement qu'elle avoit devant elle un autel & une colomne, qui fans doute étoient ornés d'attributs qui, s'ils fubfiftoient, ferviroient à déterminer plus fûrement le fujet dont la figure eft correcte & bien travaillée.

Pline, liv.xxxv. c.II. Suet. liv. Iv.

c. XXII. Lamprid. in Commod. p. 52,

N. IV.

CE fragment d'agathe-onyx préfente fur un fond noir un relief dont la couche blanche a jauni, & a été altérée par le feu auquel cette pierre s'eft trouvée fans doute expofée. Le fujet n'a jamais été compofé que d'un gryphon. Ses jambes font enlacées par un ferpent dont il est attaqué. J'ai peu vû de camées d'un auffi beau travail, ni d'un meilleur goût. On lit au bas MIAIOY en caractères trèsfins & gravés en creux. Je craindrois que le nom de ce Graveur ne fût pas entier; cependant la disposition de l'efpace où les lettres fe trouvent placées me perfuade qu'il ne peut manquer au plus que la premiére lettre du nom. De quelque façon qu'on regarde ce nom, paroît que le Graveur Grec n'eft pas encore connu. C'est ce qui m'a engagé à l'envoyer à M. Stoch avec le deffsein. Je ferai charmé de contribuer à la feconde partie qu'il va nous donner de fon Recueil, & d'augmenter le nombre des pierres où l'on trouve les noms des Artistes; mais je ferai plus fatisfait encore d'avoir le fentiment d'un fi grand connoiffeur. L'allégorie du gryphon & du ferpent que cette pierre nous préfente me paroît fi difficile à expliquer, que je ne puis me réfoudre à l'entreprendre.

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PLANCHE LIV.

LES quatre morceaux représentés fur cette Planche ont également rapport à la Comédie Grecque & à la Romaine. C'eft pourquoi je n'ai pas pû les féparer, ni les mettre dans des claffes différentes. On va juger des raisons qui m'ont engagé à prendre ce parti.

svers

N.I

N°. I.

CE beau camée dont la matiére eft une agathe-onyx de trois couleurs, ne laisse rien à defirer fur fa confervation. Nous y voyons un Ordonnateur des fpectacles, ou plûtôt un Auteur donnant le ton d'une fcéne difficile, avant de commencer la piéce, à deux Acteurs dont les mafques relevés laiffent voir les vifages à découvert. Le lieu de la scéne est placé entre deux gaînes, fur lesquelles le culte & les attributs de l'ancienne Comédie font pofés. On y voit auffi l'autel qui fe trouvoit prefque toûjours placé fur le théâtre, les fpectacles, felon tous les Auteurs, étant confacrés à quelque Divinité, & faisant partie des fêtes Religieufes. Le travail de ce beau morceau doit être fans contredit attribué aux Grecs; cependant je ne doute pas que la fcéne ne foit Romaine, & qu'un Artiste Grec n'ait fait cet ouvrage à Rome, où le morceau a été trouvé en 1732. dans les fondemens d'une maison qu'on démolifsoit, & qui étoit fituée près de l'endroit où étoit autrefois le temple d'Efculape. De plus, ce qui m'engage à parler avec tant de certitude, c'eft que les figures ont les attributs de la Comédie furnommée togata, qui n'a jamais été en usage dans la Gréce. Je puis dire encore qu'aucun des morceaux que l'on a donnés jusqu'ici auPublic en ce genre, ne préfente un pareil inftant; & ce camée devroit être ajoûté à tout ce que Ficoroni nous a rapporté de différens fujets de fcéne dans le Traité qui a pour titre : Maschere Sceniche.

N°. II.

Voici encore un camée fur une agathe de deux cou◄ leurs. On ne peut l'attribuer qu'à la fcéne Grecque, & qu'à un Artiste du même pays. Il représente le masque d'une Actrice jeune & agréable avec les grandes boucles de cheveux pendantes fur le cou, pour cacher fans doute

la liaison du mafque avec les épaules. Ce petit morceau n'a de recommandable que la beauté de fon travail, la finesse de l'outil, & fa confervation. Il ne fe trouve pas dans les mafques que Ficoroni a publiés. Les morceaux de fon Recueil qui en approchent le plus fe voient aux Plan

ches IV. & xxx.

No. III.

CETTE Cornaline gravée en creux eft de la plus belle & de la plus riche couleur. Elle représente un Comédien en pied & en fcéne. Je crois que le travail en eft Romain; cependant la tête fur laquelle on diftingue parfaitement le mafque, eft du plus beau travail; elle paroît animée & pleine d'efprit, ainsi que d'expression. La difformité même n'en eft pas trop grande; ce qui prouve que les Romains ne chargeoient pas toûjours les mafques de leurs vieillards de Comédie avec autant d'excès que la vûe de plufieurs monumens pourroit nous le perfuader. La robe de cet Acteur ne permet pas de douter qu'il ne foit Romain, & le Graveur l'étoit auffi, à en juger par le travail du reste de la figure, qui n'eft pas beau, & dont le deffein est aussi lourd que cette même figure eft courte.

N. IV.

CE mafque de terre cuite n'a que vingt lignes de hauteur. Il est fans aucun accompagnement par conféquent il feroit difficile de le donner affirmativement à un pays plûtôt qu'à un autre. Tout ce que je puis en dire, c'eft qu'il eft d'un très-bon goût de deffein, & touché de feu. J'ai vû bien peu d'antiques en ce genre, & je ne crois pas que les Auteurs modernes en aient rapporté de cette matière. Il eft à préfumer que ces fortes de petits mafques fe plaçoient fur le vifage des Dieux Lares pendant les Saturnales, ou d'autres fêtes semblables. Celui-ci peut donc avoir fervi au Dieu domeftique du Comédien même qui le portoit au théâtre, & qu'il avoit fait réduire en petit pour cet ufage:

peut-être auffi avoit-il choifi une figure de fantaisie, ou plûtôt un mafque qui lui rappelloit des idées comiques & agréables. Ce qu'il y a de certain, c'eft que l'on voit encore au haut du front le trou qui fervoit à l'attacher vraisemblablement à la figure dont il couvroit quelquefois le visage. Ces monumens m'ont conduit à faire les réflexions fuivantes fur les mafques des Anciens.

Les Egyptiens ne paroiffent pas avoir connu les mafques, quoique les fêtes qu'ils célébroient fur le Nil pendant fon inondation eussent dû naturellement en introduire l'usage parmi eux. Ces temps de joie destinés à goûter les douceurs d'un repos qu'aucune inquiétude ne troubloit, auroient pû favoriser des déguisemens de cette nature, qui néanmoins n'eurent aucun attrait pour un peuple attaché à ses anciennes pratiques, & qui ne fe délaffoit de fon travail que par des cérémonies de Religion. Aufsi juge-t-on par le filence des Auteurs, que les Egyptiens ne connurent pas les théâtres, ni rien de ce qui en dépend, & qu'en empruntant des Grecs & des Romains une foule d'ufages, ils ne les imitérent point dans les jeux & dans les fpectacles pour lesquels ces deux Nations témoignérent toûjours le plus vif attachement. L'usage des masques n'étoit pas fort ancien parmi les Grecs. Thelpis qui vivoit vers l'an 535 avant Jefus-Chrift, voulant déguiser les perfonnages qui jouoient dans fes piéces, fut obligé de leur barbouiller le visage avec de la lie. Efchyle qui pouvoit avoir vû Thefpis, inventa les mafques, fi nous en croyons Horace; a mais Ariftote b qui vivoit environ un fiécle après Efchyle, & qui étoit parfaitement inftruit de l'histoire du théâtre, loin de lui faire honneur de cette invention, dit pofitivement que de fon temps on ne fçavoit à qui l'attribuer. Je conclus de cette incertitude que l'ufage des masques s'étoit introduit insensiblement parmi les Grecs, que ceux-ci l'avoient reçû d'une main étrangère, &, fuivant toutes les apparences, des Etrufques. Ces deux peuples féparés feulement par un

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