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C'eft ainfi que les Romains ont toûjours travaillé leurs verres, fans avoir peut-être connu le moyen de les faire autrement. De quelque grandeur qu'ils aient été, tous ceux que j'ai vûs me mettent en état d'avancer hardiment qu'ils n'ont point fait usage des autres pratiques.

N. I.

CETTE belle urne de verre a été trouvée il y a très-peu d'années auprès d'Aix en Provence, dans une Terre dont M. le Président de S. Canat porte le nom, & c'eft lui qui m'en a fait préfent. Elle eft de la plus parfaite confervation. Ses anses font de très-bon goût, mais fon couvercle n'est pas auffi mále que les autres parties. Elle renferme encore les cendres & les os calcinés qu'on lui avoit confiés, & je puis affûrer que ceux-là n'ont point été fuppofés. Il eft affez ordinaire de trouver dans cette Province des vafes de cette efpéce, recouverts par des boëtes de plomb rondes, peu épaiffes, & fans aucun travail, fans autre chose enfin que ce qui eft nécessaire pour procurer une plus grande confervation au morceau de verre que ces caiffes de plomb enveloppent. Je me fuis contenté, pour faire fentir la fimplicité de cette enveloppe, de la marquer par des lignes ponctuées; elles ne donnent que l'idée d'un trait quarré : mais on fent bien qu'il n'étoit pas poffible d'exprimer fa rondeur, fans la deffiner à part: ce qui n'en valoit affûrément pas la peine. Il fuffira de fçavoir que le deffus de cette boëte n'étoit point foudé, qu'il faifoit un recouvrement d'un peu plus d'un pouce, & qu'il fe levoit, comme il arrive dans toutes les boëtes qui n'ont point de charniéres, & ce recouvrement eft défigné par les points. La hauteur de cette urneeft de huit pouces, & fon plus grand diamétre de fept pouces deux lignes.

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No. II.

N°. II.

CE vase a un peu plus d'un pied de hauteur, & fon diamétre qui eft à-peu-près égal par-tout, eft de fix pouces huit lignes. J'ignore fi jamais il a eu un couvercle. Sa forme cylindrique n'eft pas ordinaire dans les vafes Romains: elle reffemble à celle du vafe de terre Egyptien que j'ai rapporté à la Planche XV. N°.I. & ce vafe n'a de différence que fes anfes, & la poffibilité d'être pofé fur fon plan. Je l'ai trouvé par hazard dans Paris. C'eft tout ce que j'en fçais. Il me paroît cependant avoir trop peu de rapport avec les trois autres de cette Planche, pour affirmer qu'il ait eu le même objet.

No. III.

La plus belle forme, les anfes les plus élégamment placées, les évafemens les mieux espacés, font de ce vase de verre un objet extrêmement agréable à la vûe. Je ne doute point qu'il n'ait été destiné à renfermer des cendres, & que par conféquent il n'ait eu un couvercle; mais la perte de ce couvercle ne doit point exciter nos regrets. La hauteur du vase eft de neuf pouces, & fon plus grand diamétre est de huit. J'ai fait acheter ce vafe en Provence, d'où il m'a été envoyé fans aucun détail.

N. IV.

VOICI tout l'équipage d'un mort, trouvé en 1750. dans un village auprès de Montpellier. Il confifte dans les quatre morceaux fuivans. Une urne de verre, dont la forme un peu trop écrasée, & qui n'eft pas des plus belles, eft néanmoins parfaitement confervée. Elle a en tout neuf pouces deux lignes, depuis fon affiéte jusqu'au-dessus du bouton de fon couvercle, & près de huit pouces dans fon plus grand diamétre, que les anfes excédent de chaque côté d'environ onze lignes. Un petit vafe de même matiére que Pp

le précédent, & qui paroît de la même fabrique. Il étoit fans doute destiné à mettre le lait ou le vin que l'on offroit aux manes de la perfonne morte. Il a fept pouces de hauteur, & deux pouces cinq lignes fur fon plan quarré, qui s'élève dans cette même forme à la hauteur de trois pouces trois lignes jufqu'à la naiffance du goulot. Non-feulement celui-ci n'a pas plus de ponty que tous les autres, mais fon fond eft orné de quatre cercles faillans, & d'autres qui font creux. J'ai rendu compte de cette opération au commencement de cet article. On voit encore dans l'équipage de ce mort un petit plat de terre cuite recouverte d'un vernis rouge. Il a fix pouces trois lignes de diamétre. Il eft creux & rond. Le rebord plat dont il eft orné, eft large d'un pouce, & laiffe une efpéce de conduit pour les fluides qu'il contenoit. Il étoit fans doute deftiné pour les vivres dont on avoit eu foin de fournir le mort. Enfin, je n'ai voulu négliger aucune des attentions l'on avoit eu pour le défunt, & je rapporte jufqu'aux reftes de la petite urne qui renfermoit les larmes que l'on avoit répandues pour lui. Elle ne m'eft pas venue en meilleur état : elle eft ronde par fon extrémité, & ne pouvoit être pofée droite, mais feulement couchée. Ce qui m'étonne, c'eft que fon épaiffeur eft plus forte que celle des autres vases: la matiére paroît cependant de la même qualité.

que

PLANCHE CIV.

N°. I. & II.

Je vois toûjours avec un nouveau plaifir les vases antiques, à cause de la noble fimplicité de leur trait; & j'avoue que j'ai une fécrette joie,quand le hazard m'en procure. Celui-ci eft de verre, & me paroît devoir être mis dans la claffe de ceux que les Romains qui habitoient les parties méridionales de la France, plaçoient dans leurs tombeaux. Ce vase est affez mal confervé; mais toutes les piéces ayant été remises

à leur place, on peut juger de fa forme. La fingularité de fes anfes, la folidité qu'elles indiquent, & enfin le bon goût qui y regne, m'ont engagé à en rapporter une féparément. Elle fert à faire connoître ce vafe fous fes deux afpects. Sa hauteur totale eft de huit pouces deux lignes, & fa longueur de fept pouces & demi. L'anfe marquée au N°. II. a trois pouces quatre lignes de hauteur : fa largeur la plus élevée eft de deux pouces onze lignes, & la plus inférieure de trois pouces fept lignes. C'eft feu M. Geoffroi, de l'Académie Royale des Sciences, qui m'a donné ce monument.

N°. III.

LES Connoiffeurs ne manqueront pas d'admirer l'efprit de la touche, & la jufteffe des mouvemens de ce cheval, qui n'a d'ailleurs rien de curieux, ni d'hiftorique. Ce petit bronze eft fondu maffif. Sa plus grande longueur eft de six pouces, & fa hauteur de trois pouces neuf lignes.

N°. IV. & V.

Ces deux verres font ornés de têtes en relief qui me paroiffent avoir quelque mérite: auffi les ai-je rapportées de face & de profil. Celle qui est au N°. IV. eft de la plus belle couleur verte, imitant l'émeraude. La tête est trèsbien dessinée, & tout aussi agréable dans fon trait que dans l'agencement de fa coëffure & de fa composition. Celle que l'on voit au N°. V. imite encore plus parfaitement la turquoise. Il fe pourroit même qu'elle ne fût point Romaine. La fingularité de fon travail eft ce qu'il faut fur-tout remarquer. Ces deux petits morceaux n'ont qu'un peu plus de neuf lignes de diamétre, & je crois qu'ils ont fervi de parures dans les divers habillemens.

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PLANCHE

N. I.

P. 105.

EN travaillant à la fontaine de Nîmes, on découvrit il y a quelques années deux coins de médailles de l'Empereur Augufte, tous deux de bronze, de figure conique, & tous Tom.XIV. Hift. deux gravés quelque temps après dans les Mémoires de l'Académie. L'un de ces coins ayant été mis fous le balancier par ordre de M. de Bernage, qui étoit alors Intendant de Languedoc, ne put résister à la force de cette machine; il fe caffa, & les morceaux en ont été négligés & perdus. L'autre dont je donne ici le deffein, & qu'on pourroit prendre plûtôt pour un fceau que pour un coin de médaille, avoit paffé par différentes mains qui n'en connoiffoient pas le prix, & étoit fur le point d'éprouver un fort plus funefte, fi le hazard ne me l'eût fait tomber entre les mains. Il a quatorze lignes de haut, & onze lignes de diamètre, de façon qu'il a une ligne de plus en hauteur que le coin du cabinet de fainte Geneviéve, déja publié Cab. de fainte par le P. du Moulinet, qui paroît ne l'avoir pas bien lû. Car au lieu de ces mots CAESAR AVGVSTVS DIVI F. PATER PATRIAE, qu'on diftingue encore dans l'original, il a mis dans fa copie : IMP. CAESAR AVGVSTVS PATER PATRIAE.

Genev. p. 117.

CV.

Ces trois coins d'Augufte étoient d'une forme avantageuse pour résister au marteau. Car étant placés dans un mandrin de métal & de même forme, ils fe trouvoient exactement & également foûtenus dans toutes leurs parties, & l'on fent bien que le cuivre dont ils étoient compofés n'étant point trempé, avoit befoin d'un pareil fecours pour résister au grand effort qu'il devoit éprouver. Je ne puis rien dire de celui qui a été caffé mais la pefanteur des deux autres comparée à leur volume, m'ayant étonné, je les ailimés légérement à leur extrémité; & par le moyen de l'analyse, j'ai vû clairement qu'ils étoient compofés

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