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peuple à un autre , que lorsqúe celui qui en toit faporisé, a mis lc comble à ses iniquitez. CHAP. XI. Les uns profitent de ce que les autres ont mé. rité de perdre par le mépris ou la dissipation qu'ils en ont faite.

[1l parut une fournaise,ou un four , doc. ] La servitude d'Egypte est appellée ailleurs la fournaise de l'Egypte, une fournaise de fer. Cette fournaise fumante étoit un symbole qui représentoit à Abraham la dure fervitude, & les pénibles travaux de ses descendants en Egypte. La flamme du feu qui en fort, c'est Dieu même, qui devoit tirer son peuple d'esclavage , & le conduire par une colonne de feu. Ainsi Dieu dont cette famme étoit l'image , ratifia le traité fait avec Abraham , en pafsant au milieu des victimes ; comme ABraham y avoit fans doute passé au nom de la postérité:

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CHAPITRE X I. Agar. Sa füite & son retour. Naisance d'Ifmael

. Circoncision. Naissance d'Isaac prédite. Gen. 16. 17. AR A femme d'Abraham n'avoit An du. mer

point eu d'enfapts,& se voyoit hors de 2093. d'âge d'en avoir : mais ayant une esclave Egyptienne nommée Agar , elle la donna pour femme à son mari , en lui disant : Vous voyez que le Seigneur m'a rendu stérile. Prenez donc, je vous prie, ma servante , afin que je voie du

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moins si je pourrai avoir des enfants par CHAP. XI. elle. Abraham l'épousa felon le désir de

Sara. Mais Agar voyant qu'elle avoit conçû , commença á mépriser sa maitreile. Sara s'en plaignir à Abraham, qui lui dit : Votre esclave est en votre pouvoir : faites-lui ce qu'il vous plaira. Sara l'ayant donc châriée , Agar prit la fuite. Comme elle erroit dans le désert, un Ange du Seigneur lui dit: Agar, d'où venez-vous ? & ou allezvous ? Elle répondit : Je fuis de devant Sara ma maîtresse. L'Ange lui répartit: Retournez à votre maitrefie humiliez-vous fous fa main. Er il ajoûta, parlant au nom de Dieu : Vous voilà enceinte : vous mettrez au monde un fils , & je vous donnerai une postérité innombrable. Agar retourna donc chez Abraham, où elle mit au monde un fils qui fur appellé Ismaël.

Treize ans après la naissance de cet enfant, Dieu apparut à Abraham , qui étoit alors âgé de quatre-vingts-dixneuf ans; & il lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant: marchez en ma présence, & soyez parfait. Je ferai alliance avec vous , & je multiplierai vôtre race jul. qu'à l'infini. Abraham se profterna le visage contre terre ; & Dieu lui dit : Oui, je fais alliance avec vous , & je

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vous établis pour être le pére d'une multitude de nations. Je vous donne-CHAP. XI, vai une postérité très nombreuse : je vous rendrai le chef des nations ; & des rois fortiront de vous. J'affermiraj non alliance avec VÕUS , & après vous avec vôtre race dans toute la fuite de leurs générations', par un acte éternel, pour être vôtre Dieu, & le Dieu de vô. the postérité après vous. Je vous donperai , à vous, & à vos descendants après vous, le pays de Chanaan où vous demeutez maintenant comme étranger : ils le poftéderont à jamais, & je serai leur Dieu.

Ensuite le Seigneur ordorna à Abraham & à tous les descendants la Cireoncifion, comme la marque de l'albiance qu'il contractoir avec car. II voulur que tous les enfants mâles qui naîtroient, fufient circoncis le huitiéme jour ; & il ajouta : Tout mâle qui n'aura pas été circoncis , sera extermine da milieu de son peuple , pour avoir violé mon alliance.

Dieu dit encore à Abraham : Je benirai Sara votre femme ; & je vous donnerai un fils né d'elle , que je benirai aussi. Il sera le pére de plusieurs peuples ; & des rois sortiront ile lui. Abraham-fe profterna le visage contre

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tent ,

terre; & il rit, en disant au fond de EXAP. XI. son cæur : Seroit-il bien possible qu'un

homme de cent ans eût un fils ? & Sara enfanteroit-elle à quatre-vingts-dix ans? Seigneur , ajouta-t-il , je serai, trop con

fi vous me conservez Ilmaeli Dieu lui répondit : Assurez-vous que Sara yötre femme vous donnera un fils. Vous le nommerez Isaac ; & je ferai avec lui & avec sa race une alliance erernelle. J'ai exaucé aussi la priére que vous me faires pour Ismael : je le bes pirai , & je lui donnerai une postérité très grande & très nombreusc. Douze princes naîtront de lui : & je ferai fors tir de lui un grand peuple. Mais l'alliance que je fais avec vous regarde

Isaac , que Sara mettra au monde dans Rom. 4. 18, un an en ce même temps. Abraham

ayant entendu la promesse que Dieu lui faisoit, n'hésita point , & n'eut pas lai moindre deffiance. Il ne considéra point qu'étant âgé de près de cent ans, fon

( corps étoit déja comme mort, & quo la vertu de concevoir étoit éteinte dans Sara : mais espérant contre toute espécance, il se fortifia par la foi, & rendit gloire à Dieu , 'étant pleinement persuadé qu'il est tout-puissant pour faire tout ce qu'il a promis

. C'est pour cela que

sa foi lui fut imputée à justice.

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Aussitôt après l'entretien qu'il avoit cu avec Dieu , Abraham prit son fils CHAP. XI. Ismael , & tous les mâles d'entre ses domestiques , & il accomplir sur eux. & sur lui même la loi de la Circoncifion , laquelle a toujours été observée depuis par ses descendants

ECLAIRGISSEMENTS ET REFLEXIONS..

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[Vous voyez.que le Seigneur m'a rendu rile. ] Voilà la philosophie de l'Ecriture : tout: y est rapporté à Dieu & à la volonté , comme: à la cause suprême & universelle. La fécondité & la stérilité, la santé & la maladie , las force & la foibleffe du tempérament, la conformation, parfaite ou défectueuse des parties. da corps, les divers accidents de la vie ; l'a-. bondance des fruits, & le temps qui y

oft

propre ; la stérilité de la terre , & le déréglement: des saisons ou les autres accidents quii la cau-fent ; toute la suite de l'histoire nous montrera que l'Ecriture n'en reconnoît point d'autre: cause que

Dieu. Elle ne donne rien au hazard dle ne connoît pas même dans toutes ces: choses l'usage du mot de nature.. Le langage qui n'est que trop common parmi nous,

esti emprunté des payens qui ne connoiffoient: point Dieu ; & la peine que nous avons à re-venir à celui du Saint-Esprit , eft anc preuve: de la foiblesse.de notre foi sur eette grande verité, que hors le déréglement du péché, c'est: Dieu qui fait tout dans le mondé, & qu'il n'yi arrive rien que par la volonté. Car fi les effers: que nous appellons naturels fons produits

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