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XXXII. Conference avec

AN. 1166. chevêque, mais encore la confirmation du doïenné

de Sarisberi', dont il se démit pour la forme entre 15. ep.7.6 103. les mains du pape ; qui lui donna de plus un an

ncau pour marque de son amitié, ainsi il revinc triomphant.

A son retour il palla chez l'imperatrice Mathill'imperatrice Ma- de mere du roi Henri ; & pour l’aigrir contre l'ar5. ep. szi chevêque de Cantorberi , il lui dit , que ce prélat

n'agissoit que par hauteur & par ambition ; & que les évêques de son parti ne soûtenoiont la liberté de l'église que pour augmenter leurs richesses. Car , ajoûtoit-il, les coupables que l'on accuse en Angleterre devant les évêques ne sont pas punis par des penitences qu'on leur impose, mais par des amendes pécuniaires. Vous pouvez

connoître

que Thomas n'agit pas par les vûës de Dicu , en ce que dès le commencement de son pontificat, il n'a pas asseinblé au tour de lui des hommes picux, mais des nobles lettrez, & qu'il a donné Ics benefices pour recompense des services, même à des gens dont les infamies sont publiques.

Le trcisiéme jour après que Jean d'Oxford eut 1. cp. 52. rendu cette visite à l'imperatrice, elle en reçût une

des députez de Thomas. Ils lui aportoient une lcttre par laquelle il la prioit d'exhorter le roi son fils à rendre la paix à l'église. Il peut arriver, disoit-il, que de fon tems il rendra tolerable par sa sagesse les coûtumes dont il s'agit : mais il est à craindre que ses successeurs n'en abusent à la ruine de l’église. L'imperatrice fit d'abord difficulté de recevoir cette lettre, mais enfin elle la reçût en secret ;

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& la fic lire non par ses clercs , mais par ceux qui An. 1166.
l'avoient apportée. Après l'avoir oüic, clle nia ďa-
voir parlé durement contre l'archevêque , assurant
que le roi son fils lui avoit celé tout ce qu'il vous
loit faire touchant les affaires ecclesiastiques, parce
qu'il savoit qu'elle étoit favorable à la liberté de l'é
glise. Elle ajoûta que s'il lui en donnoit licu elle
travailleroit à la paix de tout son pouvoir.

Dans une autre audience elle se fit representer
les coûtumes en question ; & aïant fait sortir tout
le monde de la chambre, elle ordonna aux dépu.
tez de les lire en Latin & les expliquer en Fran-
çois. Elle en approuvoit quelques-unes , comme
celle de ne point excommunier les officiers du roi
sans sa permission : mais elle desaprouvoit la plû-
part des autres, & sur tout qu'on eût fait promet-
ire aux évêques de les observer , ce que les autres
rois n'avoient point fait. Elle excusoit le roi son
fils

par son zéle pour la justice & par la malice des évêques. Car , disoit elle , ils ordonnent des clercs fans choix & sans les attacher à aucune église : d'où il arrive que la pauvreté & l'oisiveté fait tomber cette multitude de clercs en des actions honteuses. Car ce clerc sans titre n'a point de benefice à perdre, il ne craint point la peine temporelle dont l'église le défend, ni la prison de l'évêque, qui aime mieux le laisser impuni que d'être chargé de le nourrir ou de le garder. De plus on donneà un petit clerc cing ou six bencfices, ce qui produit quantité de difs ferens fur les presentations & les collations. Enfin les évêques reçoivent beaucoup d'argent pour dissi

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Arn. Lexov.f. 104.

XXXIII.

Guillaume & Otton legats.

AN.1166.

muler les pechez qui leur sont deferez, Les députez ne trouvoicnt point de réponse à ces plaintes de l'imperatrice , & reconnoisloient entre eux que c'étoit la source du mal. La conclufion de leur conference avec cette princesse fur , qu'elle leur demanda quelle pourroit être l'ouverture de la paix , & ils dirent : Il faudroit que le roi s'en raportât vôtre conseil & à celui d'autres personnes raisonables , & que l'on convine de suprimer la promessc des évêques & l'écrit ; & toutefois d'observer les ancienes coûtumes du roïaume, avec ce temperamment, que les juges seculiers n'aboliroient point les

libertez de l'église, & que les évêques n'en abuseRoger. Hoved. roient point. Il ne paroît pas que cette proposition p.sus, epitaphic ait eu de suite ; & l'imperatrice Mathilde mourut

l'année suivante 1167: le dixiéme de Septembre.

Les légats que le pape envoïa au roi d'Angleterre furenç Guillaume de Pavie cardinal prêtre du ţitre de S. Pierre aux-liens , & Otton cardinal diacre du titre de S. Nicolas de la prison. Leur pouvoir ne s'étendoit que dans les terres de deçà la mer qui obéissoient au roi d'Angleterre , mais ils у avoient toute la plenitude de puissance que peuvent avoir des légats. Celt ce qui paroît par la lettre du pape au roi d'Angleterre ; & encore plus par celle qu'il écrivit aux évêques de son roïaume, où il dit , qu'il envoře ces légats pour prendre conoissance de l'appel qu'ils avoient interjerté contre l’archevêque de Cantorberis & des autres causes qu'ils jugeront à propos, & pour les terminer canoniquement. Cependant, ajoûte-t'il , fi quelqu'un de ceux

que

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que l'archevêque a cxcommuniez se trouve en peril

ez se trouve en peril An. 1166. de mort : celui de vous qui se trouvera le plus proche pourra l’abloudre après avoir pris son Terment, que s'il revient en santé, il obéïra å nôtre commandement sur ce sujet. La lettre est darrée du palais de Latran le premier Decembre. Mais dans la let- 11. epilot tre à S. Thomas, le pape dit seulement qu'il envoïe ces légars pour rétablir la paix entre le roi & lui par une aimable composition, l'exhortant à s'y rendre facile , attendu la circonstance du tems & le besoin que

son églisc a de la presence. Vous pouvez, ajoûte-il, vous confier entierement en ces cardinaux, & vous ne devez avoir aucun soupçon de Guillaume de Pavie. Car nous lui avons enjoint très-exprefsément de travailler à vôtre paix de tout son pouvoir ; & il nous l'a promis de maniere à ne nous pas permettre d'en douter. C'est que le pape favoit quc Thomas se défioit avec raison de ce cardinal. 11 finit en priant l'archevêque d'exhorter le comte de Flandres à subvenir par quelque liberalité considerable au besoin present de l'église Romaine.

Le pape étoit à Rome paisiblement depuis qu'il. XXXIV. y écoic rentré sur la fin de l'année précedente : mais ric en Italie. au mois de Novembre de cette année 1166. l'em- Aita ap. Bar. an. pereur Frideric revint en Italie , à dessein d'établir Otto. Morena. p. à Rome l'antipape Pascal, autrement Gui de Crême, & d'en chaffer le pape Alexandre. C'est la réfolution qui fut prise à Roncaille dans une affemblée generale de toute la Lombardie. L'empereur avoit envoïé devant Rainold archevêque de Cologne & Chriftien de Maïence avec de grandes troupes ; & Tome XV.

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1166.

842.

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pour lui il s'attacha avec son armée au siege d’Ana An. 1166. cone , dont l'empercur de C. P. s'étoit cmparé,

moïennant de grandes sommes d'argent qu'il avoit
données aux citoïcns. Cependant l'allarme étoit
grande à Rome , parce que les Allemans s'étoient
rendus maîtres de toutes les villes d'alentour ; &
ne pouvant prendre Romc par force, ils eslaïcrent
de la gagner par argent, ensorte que plu licurs d'en-
tre le peuple cedant à leurs largesses , jurerent fide-
lité à l'antipape Pascal & à l'empereur Frideric.

Le pape Alexandre de son côté exhortoit les Ro-
mains à lui demeurer fidelcs , & à ramener les vil-
les voisines. Il leur offroit même de l'argent pour
cot effet : mais il ne pue rien gagner

sur ce peuple, qui feignant de vouloir plaire aux deux parties n'étoit fidele à aucun. Or Alexandre avoit reçû de Sicile un secours d'argent considerable. Car le roi Guillaume premier surnommé le Mauvais , étoit mort à Palerme sa capitale le dernier jour d'Avril cette année 1166. après avoir regné douze ans ; & avoit laissé

pour successeur son fils âgé de douze ans nommé aussi Guillaume , & depuis surnommé Lup. I. ep. 140. le bon. Le perc en mourant laissa au pape quaran

te mille sterlins , & le fils lui en cnvoïa encore au

tant l'année suivante. C'étoit une monoïe d'AnCang: glor. gleterre dellors très-connuë.

Vers le même tems Manuel Comnene empereur de C. P. envoïa à Rome Jourdain fils de Robert

prince de Capoüe, à qui il avoit donné le titre Ada ap. Bar. de Sebaste. Il se presenta avec grand respect de

vant le pape Alexandre,& mit à ses pieds de grands

XXXV. L'empereur Manuel envoie pape Alexandre.

au

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