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& les Empereurs qui avoient protégé ces exercices. Ces médailles font affez communes; mais je doute que jufqu'à préfent on ait vû un camée contorniate parfaitement femblable à ces médailles, par le goût de la gravûre, par la difpofition du fujet, & le motif que l'on s'eft propofé; tel en un mot, que celui de ce numéro. C'est une agathe de deux couleurs, dont le fond eft tranfparent, & qui représente l'Empereur Néron dans un char à quatre che vaux, la tête rayonnante, tenant d'une main le fceptre confulaire, & de l'autre la mappa, efpéce de nappe que l'on jettoit dans le cirque pour faire commencer les jeux, & dont on récompenfoit enfuite le vainqueur. Autour de la tête du Prince font écrits en affez mauvais caractères & de relief ces mots, NEPON AFOYCTE, Néron Augufte. On voit par-là l'ignorance des Graveurs qui ne fçavoient ni écrire, ni prononcer exactement les mots de leur propre langue. L'ouvrage me paroît être du commencement du quatriéme fiécle, & avoir été fait à Conftantinople. Le goût de Néron pour les fpectacles du cirque, les victoires qu'il y remporta plufieurs fois, & les efforts qu'il fit pour mériter par des exercices fi peu dignes d'un Empereur Romain une gloire qu'il auroit dû méprifer, avoient frappé la multitude, & long-temps après fa mort ceux qui avoient l'intendance de ces jeux, étoient bien aifes de foûtenir l'émulation par l'exemple d'un Empereur qui n'avoit dédaigné de defcendre du thrône, pour fe mêler dans la foule des athlétes. Ne fuffifoit-il pas que l'hiftoire eût appris à la Poftérité les extravagances de ce Prince inhumain? falloit-il que le plus brillant des contorniates & le plus fingulier des monumens en ce genre fût deftiné à en perpétuer le fouvenir?

*

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PLANCHE LXXXVII.

A quoi bon rapporter ici plufieurs conjectures incertaines fur les bas-reliefs dont ce monument eft orné? IL me paroît une fimple coupe ou taffe à boire, fur laquelle un Particulier a fait repréfenter quelques chaffes où il s'étoit diftingué. Peut-être auffi cette gravûre n'est-elle qu'un effet de l'imagination de l'Artifte, où l'on croit démêler un ufage qui revient affez à nos chaffes aux toiles pour enfermer les animaux. A l'égard des poiffons que l'on voit au-deffous, je comprends encore moins ce qu'ils fignifient. S'ils ne viennent pas du caprice de l'Artiste, ils femblent faire allufion à un point de Mythologie que nous ne connoiffons pas, & caractériser trois fignes du Zodiaque terminés en poiffons, le Taureau, le Capricorne & le Lion. Ce morceau eft d'argent. Il a deux pouces de hauteur, & trois pouces cinq lignes de diamétre. L'ouvrage en eft d'une grande beauté, & les figures qui font pleines d'efprit & de mouvement, ont en même temps, malgré le peu de faillie du bas-relief, tout l'effet qu'on en devoit attendre. J'ajoûterai que ce morceau n'a pas fouffert la moindre altération dans aucune de fes parties, & qu'il n'étoit ni plus beau ni plus complet en fortant de la main de l'ouvrier.

Je ne parle point d'un nom que je crois Grec, & que l'on voit écrit für le deffous de la taffe. Les lettres formées avec des points, font fi mal en ordre, qu'elles ne peuvent se lire, & c'est par cette raison que je ne m'y fuis guère arrêté.

On trouve un deffein de cette taffe dans le Recueil de M. de Peiresc déja indiqué. Je dois enfin avertir que par inadvertence la Planche préfente cette compofition dans un fens contraire à celui de l'original, & que pour développer le bas-relief qui circule autour de la taffe, on a exprimé par des lettres de rencontre l'ordre de fa difpofition. PLANCHE

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PLANCHE LXXXVIII.

CE vafe de bronze qui fut trouvé, il y a environ dix ans, à Siftéron, petite ville de Provence, a trois pouces neuf lignes de hauteur, & quatre pouces dans fon plus grand diamétre. Les huit figures qui y font représentées en basrelief ont deux pouces neuf lignes de hauteur, & font d'un travail groffier, mais de goût. On diftingue aifément qu'elles ont été faites d'après une belle chofe. Le vase eft bien confervé, & l'ove, dont l'extrémité fupérieure est ornée, eft d'une bonne maniére, & semblable à celui qui fait partie du chapiteau de l'ordre Ionique. Le vase vû dans fes quatre afpects préfente toutes les figures qui entrent dans la compofition du bas-relief. Je dois feulement avertir qu'elles s'y trouvent dans un fens contraire à celui de l'original, faute d'attention qu'on ne fçauroit imputer qu'au Graveur, & à laquelle il est aifé de fuppléer, quand on en eft prévenu. A la fimple infpection de ce monument on reconnoît un combat de Lutteurs. Il falloit, pour gagner le prix dans cet exercice, combattre trois fois de fuite, & terraffer au moins deux fois fon adverfaire. C'est pourquoi le vainqueur eft ici dans deux fituations différentes, & toûjours prêt à renverfer fon antagoniste. Deux hommes debout, & couverts d'une efpéce de manteau, peuvent être regardés comme les maîtres de Paleftre, ou les perfonnes prépofées à la diftribution des prix. Deux couronnes font placées auprès du vainqueur, comme pour ranimer fon courage. Quant à l'une de ces couronnes que l'on apperçoit au-deffus d'un trepied, Paufanias nous apprend Voyage de l'Eli qu'autrefois dans les jeux Olympiques les couronnes deftinées aux vainqueurs étoient expofées fur des trepieds d'airain & cet ufage a dû s'introduire & fe perpétuer en d'autres endroits. Enfin les deux ftatues d'Hercule peuvent défigner que les jeux qui font ici repréfentés étoient Gg

1. v. c. 12.

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confacrés à ce héros. Ces deux ftatues font terminées en
gaînes, & dans l'une Hercule paroît avec le caducée, ce
que je n'ai remarqué fur aucun autre monument, & dont
je vais me fervir pour expliquer
pour expliquer un paffage de Cicéron que
j'ai rapporté plus haut, & où l'Orateur Romain demande
à fon ami Atticus des Hercules-Mercures. J'avois toûjours
penfé que par cette expreffion il falloit entendre des
ftatues d'Hercule fimplement terminées en gaînes; mais
on voit par ce monument que ces ftatues réuniffoient de
plus les fymboles de ces deux Divinités.

J'ai supposé jusqu'à préfent que ce monument ne repréfente qu'une action; cependant je ne fçai s'il n'a pas rapport à deux victoires remportées par le même athléte en différens endroits. Les deux couronnes & les deux ftatues d'Hercule chargées de différens attributs autorifent cette opinion. J'ajoûte que les deux figures couvertes d'un manteau reffemblent extrémement au vainqueur, & font dans l'attitude de gens qui voyagent. Suivant cette idée, le vase représenteroit un de ces athlétes qui alloient en plufieurs pays faire affaut de force & d'adresse.

pag. 160.

Il n'eft pas facile de déterminer l'ufage que l'on a pû Imp. Rom. num. faire de ce vafe. Patin qui en a publié un à-peu-près femblable, a pensé qu'il avoit fervi à renfermer les cendres d'un athléte. J'ignore fi le fien avoit pour cela les dimensions nécessaires; mais je puis bien assûrer que celui-ci ne les a pas. Ce n'étoit peut-être qu'un monument que le vainqueur s'étoit, pour ainfi dire, confacré à lui-même dans fon Laraire; ou bien il faut le prendre pour un de ces préfens que les athlétes offroient aux Dieux dont ils avoient imploré le fecours avant le combat. Enfin, je croirois volontiers que ceci est le modéle en petit d'un plus grand vafe. A l'égard du lieu où ce monument a été trouvé, l'athléte pouvoit être originaire de cette petite ville; ou bien le vase, dont le volume eft médiocre, y a peut-être été transporté.

PLANCHE

LXXXI X.

CETTE urne fépulchrale d'albâtre étoit autrefois de la plus grande magnificence. Le pied & le couvercle font modernes, le refte compris entre les deux lignes que j'ai fait ponctuer eft certainement antique. La prévention n'a aucune part à mon jugement, quand j'affûre que le pied & le couvercle ne font pas dignes du corps auquel ils font unis; la forme en eft pefante, & le travail bien différent. Il faut cependant convenir que l'albâtre eft très-bien assorti pour la couleur & la qualité; & j'ajoûterai, pour l'excuse de l'ouvrier moderne, que le corps de cette urne eft d'un si beau trait & d'une forme fi parfaite, qu'il falloit être trèshabile pour la reftaurer dans le même efprit. L'infcription, dont les lettres font en relief & ont cinq lignes de hauteur, nous apprend que cette urne renfermoit les cendres d'Emilia Mirine, fille de Marcus Æmilius, morte à l'âge de onze ans.

D. M.

AEMILIA. M. F.
MIRINE. V.
XI.

On connoît trop la puiffance & l'étendue de la famille Emilia, pour que je doive en parler, & pour être étonné de toutes les idées de magnificence qu'offre ce monument. Pos Les lettres en relief s'accordoient fans doute autrefois avec l'ornement que l'on voit courir dans une bande au-dessus de l'infcription, & dont l'ouvrage eft aujourd'hui en creux. Le travail en eft un peu éraillé, mais d'une bonne intention. Il en eft absolument de même de celui des jeux funéraires représentés au-deffus de cette bande d'ornement. Ces jeux font exprimés par des enfans qui luttent & qui chaffent. Voyez Mercurial. J'ai eu foin de développer dans le bas de la Planche ce qui n'a pû fe trouver dans le point de vue de l'urne. On voit

de Art. gymn.

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