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20 de oi?

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lier. Pendant ce temps-là , nous allons passer dans mon cabinet , cette jeune Dame & moi. En achevant ces parcles , elle laissa la Duegne avec le malade, & entraîna Léonor dans une au. tre chambre, où fans chercher de dé. tours, elle lui dit : Belle Léonor, les momens sont trop précieux pour les mal employer. Vous connoissez de vue le Comte de Belflor : il y a long-temps qu'il vous aime, & qu'il meurt d'envie de vous le dire ; mais la vigilance & la

; sévérité de votre Gouvernante ne lui ont pas permis jusqu'ici d'avoir ce plai. fir. Dans son defespoir , il a eu recours à mon industrie ; je l'ai mise en usage pour lui. Ce Vieillard, que vous venez de voir , est un jeune vatet de chama bre du Comte ; & tout ce que j'ai fait n'est qu'une ruse, que nous avons concertée pour tromper votre Gouvernante & vous attirer ici.

Comme elle achevoit ces mots, le Comte , qui étoit caché derriere une tapisserie , se montra , & courant se jetter aux pieds de Léonor : Madame lui dit-il, pardonnez ce stratagême à à un amant qui ne pouvoit plus vivre sans vous parler. Si cette obligeante perm fonne n'eût pas trouvé moyen de me

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procurer cet avantage , j'allois m'abandonner à mon desespoir. Ces paroles prononcées d'un air touchant par un homme qui ne déplaisoit pas, troublerent Léonor. Elie demeura quelque temps incertaine de la réponse qu'elle y devoit faire ; mais enfin, s'étant remise de son trouble , elle regarda fiérement le Comte, & lui dit: Vous croyez peutêtre avoir beaucoup d'obligation à cette officieuse Dame, qui vous a fi bien servi ; mais apprenez que vous tirerez peu de fruit du service qu'elle vous a rendu.

En parlant ainsi, elle fit quelques pas pour rentrer dans la salle. Le Comte

te : Demeurez , dit-il , adorable Léonor. Daignez un moment m'en. tendre. Ma passion eft fi pure ,

qu'elle ne doit point vous allarmer. Vous avez sujet

je l'avoue de vous révolter contré l'artifice dont je me sers pour vous entretenir ; mais n'ai-je pas jufqu'à ce jour inutilement essayé de vous parler ? Il y a fix mois que je vous suis aux Eglises, à la promenade , aux spectacles. Je cherche en vain par - tout l'occasion de vous dire, que vous m'a. vez charmé. Votre cruelle , votre impitoyable Gouvernante a toujours sçu

trom

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tromper mes desirs. Hélas ! au lieu de me faire un crime d'un stratagême que j'ai été forcé d'employer , plaignez moi, belle Léonor , d'avoir souffert tous les tourmens d'une si longue attente ; & jugez par vos charmes des peines mortelles qu'elle a dû me causer.

Belflor ne manqua pas d'assaisonner ce discours de tous les airs de persua sion que tous les jolis hommes tçavent fi heureusement mettre en pratique ;

il laissa couler quelques larmes. Léonor en fut émne ; il commença , malgré elle , à s'élever dans son coeur des mouve. mens de tendresse & de pitié. Mais loin de céder à la foiblesse, plus elle le lentoit attendrir, plus elle marquoit d'empressement à vouloir se retirer : Comte, s écria t'elle, tous vos discours font inutiles. Je ne veux point vous écouter. Ne me retenez pas davantage ; laissezmoi sortir d'une maison où ma vertu eft allarmée, ou bien je vais par mes cris attirer ici tout le voisinage, & rendre votre audace publique. Elle dit cela d'un ton si ferme, que la Chichona , qui avoit de grandes mesures à garder avec la Justice, pria le Comte de ne pas pousser les choles plus loin. II. cella de s'opposer au dessein de Léonor.

Elle

+

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Elle se débarrassa de ses mains , & ce qui jusqu'alors n'étoit arrivé à aucune fille, elle sortit de ce cabinet comme elle y étoit entrée.

Elle rejoignit.promptement fa Gourvernante : Venez, ma bonne, lui ditelle, quittez ce frivole entretien, on nous trompe. Sortons de cette dangereuse maison. Qu'y a-t'il, ma fille lui repartit avec étonnement la Dame Marcelle ? Quelle raison vous oblige à vouloir vous retirer fi brufquement ? Je vous en instruirai repartit Léonor. Fuyons; chaque instant que je m'arrête ici, me cause une nouvelle peine. Quelqu'envie qu'eût la Duegne de Içavoir le sujet d'une fi brusque fortie, elle ne pue s'en éclaircir sur le champ ; il lui fallut céder aux instances de Léonor. Elles fortirent toutes deux avec précipitation, laissant la Chichona , le Comte & fon valet de chambre aussi déconcertés tous trois , que des Comédiens qui viennent de représenter une Piece que le Parterre a mal reçue.

Dès que Léonor se vit dans la rue , elle se mit à raconter avec beaucoup d'agitation à la Gouvernante tout ce qui s'étoit paflé dans le cabinet de la Chichona. La Dane Marcelle l'écouta

fort

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fort attentivement ; & lorsqu'elles fü. rent arrivées au logis ; je vous avoue, ma fille , lui dit-elle , que je suis extrêmement mortifiée de ce que vous venez de m'apprendre. Comment ai-je pû être la dupe de cette vieille femme ? J'ai fait d'abord difficulté de la suivre. Que n'ai-je continué ? Je devois me défier de fon air doux & honnête.

J'ai fait une sottile qui n'est pas parDas

donnable à une personne de mon expérience. Ah ! que ne m'avez-vous déa

couvert chez elle cet artifice! Je l'auone rois dévisagée ; j'aurois accablé d'inju. Erre

res le Comte de Belflor , & arraché la Double

barbe au faux Vieillard qui me contuit ale des fables. Mais je vais retourner sur

mes pas porter l'argent qae j'ai reçu 92

comme une véritable restitution ; & fi r.

je les retrouve ensemble , il ne per. C dront rien pour avoir attendu. En ache.

vant ces mots , elle reprit sa mante qu'elle avoit quittée, & fortit

pour

ala que ler chez la Chichona...

Le Comte y étoit encore. Il re désefpéroit du mauvais succès de son ftratagême. Un autre en la place au

roit abandonné la partie. Mais il ne 1to se rebuta point. Avec mille. bonnes led qualités , il en avoit une peu louable;

c'étoit

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