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être mis sur une gaîne, selon l'usage des Romains qui en plaçoient un grand nombre dans leurs maisons , leurs bibliothéques, leurs bains, leurs jardins , enfin aux deux côtés de leurs portes. Ces derniéres gaines étoient le plus ordinairement à deux têtes, pour la décoration intérieure & extérieure, & les buftes étoient posés sur les massifs qui formoient la porte que l'on voyoit presque toûjours libre & dégagée de tout bâtiment. Le goût que les Romains avoient pour la Sculpture , s'étendoit plus loin

que

leurs villes & que l'intérieur de leurs maisons ; leurs campagnes étoient, pour ainsi dire, couvertes de Dieux Termes , & leurs chemins de Mercures & d'autres Divinités tutélaires. Ces ftatues toûjours placées dans les endroits les mieux cultivés & les plus fertiles , & accompagnées de toutes les richesses de la terre, devoient produire des points de vûe d'une charmante variété, & former les plus agréables spectacles pour le voyageur.

Le travail de ce buste n'est point sans mérite ; les cheveux principalement sont très - bien touchés. J'ai eu ce morceau à la vente qui s'est faite en 1750. des sculptures qui avoient été rassemblées par M. Crozat, & je l'ai donné à M. Mariette.

No II. Ce camée, à en juger par ce qui en reste & par la grandeur de la figure, devoit être autrefois un morceau confidérable pour son étendue. La matiére est une agathe de deux couleurs : elle conserve encore aujourd'hui deux pouces dans fa plus grande hauteur , & dix-sept lignes dans fa plus grande largeur. Le travail en est purement Romain; il eft froid , & la tête n'a pas plus d'esprit & de caractère, qu'il n'y a de perspective & de possibilité de plan dans la drapperie dont se sert cet amour pour porter des fruits. Le morceau est de la même forme que le fait voir le dessein; & quoique la matiére en fasse le plus grand mérite , elle n'est pas encore des plus belles , & n'est point Orientale.

No. III.

Le travail de ce camée est bon, sans être excellent; lagathe est de deux couleurs qui ne tranchent presque point. Il semble même qu'elle ait été un peu endommagée par le feu. La composition rend fort agréablement le sujet de Bacchus & d'Ariadne, accompagnés d'un Amour qui joue des deux fûtes. Le plus grand défaut de l'ouvrage est celui d'être mou dans ses détails.

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Je ne pouvois être plus heureux dans cette collection; puisque le hazard m'ayant procuré des morceaux où l'on reconnoît le goût d'un pays mêlé avec celui du peuple qui l'a éclairé, j'en ai profité pour m'instruire , & pour prouver le commerce que certains peuples ont eû entre eux. Au reste , j'ai eû soin d'exposer mes raisons ; & si je me suis quelquefois égaré, le Lecteur aura la satisfaction d'examiner ce qui m'aura induit en erreur.

No. I. Le simple coup d'oeil suffit pour décider que la drapperie de cette figure n'est nullement Etrusque, & pour se convaincre que jamais les Romains n'ont disposé ni habillé une figure dans ce goût. Je croirois donc qu'elle tient le milieu entre le travail Etrusque & le travail Romain , c'est-à-dire , qu'elle a été faite en Etrurie après que

les Romains s'en furent rendus maîtres, ou bien à Rome par des Artistes Etrusques. La coëffure a quelque rapport avec celle de l'Ex-voto que l'on trouvera plus bas , Planche LXXXVII. &

que

M. Gori donne sous le nom de Pro Muf. Errufo. serpine. Ce rapport, quelque imparfait qu'il soit, confirme plo Lxxx beaucoup ce que j'ai avancé. Ce bronze est d'ailleurs trèsbien jetté & très-bien réparé. Il a cinq pouces moins une

mérite attention, & femble établir un assez grand rapport

ligne de hauteur. Je ne trouve aucun attribut de Divinité dans cette figure ; je ne suis frappé que de sa coëffure qui pouvoit être une marque de dignité dont j'ignore le titre & la qualité.

No. II. Ce fragment d'une figure de bronze jettée avec très-peu d'épaisseur, m'a été apporté d'Egypte, où il a été trouvé depuis quelques années; mais il n'en est pas moins Romain: ses attributs, sa disposition, sa nudité, son bracelet au haut du bras , tout me paroît convenir à Vénus. J'avoue pourtant que la coëffure formée par un diadême ni’a d'abord fait naître quelque doute contre cette opinion. Ce n'est pas tout , son collier qui tient beaucoup de celui que l'on voit à la Proserpine de M. Gori, citée dans l'article précédent,

entre cette figure & celle de Rhodope , rapportée par Expl. de divers Dom Martin. La hauteur de ce fragment est de six pouces monum, P. 319. huit lignes. Les yeux qu'on lui a ôté étoient d'or ou d'argent. On voit avec plaisir le tour & l'exécution de la figure.

No. III. Cette Minerve, qui sans doute étoit appuyée sur la hafte , tenoit vraisemblablement un bouclier sur le bras qui ne subsiste plus. La figure est d'ailleurs bien conservée, le tour en est bon & assez simple , le travail n'en est pas mauvais. Ce bronze a huit pouces deux lignes de hauteur.

No IV. Je ne vois aucune raison qui puisse faire regarder cette figure comme une Divinité. Elle n'a donc d'autre mérite que

celui des détails de sa drapperie , dans laquelle on trouve des parties fort agréablement distribuées. Elle est fondue mallif, & sa hauteur est de six pouces & demi.

No, V.
Cette petite figure assise n'a

que deux pouces deux lignes de hauteur. Le bras qui lui manque nous auroit peut-être donné les moyens de reconnoître plus précisément l'allégorie sous laquelle on a voulu la représenter; cependant elle me paroît disposée de la même façon que l'on représentoit la ville de Rome : mais comme la tête me paroît un portrait, & qu'elle est coëffée d'un diadême, c'est peut-être une Imperatrice. Je crois d'ailleurs la tête trop petite pour que l'on puisse retrouver son nom par le secours des médailles. Quoi qu'il en soit, dans le grand nombre de bronzes que les Romains nous ont laissés , je n'en ai point vû de plus joli ni de mieux réparé que ce morceau, qui est fondu creux & avec beaucoup de légéreté, c'est-à-dire, avec très-peu d'épaisseur.

PLAN CHE LXIV.

No. I.

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car

Ce petit Faune de bronze, ou plûtôt ce suivant de Bacchus il n'a rien qui le caractérise , a quatre pouces deux lignes depuis le bas de la figure jusqu'à l'extrémité du bras gauche qu'il tient élevé. On voit dans la main de ce même bras un fruit; & si le Lecteur aime l'allégorie, ce sera la boule, symbole de la fortune, comme si l'intention de l'Artiste avoit été de faire entendre qu'il en est le maître. La tête du bélier qu'il porte suspendue dans l'autre main, & qui est encore aujourd'hui mobile dans son anneau, ou dans son anse, étoit vraisemblablement la forme d'un vase, d'autant plus en ufage, que l'on facrifioit un bélier à Bacchus : ce qui confirme ma premiére idée au point de regarder cette figure comme celle d'un Sacrificateur de Bacchus. Ce petit monument gravé sous deux aspects, est de la plus parfaite conservation.

No. II. Ce taureau représenté à mi-corps eft de bronze, & n'a jamais été plus complet, ni fait autrement qu'on le voit ici. Il avoit sans doute été consacré dans quelque temple ou dans quelque laraire ; car on distingue encore à son extrémité les trous qui servoient à l'attacher sur un plan; & l'on voit entre ses épaules une espéce d'anneau destiné à le suspendre. Il ne sçauroit être mieux conservé. Ses yeux sont d'argent, & le travail en est bon. Il a quatre pouces de longueur, & un peu plus de cinq pouces depuis le bout de ses pieds jusqu'à l'extrémité de ses cornes. P L M N C H E LXV.

No. I. Ce buste de bronze de la plus belle conservation, me paroît représenter Claude successeur de Tibère , & ce portrait doit avoir précédé le temps où il est parvenu à l’Empire, car il n'a point de couronne. La tête est un peu tournée, comme si elle vouloit regarder sur la gauche , & ne suit pas tout-à-fait le mouvement du corps indiqué par le peu que

l'on voit de la poitrine ; ce qui donne du jeu à cette tête , & un air animé. Quand je me tromperois sur la destination de ce monument, la beauté de son travail fuffiroit pour le rendre précieux ; la plus grande singularité est d'avoir servi d'Ex-voto. On voit encore sur le haut de sa tête les racines de deux tenons avec lesquels il étoit sufpendu, & qui sont placés à près d'un pouce l'un de l'autre. Quelque Moderne a pris soin de les abattre, dans l'espérance de rendre ce morceau plus agréable à la vûe. Il a quatre pouces dans toute la hauteur.

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