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AN. 1931.

fesser , administrer quelque sacrement que ce soit, » parce que ce seroit limonie ; de tels prêtres sont simoniaques & excommuniez , & ceux qui donnent

de l'argent pechent mortellement ; mais après les » sacremens administrezon peut donner quelque cho

se au prêtre pour Dieu & en aumône, autrementce» lui qui donneroit seroit excommunié.

La décision est que , quoique les ministres de l'église doivent s'abstenir de toute apparence de mal & de cupidité , néanmoins cette proposition quant à la premiere partie , qui se termine exclusivement à ces mots,mais après , @c. est avancée contre la difposicion du droit naturel & divin, & par consequent fausse, notoirement hérétique , car l'ouvrier eft digne de son salaire. La raison que l'auteur de la proposition rend à ces mots,parce que ce seroit fimonie; oft fausse aussi, schismatique, & injurieuse à l'état ecclésiastique ; & quant à la feconde partie qui dit, qu'après les sacremens on peut donner, oc elle est faussé & conforme à l'erreur de Wiclef condamnée dans le concile de Constance ; car ce que le peuple donne à celui qui administre les sacremens n'est, pas proprement une aumône,mais plûtôt une dette comme l'enseigne l'apôtre , & ceux qui donnent ainsi, ne font

pas censez excommuniez ni pecher mortelle» La troisiéme. Un paroissien qui sçait que son curé, vicaire ou autre prêtre est concubinaire,ne doit

point assister à la messe les fêtes & dimanches ni » aller à l'offrande , autrement il commet un peché » mortel : : ceux aussi qui mangent & boivent avec - eux ou qui les frequentent, ou qui les invitent à

ment.

il s'ensuit que

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w dîner sont excommuniez, parce que ces prêtres le

font. La faculté décide que le concile de Constance An. 1531. ayant voulu , pour éviter les scandales & ménager les consciences timorées , qu'on ne regardât aucun comme excommunié, à moins qu'il n'eût été dénoncé tel par le juge, excepté lorsqu'on a frappé violemment un clerc , & que le crime ne peut être caché,

la premiere partie de la proposition prêchée indistinctement, eft fausse , & éloigne les fujers de l'obéissance qu'ils doivent à leurs supérieurs. Quant à la seconde partie,on croit que ceux-là ne péchent point & ne sont point excommuniez qui conversent honnêtement avec ces sorces de prêtres, quoi. que ceux-ci soient véritablement'excommuniez.comme on le voit dans le concile de Constance déja cité.

La quatriéme. Un prêtre concubinaire public ne peut & ne doit confesser un pénitent ni l'absoudre ; » & ceux qui s'adressent à tels prêtres n'étant pas con

fellez, doivent le faire à un autre qui ne soit pas concubinaire : celui qui se confesse à un prêtre qu'il sçait être en péché mortel, ou qui entend sa messe, péche mortellement. La faculté dir que, quoique les prêtres incontinens & concubinaires péchene grievement & scandalisent l'église, ce qui oblige les supérieurs & les évêques à les remettre dans leur devoir par les voyes qui sont légitiines ; cependant la proposition entenduë dans la premiere partie d'un prêtre concubinaire public , mais qui n'est pas

dénoncé comme tel par le juge, est manifestement fausse , schismatique , fraude les fidéles du bienfait de l'absolution. La seconde partie est fausse de même, en sorte que celui qui se confefle à un prêtre

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concubinaire n'est pas obligé de recommencer fa An. 1531. confession à un autre , quoique le premier péche

mortellement, lorsqu'étant en état de péché mortel il administre quelque sacrement.

» La cinquiéme. Ceux qui font dire la messe à un prêtre qu'ils sçavent être concubinaire public, & v ceux qui y assistent; sont excommuniez & péchend » mortellement.

L'on décide que la proposition avancée en termes généraux , parlant d'un prêcre qui est prêt de célébrer, est teméraire & ne doit point être prêchée. Et quant à ceux qui assistent à la mesle, on a dit qu'ils n'étoient point excommuniez & ne péchoient point.

» La sixiéme. Celui qui sçauroit que l'ame de son » pere dûr demeurer en purgatoire dix ans ou plus, » ou qu'elle dût être délivrée par une messe d'un prê» tre concubinaire, celui-là devroit laisser ainsi sous» frir l'ame de son pere , plûtôt que de faire dire ladi» te messe par ce prêtre concubinaire. La faculté décide & qualifie cette proposition de la même maniere que la précédente.

La septiéme. Il ne faut ni danser ni jouer aux cara » tes en la compagnie d'un prêtre sur peine d'être ex

communié. L'on décide que ces choses n'étant point défenduës par le droit sur peine d'excommunication, cette proposition quant à les deux parties, est avancée faussement & avec témérité.

» La huitiéme. Entre les interrogations que pou, » voient faire les Juifs à Judas , en voici une : quel

homme est ton maître Jesus ? Judas n'a-t'il point de servante ? Ce qui est caxé de capable d'offenser les preilles pieuses,&ne doit point être prêché au peuple.

La

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La neuviéme : » Casphe ravoit des servantes, du » concubines qui firent renier Dieu à S. Pierre.» Cette A N. 1531. proposition est déclarée frivole & inventée à plaisir.

La dixiéme :-- Toutes les fois que le prêtre va » avec sa concubine , en commettant le peché, elle

lui fait renier Dieu. » La faculté dir que bien qu'un prêtre peche très-grievement en vivant dans le dé. fordre avec une concubine , il ne faut pas dire pour cela qu'il ait renoncé à Dieu, puisque l'église parlant à Dieu des pécheurs qui sont morts en la pré, fence, lui dit, que quoiqu'ils ayent peché, ils ne long pas toutefois renié.

La onziéme : » Les enfans des prêtres sont des dé» mons, & les enfans du démon. » Ces enfans, dit la faculté,nez d'un commerce illicite & facrilége ne doivent être appellez ni démons, ni enfans du démon, puisqu'ils peuvent être fideles & sauvez comme les autres.

La douziéme Ni le pape, ni l'évêque pel peu» vent dispenser de manger du beurre en carême fans » une grande nécessité. » La faculté dir que quoiqu'on doive observer les réglemens de l'église, & qu'on ne doive pas accorder indifferemment l'usage du beurre en carême sans cause raisonnable, cependant le pape & les évêques peuvent le permettre sans qu'il y ait une grande néceflité.

Un certain religieux de l'ordre des freres mineurs CXXXIV: ayant avancé cette proposition dans sa sorbonique , cordelier sur la disoutenuë le septiéme de Juillet 1531. » Jesus-Christ vinités de Jesus» rédempteur des anges & des hommes n'étoit pas d'Argentré col» nécessairement regardé comme Dieu.» Onen fit des Dupin bibliol. dis plaintes au syndic Noël Beda , qui proposa l'affaire à aut. t. 13. p. 222,

Tome XXVII,

Nn

la faculté, demandant que ce religieux , qui se nomA N. 1531. moit Aigulphe Lamberci, réparât la faute, ce qui fus

ordonné pour l'édification de l'école & la sincerité de la verité. Le religieux en pleine classe avant l'argumentation expliqua ce qu'il avoit avancé pour réparer le scandale , & dit, que quoique dans la réponse il ait donné un sens assez probable à la proposition, que son dessein n'avoit jamais été de nier la divinité de Jesus-Chrift, & qu'il avoit voulu seulement dire, qu'une créature a pu absolument réparer le genre humain, que par conséquent Jesus-Christ n'é. toit pas rédempteur nécessairement, mais d'une ma niere contingente ; cependant parce que la propofition semble présenter un autre sens, qui est hérécique, & qu'il a toujours reconnu pour tel dans ses réponses, il prie très-humblement l'assemblée de n'avoir aucun mauvais soupçon de sa foi & de ses sentimens, n'ayant jamais entendu dans un sens hérécique la proposition qu'il avoit avancée:

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