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CETTE Divinité en bronze, qui d'une main tient une patère, & qui de l'autre tenoit vraisemblablement la haste, pourroit bien être Jupiter. Mais ce morceau n'a rien de singulier. Il est seulement bien conservé : le travail en eft bon, & sa hauteur est de deux pouces cinq lignes.

No. II. Cette autre figure de bronze me paroît représenter Hercule. Il tient dans la main droite les pommes des Hespérides, & peut-être tenoit-il de la main gauche une massue, qu'il foûtenoit horizontalement, à en juger par la position de la main : ce qui ne se rencontre pas communément dans l'antique. Quoi qu'il en soit, la figure est trèsbien conservée, mais du plus mauvais goût , soit pour la composition , soit

pour

l'exécution. Elle a quatre pouces & demi de hauteur.

No. III.

On voit ici Vénus avec ses principaux attributs, mais non avec tous ses charmes. La figure en bronze, dont la hauteur n'est que de trois pouces & demi, n'est que trop bien conservée, puisque dans la vérité elle est aussi mal composée que mal exécutée. Cette figure peut servir à prouver ce que personne ne pouvoit ignorer ; c'est qu'il y avoit dans l'antiquité de mauvais Artistes, principalement à Rome.

No. I V. QUOIQUE les usages des Anciens dont on trouve des traces dans les Auteurs soient assez bien établis; cependant les passages sur lesquels on se fonde ayant pû être altérés

Liv. vi. ch. 34.

par les Copistes , il faut convenir qu'il n'y a rien de plus sûr que les monumens consacrés par les Arts & bien conservés. Ils doivent donc être l'objet de nos recherches, puisqu'ils nous apprennent ce que les Auteurs ne nous ont point laissé dans leurs ouvrages. Telle est la pierre gravée que je rapporte sous ce numéro. Son antiquité n'est

pas

douteuse. Elle représente un vainqueur des jeux dans un char attelé de vingt chevaux. Suétone nous apprend que Néron voulant étonner la Gréce & briller dans ses jeux, remporta la victoire en courant avec dix chevaux. Il est véritablement bien plus difficile d'en atteler vingt à un char ; mais de quoi ne vient

pas à bout un Empereur Romain, un Maître du inonde?

Ces réflexions m'engagent à n'attribuer l'événement rapporté sur cette pierre qu'à un des successeurs de Néron. On sçait qu'il fut l'exemple & le modéle

que

tous les Empereurs voulurent suivre quant aux jeux ; & l'on verra dans la Planche LXXXVI. de ce Recueil une preuve incontestable de cette opinion. La pierre gravée dont il s'agit ici ne contenant point d'époque, je ne l'attribuerai à aucun Prince en particulier ; & il ne me reste plus qu'à la décrire. Elle n'est

pas

d'un travail fort terminé : mais elle est touchée d'esprit, & n'est presque pas moins bonne qu'elle est singuliére par le fait dont elle rappelle le souvenir. Elle a été trouvée depuis très-peu de temps dans la Cyrénaïque. On y travailloit beaucoup en ce genre de gravûres, comme on le voit dans quelques endroits de Pline. Ce monument exécuté sur un cabochon de cornaline blanche est très bien conservé. Il a été envoyé ces jours-ci à M. Pélerin , qui m'en a fait présent.

No. V.

Ce petit morceau de bronze n'a

que

dix-huit lignes de hauteur, & onze de largeur. Il n'a conservé qu'un de ses yeux d'argent. Cette attention dans une chose li médiocre prouve que les Romains ont poussé très-loin ce genre de parure ; car enfin cette jolie tête de Méduse assez bien travaillée n'a jamais pû avoir d'autre objet que celui d'être placée sur une moulure cintrée dont elle ornoit quelque partie. La plus grande singularité de cette bagatelle est d'être un ouvrage purement Romain, & d'avoir été trouvée il y a peu d'années en Egypte. On voit

par ce jugement que la connoissance parfaite du dessein & du goût propre à chaque Nation empêche de confondre les monumens des différens peuples, en quelque pays qu'on les rencontre. P L A N C H E L XI.

No. I. Cette espéce de camée de la grandeur d'une bague eft sur un jaspe noir dont la couleur est très-égale, & dans lequel on a creusé tout l'espace que doit occuper la figure, en suivant exactement le trait & le contour, pour y incruster ensuite cette même figure de bas-relief en or. Il est fort aisé d'imiter ce travail , dont les Recueils contiennent peu d'exemples ; & les plus habiles Connoisseurs peuvent alors у être trompés, sans qu'on doive leur reprocher une erreur aussi simple; car quelle difficulté trouveroit-on à mouler de l'or sur une pierre antique, dont l'empreinte sera d'autant mieux rendue, que cet or ne doit pas être fort épais ? je demande ensuite si nos meilleurs ouvriers qui ont porté l'art de mettre en oeuvre au plus haut degré d'exactitude & de précision, auront beaucoup de peine à exécuter ce genre d'incrustation, & à établir solidement dans le creux préparé sur la pierre la figure qu'ils voudront y mettre ; &

cette figure, par les raisons que j'ai déja dites, aura le tour,

la composition, & quelques détails de l'antique. Rien de Pl. xcvi. vol.111. plus facile. Voici les paroles du Chevalier Maffei à l'occa

fion d'un morceau de ce même travail. Apollo in cammeo d'oro , incastrato in Nicolo. Après ce titre il ajoûte dans la description de la Planche : La novita e la perfezione di simil lavoro m'anno consigliato a collocare questo bel cammeo fra le nostre stampe , quantunque non porti seco alcun simbolo particolare. On en trouvera des morceaux rapportés dans le Museum Florentinum , & je viens de relire ce que M. Mariette a écrit sur ce Recueil dans son Traité des pierres gravées , p.989. On ne peut y rien ajoûter. Il ne me reste plus qu'à dire un mot sur la position de l'Herculé qu'offre ce numéro. Il me semble que l'on voit rarement dans l'antique Hercule représenté dans l'attitude d'un homme qui marche, encore moins avec sa massue , telle qu'elle est placée dans cette espéce de camée. Si ce petit monument est antique, ce que je n'oserois assurer, ces singularités le rendent un peu plus recommandable.

No. II. Cette hache de bronze très bien fondue & très-bien évuidée en dedans, est un ouvrage des anciens habitans du Pérou. M. Godin l'envoya de Quito en 1727. à M. le Comte de Maurepas. On verra plus bas les raisons pour lesquelles je l'ai insérée dans ce Recueil; & j'ose me flatter que cette petite licence me sera pardonnée en faveur de la singularité du morceau , & des conséquences que je dois en tirer. Sa hauteur est de quatre pouces trois lignes, & sa plus grande largeur de quatre pouces une ligne.

No. III.

No. III.

égard que

Ce petit manche de bronze, dont il est difficile aujourd'hui de fixer l'ancienne destination , n'a de mérite à notre

du côté de la composition. On y voit la tête d'Omphale bien agencée & enveloppée agréablement de la peau du lion. Le travail n'en est point du tout mauvais, & sa longueur est d'un pouce ou environ.

N°. IV. Ce petit fragment de bronze est d'un travail si agréable, & sa disposition eft si piquante, que pour lui donner plus de grace, j'ai suppléé par des points les parties qui lui manquent. Celles qui subsistent m'ont paru indiquer un mime plus que toute autre chose. Ce qui me reste de cette figure n'a plus que deux pouces deux lignes.

N. V. Cette boucle ou agraffe de bronze parfaitement cona servée, étoit autrefois destinée à retenir la courroie qui Tervoit de ceinture , & qui se plaçoit à la hauteur du nombril. La courroie étoit arrêtée dans un des deux anneaux, & fon extrémité se renouoit à volonté dans l'autre. L'usage en étoit assez commode, & le bronze est ceintré pour suivre la forme du ventre; les statues & les bas-reliefs autorisent cette opinion. L'agraffe dont il s'agit ici a deux pouces sept lignes de longueur , & chaque anneau un pouce dans son diamétre extérieur.

PLAN CHE LXII.

N°. I. Ce buste de marbre blanc & grand comme nature, me paroît être celui d'un Philosophe. Sa hauteur dans la totalité est de dix-huit pouces, & il est disposé de façon à

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