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les amis de l'archevêque, & lui firent plusıcurs in- AN. 1167: sultes. Ils lui avoient d'abord fait toute forte de foậmission & offerts deux mille livres , pourvû qu'il les laissât vivre selon les droits dont la ville avoit toûjours usé depuis le tems de S. Remi. Ils s'étoient aussi adressez au roi Louis pour adoucir par son moïen l'archevêque son frere, mais ils n'y avoient

pas

réüsli. Ils eurent donc recours à Henri comte de Champagne, & par son conseil ils se foậmirent au roi, que l'archevêque avoit amené pour réduire la ville. Le roi fit abatre environ cinquante maisons, ce qu'il fit à regret & toutcfois il ne satisfit pas son frere.

Trois jours après qu'il se fut retiré, les bourgeois revinrent; & pour se vanger, abbatirent les maisons des gentils-hommes qui favorisoient l'archevêque, savoir du vidame & d'un autre qui avoit été gouverneur de la ville. L'archevêque implora lc fecours du comte de Flandres , & l'amená avec mille chevaliers , pour faire main-basse sur les bourgenis ou les jetter dans des prisons. Mais ils previnrent l'arrivéc du comte , & vuiderent si bien la ville, que les Flamans y trouverent à peine de quoi subsister un jour. Cependant à leur infçu l'archevêquc fit fa paix avec les bourgeois , par l'entremise de son frere Robert comte de Dreux, moïennant quatre cens cinquante livres, pour reparation des dommages qui montoient à quatre fois autant , leur permettant de vivre suivant leurs anciens usages ; & après cette paix si honteuse, il étoit encore mal avec son clergé, & vexoit les

Tome XV.

Mm

Marlot. to. 1. P:391.

An. 1167. églises qui offroient de lui faire justice. C'est ce

qu'en racontoit Jean de Sárisberi.

On croit que ce differend venoit de la comSwp.1. LIV1.0.18. mune nouvellement établie à Reims, comme en

plusieurs autres villes ; & à l'occasion de laquelle les bourgeois vouloient restraindre la jurisdiction de l'archeveque, & étendre la leur sur quelques privilegicz. A l'égard du clergé, les chanoines de Reims le plaignoient, que l'archevêque les traitsoit avec une dureté excessive, & excicoit le roi fon frere à faire sur cux des exactions & saisir leurs biens, au prejudice de la liberté de l'eglise. C'est ce qui paroît par les lettres quc

le

pape Alexandre en écrivit au roi & à l'archevêque.

Ce prélat étant en Flandres , alors soûnise à la

i métropole , y trouva des Manichéens, que le peuDuchêne to. 4. ple nommoit Poplicains ou Publicains , non que P. 729.ep:,458; l'on croit être venu de celui de Pauliciens. Ils se

duifoient les simples par une apparence de vertu, & offrirent à l'archevêque six cens marcs d'argent pour n'être point recherchez, mais comme il n'en fut pas touchez ils appellerent au pape. Ce qui obligea le roi Louis de lui en écrire, afin qu'il lais

sât agir l'archevêque son frere, Car çette herclic Sup. I. 2xv11. avoit jerçé en ces quartiers-là de profondes racines,

comme nous avons dit en parlant de Tanchelme.
1 On trouva dans le même tems à Vezelai en
Bourgogne neuf de ces mêmes heretiques, que l'ab-

bé Guillaume fit; feparer & enfermer ; jusques à 3. spicil. p. 644. ce que les évêques & les autres personnes d'auto

rité fussent venus pour les convaincre. On les

L. Manichéens en Flandre & en Bourgogne.

Cang. glof. POplic.

78.34

Hift. Vizel. to.

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tint pendant deux mois en prison ; & on les fai- An. 1167.
foit venir souvent pour les examiner sur la foi,
tantôt

par les menaccs & tantôt par la douceur.
Enfin. ils furent convaincus par des évêques , des
abbez & d'autres personnes doctes, de rejetter trois
facremens : savoir le batême des enfans , l'eucha-
ristie & le mariage ; & plusieurs autres saintes pra-
tiques ; savoir le signe de la croix, l'eau benite , les
bâtimens des églises, les dîmes & les oblations, la
profession monastique , & toutes les fonctions des
clercs & des prêtres. Comme la fête de Pâques ap-
prochoit , deux d'entre eux aïant oiii dire qu'on
les alloit examiner par le feu , feignirent de croi-
re ce que croit l'église, & offrirent de subir l'éprcu-
ve de l'eau. On les amena donc à la procession en
presence d'un grand peuple qui rempliffoir tout le
cloître , de Guichard archevêque de Lion, de Ber-
nard évêque de Nevers ; de Gautier évêquc dc Laon
& de Guillaume abbé de Vezelai , étant interrogez
ils répondirent qu'ils croroicnt comme l'église ca-
tholique , & s'offrirent à subir l'examen de l'cau.
On en rendit graces à Dicu , & l'abbé demanda à
tous les aflıstans : Que ferons-nous donc de ceux
qui demeurent dans leur obstination ? Ils répon-
dirent tous : Qu'on les brûle. Qu'on les brûle. Lc
lendemain les deux qui paroissoient convertis étano
éprouvez par l'eau, l'un fut jugé innocent l'autre
coupable, & toutefois l'abbé le contenta de le fai-
re foüctter publiquement & le bannir. Les fept. Chr. Vizel. to.

1. bibl.Lab.p.397.4 autres furent brûlez. C'écoit l'an-1167.

Cependant: l'empereur Frideric aïant perdu ses

LI.

II. ep. 66.

An. 1167. troupes , & voïant les villes de Lombar die revol

técs contre lui, ne savoir comment se retirer d'Itafeine de vouloir lie. En cette extrêmité il écouta le conseil d'un quitter le sclisme. Chartreux qui avoit été fort familier auprès de lui

& l'avoit quitté à cause du schisme. Ce religieux lui representa avec larmes , qu'il n'auroit jamais de paix s'il ne se reconcilioit à l'église ; & obtint de lui qu'il manderoit le prieur de la grande Chartrcule , l'abbé de Cîteaux & l'évêque de Pavie qu'il avoit chassé, & qu'il promettroit de suivre en tout leur conseil , pourvû qu'ils prissent sur eux la contravention au serment qu'il avoit fait, de ne jamais reconnoître le pape Alexandre. Cette proposition, donna bien de la joie à tous ceux qui l'apprirent, & les Lombards commencerent à s'adoucir , cfperant la conversion de Frideric.

Le prieur de la Chartreuse fe mit donc en chcmin avec l'évêque de Pavie & Geofroi évêque d'Auxerre qui avoit été abbé de Clairvaux, & que l'abbé de Cîteaux envoïa à la place , parce qu'il étoit grievement malade ; ils envoïerent devant un rcligicux , pour savoir de l'empereur le lieu & le tems de la conference. Mais cependant le marquis de Montferrat avoit traitté avec le comte de Moriene son parent , & avoit obtenu de lui qu'il donneroit passage à l'empereur. Alors ce prince se trouvant en sûreté répondit , qu'il étoit inutile que les prélats vinssent : à moins qu'ils n'amenassent avec eux visiblement un ange du ciel, ou qu'ils n'eussent le pouvoir de faire des miracles, comme de guerir des lépreux ou ressusciter des

Mor. p. 847

LII. Fondation d'A

morts. Ainli ils s'en retournerent. ' L'empereur se An. 1168. retira donc au mois de Mars 1168. mais de nuit & déguisé en valct , & passant par la comté de Bour- Contin. Acerba gogne

il revint en Allemagne. Cette retraitre de l'empereur encouragea puissamment les villes de Lombardie liguées contre lexandrie de la lui ; ensorte que non contentes d'avoir rebâti Mi- "Ada Alex.ap. lan ; elles resolurent de fonder une nouvelle ville Baron:

Guill. Neubr. à l'entrée du païs , pour s'opposer aux premiers ef- 11.6.17. forts des Allemans. Ce dellein fur executé le premier jour de Mai 1168. & on nomma la nouvelle ville Alexandrie en l'honeur du pape. Elle eut dès la premiere année quinze mille habitans portant les armes ; & l'année luivante ses consuls allerent trouver le

pape à Benevent , lui offrant leur ville en proprieté & à l'église Romaine à qui ils la rendirent tributaire. Les imperiaux la nommerent par mépris Alexandrie de la paille , mais elle a sublifté & est encore une ville considerable dans le duché de Milan.

L'antipape Gui de Crême étoit toûjours à Ro- 11. ep.66. Chr. me à S. Pierre : mais il mourut cette année 1166. le vaf. 1168. vingtiéme de Septembre , après avoir porté le nom de Pascal Ill. quatre ans & cinq mois. Son parti elut à sa place Jean abbé de Strum élu évêque d'Albane & le nomma Calliste III. Il porta ce titre

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Sup. n.7.

dix ans.

LIII.

Vers le tems où Gui de Crême mourut , le

pape Alexandre reçût encore une ambassade de Ma- nuel envoicau panuel empereur de C. P. semblable à celle qu'il en pe Alexandre. avoit reçuë deux ans auparavant. Un des grands 1170

Aita ap. Bar. an.

Supo

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