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antiq. p. 150.

en faifoit la découverte. Son Recueil contient beaucoup de ftatues & de bas-reliefs qui nous font connus, & la fidélité avec laquelle ils font deffinés, eft un garant de l'exactitude de tout ce qui compofe ce même Recueil. Mais pour prouver que le monument rapporté dans cette Planche für la foi de ce Deffinateur, a exifté, & qu'il n'eft point un fruit de l'imagination du Peintre, c'eft qu'il fe trouvoit deffiné dans un Manuscrit de M. de Bagaris que Mifcell. erud. Spon avoit confulté, & d'après lequel il l'a publié, mais avec quelques différences, qui m'ont engagé à le faire graver de nouveau, non-feulement pour mieux établir mon fentiment; mais parce qu'autant que j'en puis juger, le deffein de Duperac eft plus exact. Spon dit monument étoit de marbre, & pour l'expliquer il rapporte un paffage de Denys d'Halycarnaffe, où il est dit que le Prêtre ou la Prêtreffe de Cybéle portoient des fimulacres fufpendus à leur cou. Suidas dit la même chofe, & Ficoroni a rapporté une bulle à laquelle eft attachée avec une chaîne d'or l'image d'une figure Panthée. Je crois qu'après de pareils témoignages on n'hésitera pas à regarder plufieurs de ces têtes garnies de béliéres, comme des monumens que les Miniftres des Dieux fufpendoient à leur cou.

que ce

PLANCHE

LX X X V.

Antiq. Rom. liv.

II. C. 19.

In vocera
La bolla d'oro. p.8.

N. I.

La tête de cet enfant eft de bronze : la touche en eft large; elle est travaillée dans le goût de la chair, & c'est, pour réuffir, une voie auffi affûrée aux Modernes, qu'elle l'a été aux Anciens. Les yeux de cette tête font d'argent; ce que je rapporte pour une plus grande exactitude, & non pour une plus grande authenticité. Il eft vrai que cette diftinction dans les bronzes les fait rechercher davantage par les Curieux, & que par conféquent elle en augmente le prix; cependant il eft aifé de fentir combien il a été

facile à ceux qui ont voulu tromper, d'ajouter un pareil
mérite à leurs copies: mais cette fuppofition fe diftingue
& fe reconnoît comme toutes les autres. Quoi qu'il en
foit, je puis affûrer que cette tête eft antique & Romaine.
Elle eft creufe & ouverte par le haut comme par le bas ;
la raison de cette fingularité m'eft inconnue. On voit
encore à l'ouverture d'en-haut non-feulement la place d'un
couvercle, mais encore celle d'une charnière. Quant à
l'ouverture inférieure, je pourrois croire que le fond a été
détruit, que dans la fuite on en a limé les bords, fi plu-
fieurs exemples & notamment le N°. fuivant ne m'affû-
roient qu'il étoit d'ufage de le traiter ainsi dans cette espéce
d'ornement. Ces deux ouvertures n'ont peut-être d'autre
objet que
la légéreté du bronze. Ce monument, que j'ai
acheté chez M. Crozat, a quatre pouces & demi dans
toute fa hauteur. Il a été poffédé par M. de Peiresc; du
moins il se trouve deffiné dans un Recueil d'antiquités qui
vient de lui, & qui eft dans le cabinet des eftampes du Roi

No. II.

LA parure & les ornemens de cette petite tête de femme ne font pas ordinaires. La coëffure ressemble beaucoup à celle du N°. I. de la Planche LX. dont le goût me paroît avoir du rapport à celui des Etrufques. Le haut & le bas de cette tête font ouverts, fans avoir jamais eu ni fond ni couvercle; la fonte en eft légère, elle a quatre pouces. moins une ligne de hauteur, & la béliére dont le mouvement fubfifte encore, a onze lignes d'ouverture. Les yeux de la figure font d'argent, & fa conservation ne sçauroit être plus parfaite. Le collier dont ce bufte eft orné, & qui préfente encore une auffi grande fingularité que fa coëffure, fe trouve avec plufieurs autres rapports dans un bufte de même matiére, & que M. Gori a publié. Il lui donne le Muf. Etruf. p. 80, nom de Proferpine. Je ne puis parler des proportions, car il ne les rapporte prefque jamais; ce qui devient néanmoins

important pour juger de la distinction des monumens; maís je puis affûrer que fon deffein indique la même forme, & vraisemblablement le même ufage, quoiqu'il ait des aîles à la tête. M. Gori a crû devoir ranger cette tête parmi les monumens Etrufques, & la regarder comme celle de Proferpine dont le culte étoit établi en Etrurie, fondé fur ce qu'elle a dos aîles, & que les Etrufques ont été les feuls peuples qui en aient donné aux Divinités infernales. Je ne puis qu'approuver la conjecture d'un fi fçavant homme, vis-à-vis duquel je ne prétends pas m'ériger en critique, & que j'eftime par tant de raifons; mais il me permettra de lui dire, en parlant toûjours d'après les Planches qu'il nous a données, que dans la feconde tête de fa même Planche, que je compare à la mienne, il s'en faut beaucoup que je trouve le goût Etrufque, ou bien étranger aux Romains, comme on le diftingue aifément dans la tête rapportée immédiatement auparavant, & que M.Gori attribue cependant à la même Divinité. Outre les différences confidérables qui font dans leurs attributs, celle du goût & du travail qu'on ne laisse pas d'appercevoir dans la Planche, ces têtes ne paroiffent ni du même pays, ni du même temps. Mais pour en juger avec certitude il faudroit confulter le monument, parce que les gravûres indiquent feulement les formes, fans pouvoir donner une connoiffance parfaite du goût national. Je fuis très-fouvent dans le même cas, malgré la peine que m'a donnée l'explication des Planches de ce Recueil. Le morceau que je rapporte a encore appartenu à M. de Peiresc, & eft du nombre de ceux qu'il a fait deffiner, & qui compofent le Recueil dont j'ai parlé ci-deffus.

No. IIL

CETTE urne d'albâtre, de la plus belle confervation, a dix pouces de haut, & cinq pouces trois lignes dans la plus grande largeur de fes anfes. Elle m'a été envoyée d'Egypte

il y a plufieurs années, & je l'ai donnée au cabinet de fainte Genevieve, où elle eft encore. De quelque pays qu'elle vienne, fa forme eft Romaine, & elle étoit deftinée à renfermer des cendres. Elle fera, fi l'on veut, un de ces monumens intermédiaires, qui prouvent le commerce d'un pays avec un autre. On ne fçauroit douter de celui des Romains avec les Egyptiens, fur-tout après que les premiers furent entrés en Egypte par le droit de conquête. Ils y coururent en foule : mais ils demeurérent conftans dans la pratique de leurs ufages; loin d'embaumer leurs corps, on continua de les brûler. C'eft tout ce que l'on peut dire fur un morceau auffi simple dans sa forme, & qui n'a d'ailleurs pas plus de caractères que d'ornemens fur lefquels on puiffe établir un jugement. Il faut fur-tout faire attention à la belle fimplicité de l'anfe qui eft développée fous le même numéro.

PLANCHE

LXXXVI.

N. I.

CETTE plaque de bronze qui peut-être n'eft qu'un fragment, m'eft venue d'Egypte, où elle a été trouvée. Le bufte d'Osiris & d'Ifis qu'on y voit feroient croire d'abord qu'elle eft d'un temps où le culte de ces Divinités fubfiftoit encore avec un certain éclat; mais comme le mauvais goût du travail nous empêche de remonter fi haut, & que Le fujet de la compofition femble se rapporter à quelqu'un des fucceffeurs de Conftantin, il faut tâcher de concilier ces contradictions apparentes, & chercher dans le bas Empire un Prince qui ait affez favorifé le Paganisme, pour qu'on en puiffe retrouver des traces dans les monumen's de fon regne. C'eft ce qui eft arrivé du temps de Julien furnommé l'Apoftat. On fçait qu'il ne fut pas plûtôt fur le thrône, qu'il s'efforça de rétablir un culte que l'on abandonnoit de tous côtés, & qu'il témoigna un refpe&t parti culier pour les Divinités Egyptiennes. Nous avons de fes

médailles où il eft représenté sous la forme de Sérapis, & où fa tête eft en regard avec celle d'Ifis, prefque de la même maniére qu'on le voit fur cette plaque de bronze. Quelquefois il paroît fous les traits d'Oliris, & la Déesse Ilis occupe l'autre côté de la médaille. Ces monumens expliquent celui que j'examine. On y voit la tête de Julien couronnée de rayons comme celle d'Ofiris, & à côté de celle d'Ifis. Au-deffous font placés deux Génies qui approchent du globe de la terre deux cornes d'abondance, qu'ils lient étroitement, comme pour défigner le bonheur dont les hommes vont jouir fous la protection d'Ifis, & le gouvernement de Julien. Les deux fceptres que les buftes tiennent dans leurs mains font le fymbole de la puiffance que la Déeffe avoit dans le Ciel, & de celle le Prince exerçoit fur la terre. Enfin, fi les deux efpéces d'obélifques qui font aux côtés des deux buftes ne font pas de fimples ornemens familiers aux Artistes Egyptiens, à cause du grand nombre d'obélifques ou de colomnes qu'ils avoient fous les yeux, on pourra les regarder comme le préfage de la durée du nouveau regne, & de la protection que Julien accordoit à l'ancienne Religion du pays.

que

·

Cette plaque qui, comme je l'ai déjà dit, est d'une très-mauvaise exécution, n'eft pas des mieux confervées; elle a été caffée; mais les figures & les ornemens n'en font point endommagés. Elle a quatre pouces huit lignes de largeur, & autant de hauteur, en y comprenant la queue, qui eft large & haute de treize lignes.

No. II.

LES Antiquaires donnent le nom de contorniates à des médailles de cuivre frappées vers le quatriéme fiécle de l'Ere vulgaire, fur lefquelles on a renouvellé la mémoire des Princes & des Auteurs les plus célébres de l'antiquité; mais où l'on s'eft principalement attaché à célébrer les athlétes qui s'étoient diftingués dans les jeux du cirque,

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