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exemple fenfible dans une figure d'Harpocrate, rapportée par Cuper, & dans quelques autres gravées dans l'Ouvrage du P. de Montfaucon. Enfin ma derniére preuve, & la plus convaincante, c'eft qu'il eft démontré par une foule de témoignages, qu'Harpocrate, Horus & le Soleil n'étoient qu'une même chofe dans le fyftême Saturn. lib.1.c.21. Religieux des Egyptiens; en effet, Macrobe dit : « Lorfqu'ils veulent confacrer une ftatue au Soleil, ils la repréfentent la tête rasée, à l'exception du côté droit, dont on laiffe paroître les cheveux. Cette petite partie réfervée montre que le Soleil ne fe découvre jamais au » même moment à l'Univers entier; les cheveux coupés, » & dont il ne refte plus que la racine, prouvent que cet » Aftre, après avoir disparu, a le pouvoir de renaître. »

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Macrobe ajoûte une autre interprétation à celle-ci. Je
ne garantis la justesse ni de l'une ni de l'autre ; il me fuffit
qu'il ait attefté l'usage des Egyptiens, pour en conclure
que cette efpéce de parure, dont la tête d'Harpocrate eft
fi souvent ornée, n'eft qu'une treffe de cheveux.

Les deux figures de cette Divinité que j'ai fait graver,
nous apprennent auffi que les Egyptiens
les Egyptiens ont donné l'exem-
ple aux autres Peuples, de mettre aux figures de bronze
des
yeux d'une autre matiére que celle qu'ils employoient
pour la figure même.

Celle du N°. I. paroît encore avec les yeux d'argent,
l'autre a perdu ceux qu'elle avoit. J'avoue que cet ufage,
qui n'a rien de naturel ni d'agréable, m'a toujours révolté,
& que je ne puis comprendre le motif qui l'a fait recevoir.
Eft-ce magnificence ? elle eft déplacée. Eft-ce un goût de
fingularité? il eft mauvais. Il faut convenir que la mode
& l'habitude ont une force inexprimable, & qu'elles ont
exercé dans tous les temps un empire trop abfolu fur
l'efprit des hommes; car enfin les Egyptiens eux-mêmes
n'ont pû y réfifter. Comment ces Peuples qui voyoient fi
jufte, & dont la façon de penfer étoit fi grande & fi

Harpoc. p. 26.
Antiq. exp. tom.

2. pl. 123.

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diftinguée, ont-ils foûtenu avec quelque plaifir la vûe
d'un ornement fuperflu, qu'un meilleur examen auroit dû
leur faire rejetter comme tout-à-fait hors d'œuvre? Ne
devoient-ils pas fentir que quelque peu d'étendue qu'eût
cette addition, elle tranchoit avec le refte de la figure, &
en interrompoit totalement l'accord? & ce qui produifoit
encore un effet plus mauvais, c'eft que par fon brillant
cette petite portion d'or ou d'argent attiroit les regards,
& empêchoit de remarc
remarquer l'ordre & la proportion qui
étoit entre les parties, dont le jufte rapport devoit faire

toute la beauté.

Je ne puis paffer à un autre article, fans dire que j'ai vû quelques figures Egyptiennes, dont les yeux étoient d'or; & fans ajoûter que la couleur basanée des habitans de l'Egypte, donnant plus d'éclat au blanc de leurs yeux, pouvoit autorifer l'ufage que je viens de blâmer; mais le reproche subsiste en entier pour les Etrufques, pour les Grecs & pour les Romains. Cependant, quoique j'aie vû peu de bronzes Grecs avec cette prétendue parure, PauTanias nous confirme non-feulement le fait, mais il dit de plus, que les Grecs donnoient encore des ongles d'argent à leurs figures. Quoi qu'il en foit, les Romains, qui les ont fervilement imité dans les Arts, ont abufé de cet usage; ils ont même pouffé le ridicule jufqu'à mettre des prunelles de rubis ou d'émeraudes à des ftatues, & à placer des pierres ou des verres de couleur, pour former les yeux de plufieurs animaux représentés même en marbre. On en verra plus bas un exemple.

La figure du N°. II. a dix pouces trois lignes de haut, & celle du N°. I. deux lignes de plus, en y comprenant la plinte, dont la hauteur eft de dix lignes, & la longueur de quatre pouces trois lignes. On obfervera à cette occafion que les Egyptiens ont fait affez ordinairement leurs plintes fort longues, & qu'ils leur donnoient peu de largeur.

Voy. de l'Attiq.

c. 14.

N°. III.

CE petit monument eft de bronze, & de la plus parfaite confervation. Il a deux pouces dix lignes de longueur, & fix lignes de moins dans fa hauteur. L'original eft peut-être d'une exécution plus fine que la copie ne l'annonce. Rien n'eft auffi fimple que l'explication qu'on peut lui donner.

Tous ceux qui ont étudié l'antiquité Egyptienne, fçavent que (a) le cercueil dans lequel étoit le corps d'Ofiris, fut porté par la Mer fur les Côtes de Phénicie, & qu'Ifis l'ayant trouvé après bien des recherches, l'emporta en Egypte, où fon premier foin fut de l'ouvrir & d'arrofer de fes larmes le corps d'Ofiris qui y étoit renfermé. Cette Déeffe eft donc représentée à genoux auprès du cercueil découvert, & foulageant fa douleur par la vûe de ce triste objet.

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Les monumens qui démontrent, pour ainfi dire, avec autant d'évidence les paffages des Auteurs anciens, ne font pas communs, & font encore plus recommendables quand ils n'ont point été donnés au Public.

PLANCHE

N. I.

CETTE figure appartenoit autrefois à M. le Maréchal d'Eftrées, & le P.de Montfaucon l'a déja fait graver dans le Tom. 2. pl. 190. Supplément de l'Antiquité expliquée. Elle représente le Soleil ou le petit Horus affis fur la fleur du lotus, plante qui croît dans le Nil, & qui femble régler fes mouvemens fur Diofcorid. lib.iv. ceux de cet Aftre, en s'élevant au-deffus de l'eau lorsqu'il paroît fur l'horifon,& en s'y replongeant lorfqu'il difparoît. Ce Phénoméne avoit engagé les Egyptiens à lui confacrer cette plante, & à le repréfenter fort fouvent affis fur la Porph.apud Eufeb. fleur qu'elle produit. Je crois encore que c'eft fur cette

C. 114.

Jamblic. de myst. fect. VII. c. 2.

L. v.6.10.

efpéce

(a) Voyez entr'autres Plut. de Ifid. & Ofirid.

IX.

efpéce de thrône qu'on le montroit au Peuple dans les pompes Ifiaques, où l'on portoit les Divinités Egyptiennes. Spon & Kirker ont rapporté des monumens, où l'on voit des Prêtres tenant les fimulacres de leurs Dieux entre leurs mains. Ces petits fimulacres font fort femblables à celui que je donne ici, & fe terminent de même par une poignée, pour donner la facilité de les tenir & de les porter. Ce petit bronze a en tout trois pouces neuf lignes de hauteur; la fleur a quinze lignes de diamétre, & la figure affife, a un pouce de hauteur.

No. II.

Mifcell. Erud. Antiq. p. 306.

CETTE pierre eft un jafpe verd, à-peu-près quarré & arrondi aux quatre angles, & qui eft d'une feule couleur. Elle eft affez mal gravée, & n'a pour tout mérite, que la fingularité du fujet. C'eft un bateau fur lequel eft Horus ou le Soleil affis fur la fleur du lotus, comme dans la figure précédente, mais avec des différences dans l'attitude. Il à de plus des attributs qui fervent à le caractériser. Sur fa tête paroît un globe rayonnant, & de la main gauche il tient un fouet. Il eft en regard avec un Cynocéphale, efpéce de Singe à longue queue, que les Egyptiens nourriffoient dans les Temples, pour connoître le temps de la conjonction du Soleil & de la Lune; car on prétendoit que dans cette circonftance, le Cynocéphale privé de la faculté de voir, refufoit toute forte de nourriture, &, fembloit s'affliger de l'enlèvement de la Lune. C'eft Horus Lib. 1. c. 14 Apollo qui rapporte ce fait : mais ce qu'il ajoûte, éclaircit bien mieux le monument que j'examine. Lorfque les Egyptiens, dit-il, veulent exprimer l'idée de la nouvelle Ibid. c.154 Lune, ils repréfentent un Cynocéphale debout, la tête ornée d'un diadême, levant les mains au Ciel, adressant fes priéres à la Déeffe, dans l'efpérance de recouvrer l'ufage de la vûe, dès qu'elle pourra fe dégager des rayons du Soleil.

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Un témoignage fi précis s'applique au sujet représenté fur cette pierre; le Cynocéphale y paroît dans la posture de fuppliant, & pour le mieux caractériser, on a mis le difque de la Lune au-deffus du diadême dont la tête est ornée. L'Artiste a donc voulu défigner ici l'inftant où cette Planéte fe débarraffe de la lumière du Soleil. On demandera peut-être pourquoi ces deux Aftres font placés dans une barque. Je répondrai que les Egyptiens ne les repréfentoient jamais fur un char, comme ont fait depuis les Grecs & les Romains, mais fur un navire; & je renverrai Harpoc. p. 14. au Livre de Cuper, qui a développé les preuves & les raifons de cet ufage extraordinaire. Aux deux extrémités de la barque, on voit deux têtes d'animaux, l'une de bélier auprès du Cynocéphale, l'autre de taureau auprès du Soleil. Si ce ne font pas de fimples ornemens, on aura voulu marquer par-là que le Soleil étoit dans le figne du Taureau, & la Lune dans celui du Bélier; mais comme ces pofitions ne peuvent jamais fe rencontrer dans la nouvelle Lune, il faudra dire que l'Artiste a eu dessein d'exprimer non l'inftant où cette Planéte commence à s'éloigner du Soleil, mais celui où elle s'en approche au point de fe perdre dans fes rayons. L'attitude du Cynocéphale convient également bien à cet inftant, & la trifteffe dont il paroiffoit alors pénétré, étoit un motif fuffifant pour le représenter faifi de crainte, & adreffant fes voeux au Ciel pour le retour d'un Aftre dont l'obfcurciffement le privoit lui-même de la lumiére.

N°. III.

Ce petit Scarabée percé dans fa longueur eft fort bien travaillé. Il eft fur une turquoife, & pour le mieux faire connoître, je l'ai représenté dans trois afpects différens : ils font fous le même numéro, & les caractères hiéroglyphiques gravés en creux, font fort distincts. Ils peuvent avoir fervi d'amulette ou de cachet. Le travail de ce

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