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CH. VI. Car il n'y a point de force ni de fa §. I. geffe, ni de prudence, ni de confeil Pf. 32. contre le Seigneur (c). Il diffipe les 10, 11. artifices & tous les efforts de la

13.

nation des ténébres, il rend vai

nes les pensées des princes des enfers le confeil du Seigneur demeure éternellement, Heureux donc le peuple, qui a le Seigneur pour lui.

VI. Si nous étions fages & forts par nous-mêmes, nous ferions bien-tôt féduits & affoiblis, parce que notre lumiere & notre force feroient néceffairement bornées. Mais Jefus-Chrift nous a été donné de Dieu pour être notre fageffe, notre force, & nous être toutes chofes. Sa fageffe & fa force font infinies & fans bornes; il a une lumiere qui ne peut être furprife, une force qui ne peut être vaincue, une bonté qui ne peut fe démentir; attachons-nous à lui par l'efpérance, & il nous élevera au-deffus de tous les artifices, de toute la force & de toute la ma

(c) Non eft fapientia, non eft prudentia, aon eft confilium contra Dominum. Prov.

lice de l'enfer ; au-deffus de toutes CH.VI les erreurs & tous les attraits de S. I. ce monde corrompu, & au-dessus de nos propres ténébres, de toutes nos foibleffes & de toute la corruption de notre cœur ; car fi le Seigneur est pour nous, qui fera contre nous (d)? Si le tout-puiffant combat pour nous, qui pourroit nous vaincre ? Le Seigneur eft ma lumiere

mon falut, qui eft-ce que je craindrai? Le Seigneur eft le defenfeur de mon ame 5 de ma vie, qui pourra me faire trembler? Quand des armées feroient campées contre moi mon cœur ne fera point effrayé (e). Jefus Chrift qui combat en nous, avec nous & pour nous, eft plus fort que le démon, que le monde & que nousmêmes. C'eft notre confolation c'eft notre force, comme il a été celle des plus forts & des plus foibles. Mes petits enfans, vous avez vaincu, parce que celui qui eft en

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(d) Si Deus pro nobis, quis contra nos? Rom. 8, 31

(e) Dominus illuminatio mea & falus mea, quem timebo? Dominus protector vitæ meæ, à quo trepidabo? .... Si confiftant adverfum me caftra, non timebit cor meum. Pf. 16, 1, 2, 5,

CH. VI. vous eft plus grand que celui qui eft §. II. dans le monde (f). Celui qui fe confie pleinement en lui, vaincra; & il eft impoffible qu'il periffe tant qu'il fera dans cette difpofition, puisquil eft impoffible que Dieu manque d'accomplir les promeffes qu'il a fi fouvent & fi folemnellement faites à tous ceux qui espereront en lui jufqu'à la fin.

S. II.

L'Efperance des juftes les plus par faits a les mêmes fondemens que ceux qu'on a établis jusqu'ici.

I.

Uand on veut exciter les

Qfoibles & les imparfaits à

une vive & forte efpérance par l'exemple de tant de faints, ils oppofent d'abord à tout ce qu'on leur en dit, que c'étoient des Saints & non des miferables comme eux, qui font fi éloignés d'aprocher de leur vertu.

II. Il faut avouer qu'il y a une grande distance entre notre ver(f) Vos ex Deo eftis, filioli, & viciftis eum, quoniam major eft qui in vobis eft, quàm qui in mundo. 1. Joan, 4: 4.

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tu & celle des Saints, & fi nous Cн. VI. ne le reconnoiffions pas devant Dieu, la vérité & la juftice s'éleveroient contre nous & nous condamneroient. Il faut encore avouer que l'efpérance de ces grands juftes étoit beaucoup plus vive, plus forte & plus agiffante. Mais leur espérance, comme toutes leurs autres vertus, n'a point été d'abord parfaite, elle a eu fes differens progrès; elle a été foible avant que d'être forte. Ils ont commencé le grand ouvrage de leur fanctification par une efpérance plus foible, ils l'ont avancé à mesure que leur espérance s'eft fortifiée, & ils l'ont achevé dans le même degré de perfection, auquel étoit arrivée leur efpérance. Par une espérance encore foible, ils ont obtenu les plus foibles graces; par une efpérance plus forte, ils en ont obtenu de plus fortes; & par une efpérance plus parfaite ils ont obtenu les plus parfaites. Car Dieu donne fes graces à proportion de l'efpérance qu'on a en lui, fuivant ces paroles du Prophète: Que voire mifericorde, Sei

Cu. VI, gneur, fe repande far nous, felon l'ef . II. pérance que nous avons eue en vous (g). III. Mais ce feroit une erreur manifefte de penfer que leur efpérance, foit dans les commencemens, foit dans les progrès, soit dans la confommation de leur fainteté, n'ait pas eu les mêmes fondemens que la nôtre. Tout efpérance chrétienne fuppofe néçeffairement un aveu fincere de la foibleffe, de la corruption & de l'indignité de l'homme, & ne peut avoir d'autres fondemens que le commandement que Dieu nous a fait d'attendre le falur & tous les moyens du falut, de fa puiffance de fa miféricorde & des mérites de Jesus-Chrift: l'efpérance qui feroit établie fur d'autres fondemens, ne feroit qu'une véritable préfomption. Les Saints ont été plus ou moins grands, à proportion qu'ils ont plus parfaitement connu l'étendue de la mifere, de la corruption & de l'indignité qui fe trouve dans tous les

(g) Fiat mifericordia tua, Domine, fuper nos, quemadmodum fperavimus in te. Pf.

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