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NIU-TCHE,

noient aux Chinois. Tai-tsou entra avec une puissante armée
dans le Leao-tong , & s'empara de Kai-yuen. Cette victoire
ne l'éblouit pas ; il écrivit à l'Empereur pour lui offrir de met-
tre bas les armes si on lui donnoit satisfaction ; mais le peu
de cas que l'on fit de la lettre l'irrita tellement , quil jura
d'immoler deux cents mille Chinois. Il pénétra jusques dans
le Pe-tche-li, dans le dessein d'assiéger la capitale de l'Em-
pire. Mais il fut repoussé , & obligé de se retirer dans le
Leao-tong, où il prit le titre d'Empereur. L'année suivante
il rentra dans la Chine , & pensa prendre la capitale. Dans
ces entrefaites Chin-tçung mourut. Kuang-eçung lui fuc-
céda , & regna peu. Hi-tçung monta sur le trône. Il se mit
en état de résister aux Tartares, en rassemblant des troupes de
tous côtés. Il y eut plusieurs combats entre les deux nations.
Ce fut sous le regne de ce Prince que mourut Tai-trou Roi
des Tartares, qui eut pour successeur Tai-tçong. Après la mort
tragique du dernier Empereur des Mim, Ou-san-koue-l’ap-
pella à son secours , & l'introduisit dans la Chine. Tai-tçung
y entra avec quatre-vingt mille hommes ; mais il mourut peu
de tems après. Dans la suite son fils Chun-tchi , qui n'étoit
âgé que de six ans , fut proclamé Roi sous la tutelle d'Ama-
vam. Le jeune Prince fut conduit droit à Pe-king que les
rebelles avoient abandonnée , & il y fut déclaré Empereur
l'an 1644. Il marcha ensuite dans les provinces méridiona-
les , & fit arrêter Hung-kuang , Prince de la famille des Mim,
qui avoit pris le titre d'Empereur à Nan-king. Il soumit
également tous les autres rebelles qui s'étoient cantonnés
dans les autres provinces , & se rendit insensiblement maître
de tout l'Empire. Sa Dynastie porta le nom de Tçing.

An du Après
Cycle.

Cycle. J. C.
Tai-tsou-kao-hoam-ti, ou Ta-che, autrement Tien-| 73

3

1626 mim. On fixe la premiere année de son regne

à l'an 1616. Tai-tçung-ven-hoam-ti, autrement nommé Tien

13

1636 içong , ou Tgong-te, ou Mir-hache , ou Nol-hache , fils de Tai-tsou. Après sa mort les ManIcheous établissent parmi eux un Gouverne

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NIV-ICHE.

38

An du Après Cycle.

Cycle. J. c. ment républicain. Après quoi ils nomment

Chun-tchi,
CHI-TÇu-tcham-hoam-ti, ou Chun-tchi, neveu de

1661 Tai-tçung, âgé de 80 ans , regne 18 ans. Il est

le premier Empereur de la Chine.
Kam-hi , fils de Chi-tçu , regna 61 an , mort le 74 39 1722

20 Décembre.
Yum-tchim , fils de Kam-hi , âgé de 58 ans , re-

52

1735 gne 13 ans. Kien-lung, fils d’Yum-tchim , à present regnant.

Les Princes de cette Famille sont encore sur le trône de la Chine qu'ils possedent paisiblement, avec une grande pare tie de la Tartarie.

SKOG
****************************************
@PC.

ec

TABLE S
CHRONOLOGIQUES

DES PRINCES
QUI ONT REGNÉ DANS L'ASIE.

LIVRE CINQUIEME.

TARTARES

OCCIDENTAUX.

L

Es Tartares Occidentaux sont ceux qui font l'objet

LES HUNS
de cet Ouvrage, & dont j'ai entrepris de donner l'Hif-
toire. Ils se sont répandus dans toute l'Alie, & ont occupé
une partie de l'Europe & de l’Afrique. Les Historiens Ro-
mains les ont connus sous le nom de Huns, & ont débité
beaucoup de fables sur l'origine de ces peuples , fans nous
faire connoître précisément de quel pays ils venoient. Dans
la Tartarie ils portoient le nom d'Hiong-nou. Ils y avoient
établi un Empire considérable qui fut détruit par les Chi-
nois. Alors ils se disperserent. Les uns passerent vers l'Oc-
cident, & dans la suite ils entrerent dans l'Empire Ro-
main. Personne n'ignore les incursions du fameux Attila.
Les autres resterent sur les frontieres de la Chine , & ne fur:
rent détruits que par les Tartares Geou-gen. Quelques-uns
s'établirent dans la Chine , où ils formerent plusieurs Empires.

D düj

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Ils étoient presque entiérement détruits, ou du moins ils
Les Huns. n’avoient aucune puissance dans la Tartarie , lorsqu’un Chef

de cette Nation, appellé Tou-muen , se mit à la tête de
plusieurs Hordes , & forma un nouvel Empire. Ces

peuples
porterent alors le nom de Turcs. Ils devinrent maîtres
de toute la Tartarie. Ces Turcs se diviferent en deux bran-
ches ; alors les Turcs Orientaux & les Turcs Occidentaux
eurent chacun leur Khan. Ces derniers s'étendoient juf-
qu'aux frontieres de la Perse & de l'Empire Romain , où ils
pénétrerent. Ils donnerent naissance aux Hongrois, aux Uzes
& aux Patzinaces. Pendant ce tems-là, d'autres Turcs , ap-
pellés Hoei-ke, s'emparerent de la Tartarie, & détruisirent
les premiers. Plusieurs Hordes de Turcs , voisines de la Per-
se , y entrerent sous le nom de Seljoucides , & étendirent
leurs conquêtes jusqu'au Détroit de Constantinople. Ils se
partagerent en plusieurs branches. L'une regna dans la Per-
se ; une seconde, à Iconium ; une troisieme, à Damas; une
quatrieme , à Alep; & une cinquieme, dans le Kerman. Au-
paravant des esclaves Turcs avoient fondé de puissans Em-
pires , tels font les Thoulounides & les Ikhschidites en Egy-
pte, & en Syrie; les Ghaznevides au Nord des Indes. Plu-
sieurs Officiers des Princes Seljoucides profiterent de la foi-
blesse de leurs maîtres pour établir de nouveaux Empires ;
de-là l'origine des Sulthans de Kharisme, & des Atabeks
qui ont regné dans la Syrie.

Pendant que ces Princes regnoient dans la partie occidentale de l'Asie, Genghiz-khan , de la nation Mogole qui faisoit partie de celle des Turcs , s'éleva au fond de la Tartarie , & se rendit maître de ce vaste pays. Ses successeurs pénétrerent dans la Perfe, qu'ils soumirent. La postérité de Genghiz-khan forma un grand nombre de Royaumes , dont l'Empire de la Chine étoit le plus considérable. La Perfe, la Crimée , & les autres parties de l'Asie avoient des Khans particuliers, tous descendus de Genghiz-khan. Au milieu des troubles que l'irruption de ces Mogols avoit excités , quelques restes des Seljoucides d’Iconium qui s'étoient conservés dans les montagnes de l'Asie mineure, jerterent les fondemens de l'Empire des Ottomans , aujourd'hui maîtres de

Constantinople. Des esclaves Turcs achetés dans le Cap

LES HUNS, tchaq, s'emparerent du gouvernement de l'Egypte, & furent connus sous le nom de Mamlucs.

Tamerlan , aussi de la nation Mogole , & qui fortit de la Tartarie , profita de la foiblesse des Genghizkhanides pour faire la conquête d'une grande partie de l'Asie. Sa postérité y possede encore quelques Royaumes, & sur-tout les Indes, ou ce que nous appellons aujourd'hui les Etats du Mogol.

C'est ainsi que les Huns ont paru dans le monde sous différens noms ; mais outre ces peuples il y en a encore quelques autres dans la partie occidentale de la Tartarie , dont l'histoire nous est moins connue, parceque les Chinois ont négligé de nous la conserver. Tels sont les Ou-liun, nas țion considérable qui demeuroit aux environs de la riviere d'Ili; les peuples de Kaschgar , de Khoten, & des autres pays voisins, qui étoient gouvernés par des Rois particuliers. Le défaut de monumens ne m'a pas permis d'entrer dans quelques détails sur ces derniers. On apperçoit seulement que ces Royaumes sont fort anciens, & même antérieurs à la naissante de J. C. Mais on ne peut former une liste suivie des Princes qui y ont regné, ni distinguer les différentes fa milles.

I. Empire des HiONG-NOU , ou des Huns. Les Hiong-nou , une des plus nombreuses nations de la Tartarie Occidentale, erroient dans ces vastes campagnes qui sont au Nord de la Chine , nourrissoient de nombreux troupeaux, & habitoient sous des tentes. Ils étoient souvent en guerre avec la Chine , sans

que pour cela les Historiens Chinois nous aient transmis l'histoire des Hiong-nou dès les premiers tems de l'établissement de ces peuples. Ce n'est en effet qu'environ l'an 209 avant J. C. que l'on commence à trouver d'amples détails sur cette Histoire , & à pouvoir donner une Suite chronologique des Princes Hiong-nou qui portoient le titre de Tanjou ou Tchen-you. Mais il paroît en même tens que ce n'est qu'à cette époque que nous devons fixer le commencement de la puissance des Huns. Ils portesent alors la guerre dans les provinces orientales, & soumis

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