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988.

bras de mer qu'ils traversoient chacun de leur côté, avoient plusieurs usages qui leur étoient communs, & qu'ils avoient pris les uns des autres. Leur commerce réciproque eft incontestable, & je vais l'établir fur deux exemples fi frappans , qu'ils

me dispenseront d'en rapporter un plus Athenee, l.iv. grand nombre. Plusieurs a Auteurs attribuent l'invention p.184.Clem.Alex

. de la trompette aux Etrusques. Euripide b & Sophocle 192 Prap

. parlent
en plus d'un endroit de la trompette

Tyrrhénienne; 1. Phænis.v.1386. & les Commentateurs de ces deux Poëtes disent que ce Heracl. 830. Rhes.

fut un Etrusque nommé Arichondas, qui s'étant joint aux * Ajax flagelov.17. Héraclides , introduisit cet instrument dans les armées des

Grecs. Si ce dernier fait est vrai, le commerce des Etrufques avec les Grecs doit remonter à des siécles bien

seculés. On le peut prouver encore par l'histoire de DemaDen. d'Hal. Ant. ratus , pere de Tarquin l'ancien. Ce Grec étant parti de Rom. 1. 111. 46. Corinthe, aborda en Italie sur un vaisseau qu'il avoit ling.. 35. C. 3o chargé de différentes marchandises. L'heureux succès de

son voyage lui fit naître l'idée d'entreprendre le commerce de l'Etrurie. Il le fit pendant plusieurs années, & y gagna des richesses immenses. Les troubles qui s'élevérent à Corinthe , & la tyrannie de Cypelus, l'ayant ensuite obligé de quitter fon pays, il vint s'établir en Etrurie avec plusieurs Grecs qui le suivirent. Ce fait s'eft paffé environ un siécle ayant que les Grecs commençassent à se fervir de masques dans leurs spectacles , & semble autoriser l'opinion où je suis que cet usage fut chez eux une suite de leur commerce avec les Etrusques. On m'opposera peutêtre que les Auteurs Grecs , & Ariftote en particulier , auroient dû connoître cette origine; mais les Grecs négligérent bien souvent de remonter à la source des connoifsances qu'ils avoient perfectionnées, & ne reconnoissoient devoir quelque chose à des étrangers , que lorsque l'évidence leur arrachoit cet ayeu. Leur silence sur les Etruf

ques me semble infiniment suspect. Les Romains étoient Liv. vlt. bien plus sincères. Tite-Live convient qu'ils reçûrent des

Etrusques les jeux scéniques, & nous sçavons d'ailleurs qu'ils avoient des Comédies Atellanes , ainsi nommées d'Atella

, ville d'Etrurie. Si quelques Auteurs ont avancé que les Romains avoient emprunté des Grecs les masques & tout ce qui regarde les spectacles, je répondrai qu'ils fe sont livrés à une prévention trop favorable aux Grecs, & qu'ils auroient été plus exacts, s'ils avoient dit que les Romains ne devoient à ces derniers que les finesses, l'élégance & la perfection de la scéne; mais qu'ils en ayoient reçû les premiéres idées des Etrufques leurs voisins. C'est tout ce qu'il nous est permis d'entrevoir, après la perte que nous avons faite des Historiens de cette Nation ; & la seule chose que l'on puisse ayancer avec quelque probabilité, c'est que les mafques ont passé de l'Etrurie à Rome, & dans la Gréce même. Il seroit à desirer que ce point de critique fût traité par des Sçavans du premier ordre : trop heureux si mes foibles conjectures pouvoient les engager à l'approfondir. PL ANCHE LV.

No. I. Ce morceau de peinture à fresque est recommandable par son antiquité, & par le lieu d'où il yient. Il a été trouvé dans cette ville infortunée d'Herculanum, que le Vésuve engloutit au temps de Pline. On est assez instruit de ces faits , pour trouver bon que

je n'en dise pas davantage. Une fouille aussi considérable que celle d'une ville entiére dont on n'a presque rien emporté dans l'instant de son malheur, a été & est encore tous les jours un trésor d'antiques que les Curieux ne cessent d'admirer. Il faut espérer qu'après une fi longue attente, nous serons inftruits de toutes ces découvertes , qui doivent répandre un si grand jour sur l'antiquité ; & je sacrifierois volontiers au plaisir d'être plus au fait de ces détails , le petit mérite que donne à cette peinture la difficulté que l'on a à tirer de

Naples de pareils monumens. On ne s'y contente pas d'ôter aux étrangers tous les moyens d'acquisition, on leur interdit encore toutes les études & toutes les copies : en sorte que les Sçavans & les Dessinateurs sont à cet égard renfermés dans une seule ville.

Plusieurs Artistes Pensionnaires de l'Académie de France à Rome, & que la curiosité a conduit à Portici , m'ont affûré que de tous les morceaux de fresque que l'on y a découvert, celui-ci n'étoit ni des plus foibles, ni des plus beaux pour le dessein & la couleur. C'est le fragment d'une plus longue frise, dont la hauteur est d'un pied six lignes, & la largeur de huit pouces onze lignes. On remarque dans ce qui en reste plus de liberté d'outil & de pratique, que

de science & de correction. Les détails, & sur-tout les extrémités , y sont fort négligés. Cet ouvrage, en un mot, m'a rappellé tout ce que je connoislois des peintures Romaines ou trouvées à Rome; cependant il est inférieur pour le dessein à la noce Aldobrandine, qui par cette partie autant que par la composition , tiendra long-temps le premier rang dans ce qui nous est resté de peintures antiques.

La couleur qui sert de fond à la peinture que je rapporte, est presque noire ; & les remarques que j'ai faites sur l'emploi que les Anciens ont fait des couleurs, m'ont persuadé qu'ils n'aimoient pas les couleurs claires , principalement dans les décorations de leurs maisons. J'ai vû une trèsgrande quantité de débris de murailles tirés d'Herculanum, dont les enduits ont été peints d'arabesques & d'ornemens très-grossiers. Presque toutes les couleurs en étoient crûes & entiéres ; mais le plus grand nombre des fonds étoit d'une dureté extraordinaire : car le rouge foncé contrastoit tout simplement avec le noir ; & ceux qui ont visité les soûterrains, assúrent que l'extérieur des maisons de cette ville étoit peint généralement de gros jaune , de noir ou de rouge-brun. Les vases Etrusques sont encore une preuve plus constante & plus étendue du goût que les Anciens

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peu d'alte

avoient pour les couleurs fortes. Il falloit donc qu'ils eussent
tous , & principalement les habitans d'Herculanum, la
vûe plus délicate que nous ; car, outre une autre preuve
que j'en donnerai dans la suite, la réverbération du Soleil
sur les couleurs blanches ou qui participent du blanc eft
assûrément plus sensible. Mais sans tirer des raisons de la
mode & de l'usage, dont on ne rendra jamais un compte
exact , leur goût pour ces couleurs étoit peut-être fondé
seulement sur leur plus longue durée, & sur le
ration qu'elles éprouvoient.

Comme les deux figures de ce numéro ne font point le sujet dominant de la frise, & ne paroissent que des accefsoires placés sans doute à une des extrémités de la composition, il n'est pas nécessaire d'en donner la description, & ce qu'on vient de lire renferme tout ce que j'en (çai.

N'. II. Ce vase est Etrusque, du même travail que ceux qui sont rapportés plus haut. Il n'est réveillé par aucune couleur blanche, & je ne l'ai joint à cette peinture, que par la raison qu'il a été constainment trouvé dans les ruines de la même ville. Il me donne deux preuves de ce que j'ai dit sur le commerce des Etrusques & le travail de leurs manufactures qui fournissoient, selon moi, dans ce temps, sinon tout le monde connu, du moins une grande partie des Côtes de la Méditerranée. En effet, on ne peut douter que ce vase n'ait été porté à Herculanum avec une trèsgrande quantité de vases pareils que l'on y a découverts. De plus, il paroît avoir été fait pour la ville d'Athènes, ou pour quelque Athénien. La chouette

que

l'on des deux côtés entre deux branches d'olivier , semble le prouver, cet animal n'étant pas assez agréable par sa forme, ni

par les idées qu'il rappelle, pour être représenté sans objet, & les branches d'olivier confirment ce que j'ai avancé. Ce monument très-bien conseryé n'est

pas

d'une

y voit

forme des plus heureuses. Il a trois pouces deux lignes de hauteur , lix pouces de largeur de l'extrémité d'une anse à l'autre; & quoiqu'il n'y ait pas d'apparence qu'il ait servi à aucune mesure publique, je ne laisserai pas d'ajoûter qu'il contient une chopine de liqueur. PLANCHE LV I.

N. I. Ce fragment de peinture antique que M. Soufflot, habile Architecte, m'a rapporté d'Herculanum, & qu'il a pris dans la fouille en visitant ces ruines soûterraines avec M. de Vandiere qu'il accompagnoit en Italie , ce fragment, dis-je , faisoit partie d'une frise représentant des Amours à la chasse. Les restes de la peinture ancienne font à un tel point recherchés par les Antiquaires , que j'ai fait graver ce morceau, quoiqu'il ne soit pas d'une parfaite conservation : parce qu'en l'examinant avec attention, il sera aisé d'y remarquer l'esprit , la légéreté de la touche , & la facilité de l’Artiste qui l'a exécuté; toutes choses qui ne se trouvent pas

ordinairement dans les monumens de ce genre. On doit encore dans celui-ci admirer le tour agréable de cette petite figure, dont l'attitude exprime bien la course & l'action. La couleur en étoit d'autant plus brillante, qu'elle etoit placée sur un fond noir. La hauteur de la figure est de quatre pouces & demi.

No. II. Muf. Florent.

On voit sur plusieurs pierres gravées une Bacchante les Traité des pierres cheveux épars , un genou fur un autel , le corps dans une gravées, t.2.pl.41. attitude violente, & élevant une petite statue de Minerve,

ou de quelqu'autre Divinité : ce sujet facilite l'explication Lom. 3. pl. 56.

de la pierre gravée sous ce No. C'est un Bacchant caracté-
risé
par
la
peau

de chevreuil entrelacée dans son bras gauche , implorant le secours de son Dieu tutélaire qui paroît être l'Amour, contre les poursuites d'un soldat, qui

plein

Matr. Gem. Anti.

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