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CHAP. 11. vant, comme un excès, comme une

singularité sans exemple, comme une folie , condannée non seulement par la prudence humaine, mais même par celle qui est une vertu , dont une conduite si peu mesurée seroit le scandale & la honte.

4. Ainsi une condition qui paroiffoit très-sérieuse, quand je s USCHRIST l'attachoit à l'honneur d'être son disciple, n'a presque jamais lieu : & plus il est clair qu'il en couteroit tout pour lui être fidéle, plus il paroît alors évident qu'on est dispensé de l'être. On demande alors des exemples d'un tel renoncement; & comme on n'en trouve point , ou qu'ils sont très-rares & peu frappans, parce qu'ils ne sont que dans des personnes obscures, on conclut qu'il n'y en a point ; & de ce qu'il n'y en a point, on conclut avec la même certitude, que si on le donnoit foi-même, on seroit très-imprudent & hors de la régle, au lieu de la fuiyre.

s. Mais si l'on peut conclure ainsi, tant qu'on ne regarde que les hom

& qu'on ne consulte que les

mes ,

hommes ; combien cette fausse pru. Cabr. 11. dence est-elle confondue

par
โ la

pa-
role de JESUS-CHRIST, soutenue
& expliquée par son exemple ? Les
termes de la loi sont généraux : Omnis
ex vobis. Personne n'est excepté. Le
renoncement est total : qui non renun-
tiat omnibus que possidet. L'exclusion
du nombre des disciples est sans re-
tour : non poteft meus effe difcipulus.
Les comparaisons qui précédent cette
loi dans le discours de JESUS-CHRIST
sont une preuve qu'elle est indispen-
fable. Car il nous compare à un
homme, qui avant que de bâtir une
tour , fuppute à loisir s'il aura de
quoi l'achever ; & à un Prince qui
etant en guerre avec un autre, exa-
mine avec soin s'il peut la soutenir,
ou s'il ne feroit pas mieux de la ter-
miner par une négociation de paix.
Après quoi , il ajoute : « C'est ainsi co
que quiconque d'entre nous ne re- 16
ronce pas à tout ce qu'il possede,
ne peut-être mon disciple. Qu'il
examine, avant que d'en prendre la
qualité, s'il aura de quoi la soutenir.
Pour moi, j'exige tout. Je veux un
facrifice plein & parfait. Je renonce

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CHAP. II. pour disciple celui qui commence &

édifier , & qui n'acheve pas ; qui
s'engage avec moi dans une guerre
dont il se lassera. Comme disciple
il doit m'écouter toujours ; & moi
comme son maître, je ne puis l'être
à demi , ni composer avec lui, ni
me .contenrer d'être son égal.

6. Voilà la loi : mais combien l'exemple du maître est-il plus clair & plus pressant que la loi ? De tous les biens dont la posseflion appartenoit à Jesus-Christ, lequel s'est-il réservė ? Que lui reste - 7 -il sur la croix ? Où est la gloire : Où est sa liberté ? A qui l'a-t-on associé dans son supplice ? De quoi n'est-il pas accusé, puisqu'il est accusé d'avoir ufurpé la qualité de Fils de Dieu, & d'être un séducteur que Dieu desavouë , & qu'il laisse expirer dans les tourmens ? Quel abandonnement peut être plus grand que le sien ? Son Pere même n'y en ajoute-t-il pas un autre infiniment plus sensible, dont il nous inftruit par ses plaintes ? Qui de nous peut renoncer ainsi à tout; & même aux consolations qui paroissent nécessaires à la patience ? De

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01

re ni

US

i qui le maître exigera-t-il un sacri Chap. 11.

face aussi universel que le sien ? Et
quand le disciple lui en offriroit un
pareil, y auroit -il quelque compa-
raison à faire entre le maître qui
donne l'exemple , & le disciple qui
le suit : entre le maître dont le ciel &
la terre sont les ouvrages, & un dis-

ciple à qui tout ce qu'il facrifie étoit air: prêté pour un tems : entre le maître

qui rachete son disciple, & qui donne
» tout pour le racheter ; & le disciple
qui conserve & qui rend éternel tout
ce qu'il sacrifie à son Rédempteur ?

S. III.
Explication d'un endroit de l'Ec-

clefiaftique chap. 14. qui mar-
que le saint empressement d'un
homme de bien pour découvrir
les traces de la Sagelle , qui
pour lors étoient fort obfcures.
Depuis que cette sagesse s'est
incarnée, ces traces sont visi-
bles, do conduisent toutes aus
Calvaire.
1. Il y a un endroit admirable dans

DS

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111

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CHAP. II. le 14e chapitre de l'Ecclesiastique ;

où le Saint Efprit représente d'une
maniere très - vive & très - touchante
l'empressement d'un homme de bien
pour découvrir les sentiers où mar-
che la Sagesse, & le lieu où elle se
retire : sa sainte curiofité pour con-
fiderer ce qu'elle fait , & pour écou-
ter ce qu'elle dit, afin de régler ses
actions sur un si parfait modéle : sa
joie de l'avoir trouvée , & son

ap-
plication à bâtir auprès de sa mai-
fon une cabane où il soit en sûre.
té avec sa famille contre tous les
malheurs & tous les dangers qui sont
inévitables dans le reste de la terre.
Cette divine Sagesse est certainement
celle qui est née du Pere céleste &
qui s'est incarnée pour nous ,

lori-
que les tems ont été accomplis. Mais
il faut lire le texte , avant que

d'en
faire l'application à Jesus - Christ
qui est devenu notre modéle , & prin-
cipalement sur la croix
laquelle celui qui est véritablement
{age fixe sa demeure , & y trouve

un asyle contre tous les dangers ou Eucli, 14. 22.

publics, ou particuliers. » Heureux

l'homme qui va après la Sagesse ,

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auprès de

17.

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