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parce que j'ai espéré en vous (g). Ayez CH. VII pitié de moi, Mon Dieu, ayez pitié de 9.1. moi, parce que mon ame met fa confiance en vous (h). Faites - moi fentir promptement votre miféricorde, parce que j'ai efpéré en vous (i). Vous m'exaucerez, Seigneur mon Dieu, parce que j'ai efpéré en vous(k). Par tout Dieu nous déclare par lui-même, ou par fon Prophéte, que c'est parce qu'on a efpéré en lui, qu'on a été exaucé, qu'on a reffenti les effets de fa miféricorde, qu'on a été confervé, qu'on a été protégé. Notre efpérance eft toujours le prix & le mérite de notre délivrance & de nos victoires. Par tout Dieu témoigne combien l'efpérance en fa miféricorde lui eft agréable, qu'elle obtient tout de fa bonté, & qu'il met fon plaifir en ceux qui efperent en Ja miféricorde (1).

(g) Conferva me, Domine, quoniam fperavi in te, Pf. 15. 1.

(b) Miferere mei, Deus, miferere mei : quoniam in te confidit anima mea. PS. 56. 1. (i) Auditam fac mihi manè mifericordiam tuam, quia in te fperavi. Pf. 142. 9. (k) Quoniam in te, Domine, fperavi, tu exaudies me, Domine Deus meus. Pf.37. 16. (f) Beneplacitum eft Domino fuper ti

CH. VII.

§. 11.

S. II

L'Espérance plait fi fort à Dieu, parce qu'elle l'honore.

I' 'Eft Dieu lui-même qui

C nous déclare que nous l'ho

norons par l'efpérance en fa bonté. Invoquez-moi, nous dit il (m), an jour de l'affliction ; je vous délivrerai,

vous m'honorerez. Celui qui efpere honore véritablement Dieu; car il n'efpere en lui, que parce qu'il a une idée grande & élevée de la puiffance de Dieu, à qui il croit que tout eft non-feulement poffible, mais également facile dans l'ordre de la grace comme dans l'ordre de la nature. Il n'efpere, que parce qu'il a de grands fentimens de la miféricorde de Dieu, à laquelle il ne met point de bornes, & qu'il n'en met encore aucunes à la bonté & aux mérites de Jefus-Chrift,, qu'il fçait lui avoir été donné pour

mentes eum, & in eis qui fpèrant fuper mifericordia ejus. Pf. 146. 12.

(m) Invoca me in die tribulationis: eruam te, & honorificabis me, Pf 49. 16.

Médiateur. Celui qui efpere en Dieu au milieu des plus grandes difficultés, & des maux les plus preffans, honore encore Dieu davantage, parce qu'il témoigne affez que l'idée & les fentimens qu'il a de la puiffance & de la miféricorde de Dieu, & de la bonté & des mérites de Jefus Chrift, font encore plus élevées & par confequent plus dignes de Dieu & de JefusChrift.

II. C'eft ainfi, felon l'Apôtre; qu'Abraham le Pere de notre foi & de notre efpérance, honora Dieu, parce qu'il efpéra contre toute efpérance (n); c'eft à dire, contre toutes les apparences, au milieu des plus grandes difficultés, des plus violentes tentations, & de la plus forte épreuve, où fa foi & fon efpérance puffent être expofées. Il crût & efpera en celui qui ranime 5 reffufcite les morts, & qui appelle ce qui n'eft point, comme ce qui eft (0); qui peut tout fur les ef

(2) Contra fpem in fpem credidit Rom. 4 18.

(0) Ante Deum, cui credidit qui vivifi cat mortuos, & vocat ea quæ non funt, tang

CH. VII 6. II

$. II.

E. VII. prits, fur les corps, & fur le néant : Il n'befita point, & n'eut pas la moindre defiance; mais il fe fortifia par la foi, rendant gloire à Dieu, & étant pleinement perfuadé qu'il eft tout-puiffant pour faire ce qu'il a promis & ce qu'on attend de fa bonté.

III. Si l'efpérance honore Dieu, & lui eft fi agréable, parce qu'elle elt toujours accompagnée d'une grande idée & de grands fentimens de fa puiffance, de fa miféricorde, & des mérites de Jefus-Chrift, ne faut-il pas dire par une raison toute contraire que la défiance deshonore Dieu, & lui fait injure, parce que la défiance vient de ce que l'on a une idée & des fentimens faux, bas, injuftes, & tout-à-fait indignes de Dieu, & de JefusChrift? Auffi le Prophéte emploiet-il une grande partie du Pfeaume 77. qui eft un des plus longs, à faire fentir aux Ifraelites, combien la défiance deshonore Dieu, combien

quam ea quæ funt.... In repromiffione e tiam Dei non hæfitavit diffidentia, fed confortatus eft fide dans gloriam Deo : plenif fime fciens quia quæcumque promifit, po*ns eft & facere, Rom, 4. 17, 20, 21.

elle l'irrite, fur - tout lorfqu'on a CH. VII. déja fouvent éprouvé les effets de 5.11. fa bonté.

Dieu nous invite & nous commande en mille endroits de fes Ecritures, de nous appuyer & denous repofer fur lui. Mais ne feroitce pas lui faire une très-grande injure que de croire qu'il nous invite & qu'il nous commande de nous jetter entre fes bras, fans qu'il ait la volonté de nous foutenir? Dieu, dit Saint Auguftin, eft-il donc un mocqueur qui nous invite, qui nous preffe, qui nous commande de nous appuyer fur fa main, pour nous tromper enfuite & nous laiffer tomber en retirant fa main? Peut-on lui faire un plus grand outrage que d'en avoir une telle idée ? Quare Deus toties ad innitendum fibi moneret, fi fupportare nos nollet ? Non eft illufor Deus, ut fe ad fupportandum nos offerat, & nobis innitentibus ei fe Subtrabat. « Jettez vous donc entre

сс

fes bras, nous dit ailleurs ce Saint » Docteur, ne craignez point, il ne retirera point fa main pour vous - laiffer tomber; jettez-vous hardi

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