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Rec. de Pierr.

plein de respect pour cette Divinité, recule & tourne ses pas

d'un autre côté. M. de Gravelle qui a déja publié une pierre où l'on voit, à quelques différences près, le même gray, Ant. 2.parte

pl sujet , veut qu'il représente Ajax & Cassandre ; mais cette explication n'est pas assez bien fondée pour que je l'adopte. Mon sentiment n'est pas éloigné de celui de M. Gori sur un sujet presque pareil, rapporté dans le Museum Etrufcum.

No. III. Ce fragment de bronze qui peut avoir servi de pommeau d'épée, ou bien à quelqu'autre parure militaire, est d'un travail plus grand & plus précis que terminé ; mais il a un si grand caractère, & il est touché si jufte, que je ne balance point à le placer avec les autres morceaux Grecs, & que je suis persuadé que, malgré la rareté actuelle des bronzes dans la Gréce, celui-ci est l'ouvrage d'un homme de cette nation, en quelque lieu qu'il ait été fabriqué & trouvé. Cette tête de tigre, de léopard ou de lionne, est un symbole de valeur , & qui tout naturellement paroisfoit fait pour entrer dans les ornemens d'une armure. J'en ai vû plusieurs disposés de la même façon, c'est-à-dire , avec la gueule ouverte, comme on la voit ici , & comme elle est encore dans ce Recueil, Planche LXXIX. No. III. Ce fragment, des mieux jettés avec une légéreté & une égalité de bronze infinies, a vingt & une lignes de long, & dix-sept de large.

No. IV. Ce morceau de pierre de touche est le fragment d'une portion circulaire qui pouvoit avoir neuf pouces de diamétre, & qui d'une extrémité à l'autre n'a plus que

deux pouces une ligne dans la partie qui nous est demeurée. Ce reste paroît être le rebord d'un plat. Ce rebord avoit un pouce d'épaisseur , & le fond du plat partoit du milieu de cette épaisseur ; il étoit orné tant au dedans qu'au dehors d'un travail où l'on ne peut rien distinguer aujourd'hui, &

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ce qu'on entrevoit paroît fort grossier : mais plus l'ouvrage
semblera commun, & plus on doit en inférer que les
Grecs avoient attaché beaucoup de mérite à l'exécution
des Arts, dans le dessein de les attirer chez eux , & de
les perfectionner. L'Artiste flaté d'avoir fait ce morceau,
y a tracé son nom en beaux caractères.
......ΔΩΡΟΣ ΡΟΔΙΟ Σ

E
Ε Π Ο Ι Η Σ Ε Ν. .
Il ne reste, comme on voit , que la terminaison du nom
de l'ouvrier ; & malheureusement cette terminaison est
commune à quantité de noms Grecs, tels que Polydore,
Athénodore, &c.L'inscription nous apprend que cet ouvrier
étoit de Rhodes. On pourroit soupçonner que c'étoit ou

Polydore, ou Athénodore , deux Sculpteurs de cette Ine,
Liv.XXXVI. C.5. dont Pline a fait mention, & qui conjointement avec

Agesander , leur compatriote , avoient fait le fameux
grouppe du Laocoon.
PLANCHE LVII.

No. I.
Cette tête de marbre blanc trouvée il y a quelques
mois dans les fouilles d'Herculanum, a cinq pouces quatre
lignes de hauteur. Le travail & l'arrangement des cheveux
méritent d'être considérés. Je ne dirai

pas

la même chose du visage & du cou : la main de l’Artiste y paroît mesquine & de petite maniére.Ce n'est pas le seul ouvrage foible qui nous soit demeuré de l'antiquité, & qui prouve l'inégalité du travail, sur-tout chez les Romains. Au reste, je remarque dans cette tête deux choses qui me donnent occasion de faire quelques réflexions sur des parties dépendantes de la Sculpture.

Les prunelles de ce morceau sont marquées, & qui plus eft, le milieu en eft creusé avec aflez de profondeur. Le fait affûrément n'est pas sans exemple: & j'en ai vû plus d'un dans des figures antiques ; cependant j'avoue

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yeux; &

que les yeux sont rarement traités de cette façon dans les morceaux Grecs que nous admirons. Mais quand ces exemples seroient plus fréquens, je n'en dirois

pas

moins que la Sculpture, pour donner de l'expression, ne doit pas emprunter un pareil secours , qu'il y a au contraire plus d'art & d'avantage à laisser penser au spectateur l'adion des

que la Sculpture ne pouvant rien colorier , ne rendant

que des parties saillantes pour faire des ombres, &

pour imiter les formes que lui offrent les objets qu'elle se propose de représenter , & les prunelles, pour se faire

entir, ayant nécessairement besoin des couleurs, il ne faut pas que le Sculpteur entreprenne de les marquer par des traits qu'elles n'ont pas.

Cette tête fournit encore un exemple du poliment exceflif

que

les Grecs sur-tout donnoient à leurs ftatues de marbre , & dont je n'ai pû trouver d'autre raison que celle que j'ai rapportée dans un Mémoire lû à l'Académie des Belles-Lettres; c'est-à-dire, que le cas que les Anciens faisoient de l'ivoire , les engageoit à l'imiter ; mais cette imitation n'avoit rien d'agréable : car le poliment excessif produit un luisant que la chair

n'a jamais présenté , & par conséquent il empêche la jouissance de tous les détails sur lesquels l’Artiste a répandu son sçavoir. La tête dont il est question, malgré l'altération de couleur qu'elle a reçûe dans l'incendie de cette malheureuse ville d'Herculanum, a conservé un poliment si fin sur les chairs, que je ne sçaurois pardonner aux Anciens d'en avoir fait une espéce de mode qui n'avoit aucun fondement raisonnable.

No. II. Ce petit vase n'est ni d'un dessein, ni d'un travail élégant. Sa hauteur est de trois pouces quatre lignes, & fa plus grande largeur, y compris les anses, a trois pouces & demi. il est de terre cuite, & n'a reçû ni vernis ni couleur. Il représente une tête de Faune ou de Siléne. Je l'ai fait

dessiner sous deux aspects, afin de rendre plus sensible l'intention de l'Artiste. Cet ouvrage est tout-à-fait dans le goût Romain, quoique je ne doute pas qu'il n'ait été composé dans l’Ine de Chio, qui étoit néanmoins remplie d'ouvriers Grecs, où il a été trouvé, & où l'on déterre tous les jours beaucoup de monumens, sur-tout de terre, consacrés à Bacchus. Nous sçavons par l'histoire que les manufactures de quelques-unes des Mes de l'Archipel ont été considérables ; & je croirois volontiers que les Romains, vainqueurs des Etrusques, détruisirent leurs manufactures & anéantirent leur commerce, en leur communiquant leurs propres usages & leurs idées militaires, &

que

le changement de mours & de conduite favorisa dans l’Archipel l'établissernent de ces choses d'usage & d'ornement. J'ai cru qu'en mettant cette tête à la fin de la classe des antiquités Grecques, ce seroit répondre aux objections qu'on me fera sur la Nation à qui on doit l'attribuer; & l'on observera à cette occasion qu'il y a toûjours eû des pays qui se sont distingués par la fabrique des ouvrages de terre, dont ils ont fourni les autres Nations qui les alloient chercher chez eux : & que les Romains ont eû avec les Etrusques & les Illes de l'Archipel le même commerce que nous entretenons depuis long-temps avec les Chinois.

HBOYAN HET

AYKE
ΑΡΧΟΝΤΟΣ

RECUEIL

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