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de bélier; & je puis affûrer que ce morceau eft réparé du
meilleur goût. On l'avoit ajoûté à un vafe de bronze qui
se voit au N°. I. de la Planche XCIX. ce qui le rendoit,
à la vérité, fort extraordinaire ; & ce fut auffi ce qui com-
mença à me le rendre suspect. Je trouvois les deux mor-
ceaux très-antiques, mais ils ne me paroiffoient pas faits
l'un pour l'autre, foit par la fingularité de leur affemblage,
foit par la différence de leur travail. J'étois néanmoins
perfuadé que ce vase avoit eu véritablement une anse, &
je croyois que l'on y avoit ajoûté ce manche, ou pour
rendre le vase plus intéreffant, ou fimplement pour cacher
les trous qui paroiffoient alors fermés par une foudure mifse
très-groffiérement & à deffein. Quel fut mon étonnement,
quand en mettant le morceau au feu pour
faire tomber
cette foudure, le manche se sépara, & me découvrit le
vafe abfolument pur, & fans jamais avoir eu ni anfe ni
fracture! Je conviens qu'il faut être fage & attentif dans
ces fortes d'opérations; mais on a peine à concevoir auffi
le nombre confidérable d'affemblages monftrueux produits
par l'ignorance, & plus encore par la cupidité & la fripon-
nerie. Il n'y a prefque point de cabinet où il ne s'en trouve
des exemples, principalement dans les bronzes.

N. V.

CETTE cuilliére d'argent, qui peut avoir aufsi-bien servi à l'ufage domeftique qu'au culte des autels pour prendre les parfums, a fix pouces dans fa plus grande longueur : le corps de la cuilliére a deux pouces moins une ligne de long, quatorze lignes de large, & trois de creux.

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N. I.

CE vafe de terre de couleur noire naturelle & fans aucun vernis, a sept pouces une ligne de haut, & six pouces huit lignes dans fon plus grand diamétre. Il eft d'une très-bonne forme, fur-tout pour le temps de fa fabrique, & le pays où il a été trouvé; & fi l'on veut jetter les yeux fur la Planche, on conviendra que cette forme eft meilleure que celle qu'on donne communément aujourd'hui aux vafes, foit pour les usages ordinaires, foit pour les ornemens étudiés. Ce vase étoit rempli de médailles, auffibien que deux autres que les ouvriers ont caffé, foit par accident, foit par cupidité. Les médailles étoient toutes de cuivre & communes : car il n'y en avoit que des Antonins, & celles des Princes de cette famille fe rencontrent plus ordinairement en France. Le terrein où l'on a trouvé ces pots, fait la plus grande fingularité de cette petite découverte.

M. le Président de Meinieres a une Terre fur les frontiéres de Champagne, qui n'eft éloignée de la Ferté-Milon que d'un quart de lieue, & qui fe nomme Bourneville; des ouvriers lui ayant demandé la permiffion de prendre de la tourbe auprès de fon château, il y confentit, à condition qu'ils creuferoient suivant la forme & les deffeins qu'il leur donneroit, afin d'avoir par ce moyen des piéces d'eau qui fe raccordaffent & qui convinffent à la beauté de fon parc. On travailla & l'on trouva à trois pieds fous l'eau au mois de Juin 1751, ce petit tréfor qui vraisemblablement n'avoit pas été placé à une grande profondeur, encore moins dans un terrein marécageux, comme il l'eft aujourd'hui. Ce qui prouve l'altération & les changemens que la fucceffion des années cause à la surface de la terre.

No. II.

ON a trouvé ce petit fanglier de bronze au commencement de l'année 1751, dans les fondations d'une maison que l'on bâtissoit à Bourges auprès de la Paroiffe de fainte Croix de la Cité, une des plus anciennes Eglifes de cette ville. M. de Maurepas m'a envoyé cette petite antiquité, avec quelques médailles Gauloises, & une de Salonine, femme de Gallien; toutes très-communes, & mal confervées mais elles avoient été trouvées dans le même temps & dans le même endroit. Le petit bronze très-bien confervé a un pouce fept lignes de longueur, & neuf lignes de

hauteur.

N°. III.

CETTE lampe de bronze d'une bonne confervation a deux pouces & demi dans toute fa longueur, y compris fon anfe, & un pouce neuf lignes dans fa hauteur, depuis fon plan. Elle paroît n'avoir été, non plus que celles dont j'ai parlé plus haut, qu'un meuble de chambre. Son mérite PlixxxvII.N.2. ne confifte que dans fa forme, qui n'est pas commune.

N. IV.

CET offelet de bronze imite parfaitement la nature par la figure & les dimenfions. Il n'a éprouvé aucune altération. L'ufage que les Romains en faifoient pour jetter au fort ou pour jouer, eft décrit dans plusieurs ouvrages, qui me dispensent d'entreprendre de donner les mêmes expli

cations.

N. V.

CE fer de javelot eft de bronze, & la langue Françoife ne nous donne point d'autre façon de nous exprimer. Sa longueur totale, en y comprenant la queue, eft de deux pouces fept lignes. Il recevoit le bois dans la longueur de près d'un pouce, & fa plus grande largeur eft de onze

lignes. Il devoit faire une blessure bien meurtriére, & être fort difficile à retirer du corps.

N°. VI. & VII..

Ces deux fers de fléche également de bronze ont deux pouces quatre lignes de longueur. Ils font difpofés pour recevoir le bois, & percés d'un côté, pour y être arrêtés. La différence de leur forme m'empêcheroit de les croire du même temps. Celui du N°. VII. eft triangulaire, oụ ce qu'on appelle de trois quarts; l'autre N°. VI. eft applati & dans la forme la plus ordinaire. Le métal de ces fléches & celui des armes des Anciens m'ont engagé à faire quelques recherches, qui peut-être feront utiles, avec le fer de lance rapporté plus bas à la Planche XCVI. No. III. je mets fous les yeux du Lecteur la plus grande partie des armes offenfives des Anciens, en cuivre; ce qui joint à la quantité d'épées de ce même métal que l'on voit dans plufieurs cabinets, doit fuffire pour prouver que les Grecs & les Romains ont fait un grand ufage du cuivre, & qu'ils ne fe font pas contentés de l'employer pour les armes défenfives, comme quelques Sçavans l'ont avancé. J'étois depuis long-temps perfuadé du contraire, & mon fentiment étoit fondé fur l'opinion du plus grand nombre des Antiquaires, parce que les armes des Anciens qui font venues jufqu'à nous, font prefque toutes de cuivre; cependant diverfes objections me firent naître des doutes, qui donnérent lieu à des expériences dont je rendrai compte à la fin de cet article.

Mais avant que d'aller plus loin, il faut que je réponde en peu de mots à la diftinction que plufieurs perfonnes admettent entre l'airain ou bronze & le cuivre, prétendant qu'elle étoit reçûe des Anciens. Peut-être étoit-elle parmi eux la même que celle que nous imaginons aujourd'hui, & qui confifte moins dans quelques légères préparations, que dans les différens noms que l'on donne à la matiére, felon

les ufages auxquels elle eft deftinée; & quoique ce soit fouvent la même chofe, on ne dira pas plus dans notre langue une marmite de bronze, qu'une figure de cuivre. Je crois auffi que les différens ufages que les Romains faifoient de cette matiére, les déterminoit à employer le mot as, ou le mot cuprum. Ce que j'ai avancé au fujet des armes de cuivre, eft fondé fur le grand ufage que les Anciens ont fait de la fonte du cuivre, fur leur profonde connoiffance dans cet Art, & fur quelques vérités tirées de la Phyfique, dont voici les principales.

Le cuivre fe tire de la terre avec facilité, & on l'y trouve en parties fort étendues. Il se met aisément en fusion, & aucun métal ne prend mieux le moule. Auffi l'hiftoire nous apprend qu'il a été le premier & le plus généralement employé. Le fer au contraire n'eft point du tout apparent dans la mine; on ne le trouve qu'en très-petites parties, qu'une premiére fonte ne fert qu'à réunir. Il faut au moins deux fois plus d'opérations pour le mettre en état d'être mis en œuvre, parce que l'on ne peut le jetter en moule que pour des ouvrages groffiers. Il faut donc toûjours le forger, c'est-à-dire, le travailler chaud & au marteau. Ainfi en convenant qu'il étoit connu dans la Gréce, dans l'Afie & dans l'Italie, on doit avouer auffi qu'il devoit être fort rare & très-cher dans tous ces pays. Je ne l'ai jamais regardé comme inconnu aux Anciens : les Auteurs atteftent trop fouvent le contraire, pour que nous puiffions en douter; mais il y a de grandes distinctions à faire à cet égard dans la lecture des anciennes hiftoires; & je fuis perfuadé que l'eftime toûjours attachée aux chofes rares, a fouvent engagé les Anciens à parler de ce métal par métaphore, & qu'enfin ils ont été sur cet article & en plufieurs occafions plus élégans qu'exacts. Quoique j'aie dit avec raifon que l'empire des Arts avoit éprouvé le plus de révolutions, je ne crois pas que les connoiffances fimples, comme celles des métaux, puiffent être dans le

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