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chez lefquels il falloit paffer. On refolut de fuivre cet avis, Après J. C. & il réuffit; Afena-tou-tchi informé par fes efpions de l'arrivée des Chinois, crut que ceux-ci n'étoient occupés que de leur expédition de Perfe, & loin de fe tenir fur fes gardes, il vint avec les enfans fur la route pour faluer le Général Chinois. Poei-him-kien le fit auffitôt arrêter avec toute fa famille & fes Officiers, & les fit conduire à la Chine. Comme la guerre de Perfe n'étoit qu'un prétexte, on n'alla pas plus loin. Toutes les familles Turques accablées par ce coup fe difperferent & s'éloignerent de plus en plus vers l'Occident. Pour les contenir, l'Empereur: leur nomma des chefs: le premier, fils d'Afena - mi-che portoit le nom d'Yuen-kim: le fecond, fils d'Afena - poutchin étoit appellé Ho-fe-lou; ils furent maîtres l'un & l'autre des Etats de leur pere; mais avec le fimple titre de Capitaine des Gardes de l'Empereur.

Malgré ces difpofitions les Turcs ne laifferent pas de remuer; un de leurs chefs, nommé Asena-tche-pou,à la tête des troupes des dix familles, vint attaquer les Kum-yue qui étoient foumis aux Chinois : le gouverneur impérial qui réfidoit à Gan-fi alla au fecours & deffit les Turcs auprès du fleuve Hi; mais Tche-pou (a) ayant trouvé le moyen de l'inveftir, il fallut en venir aux mains une feconde fois auprès du lac Iffi-kol: les Turcs furent encore défaits, perdirent trois cens de leurs chefs qui furent faits prifonniers & la Nation entiére se trouva confidérablement affoiblie. Les Turcs refterent ainfi divifés jufqu'à ce que AfenaL'an 686. yuen-kim raffembla les cinq Hordes de Tou-lou - khan & prit le titre de Him-fie-vam-khan. Ho-fe-lou en fit autant avec celles de Nou-che-pi, & fe fit appeller Ki-tchoutciue-khan; mais ils ne furent point en état ni l'un ni l'autre de réfifter aux Turcs Orientaux qui entrerent dans leur pays, & les difperferent. Ho-fe-lou avec foixante ou foixante & dix-mille de fes fujets vint fe foumettre aux Chinois, & l'Impératrice Tai-heou qui étoit toute puiffante alors, lui donna le titre de Kie-tchong-su-tchu-khan

L'an 685

(a), Alena étant un nom de famille on le retranche fouvent.

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L'an 682. Lie-tai-ki[var

L'an 690. Lie-tai-kiSn.

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Après J. C.

L'an 69f7

yuen

Lie-tai-k

Libr

c'eft-à-dire Khan, qui fert l'Empereur avec beaucoup de fidélité. D'un autre côté les Tibetans s'étoient emparés de prefque tout ce qui eft fitué au nord de leur pays; c'est-à-dire de Khoten, de Kafchgar, d'Aksou & de Soui- L'an 692, che à l'occident du lac Iffi-kol: c'eft ce que les Chinois appellent les quatre garnifons. L'Impératrice y envoya des troupes dont la plus grande partie étoient Turques, & reprit ces places fur les Tibetans. Cette Princefle attentive afe conferver l'autorité qu'elle avoit ufurpée porta un Tam-chow nouveau coup aux Turcs en faifant mourir Afenakim que l'on avoit accufé d'avoir des rélations avec l'hé ritier de l'Empire, & Hien fils de ce Khan fut envoyé en L'an 694 exil: alors les Turcs choifirent pour chef Afena-tou - tse, qui de concert avec les Tibetans vint faire des courses dans les environs du Chen-fi; ils furent deffaits par les Chinois : plufieurs Généraux Turcs furent battus ailleurs, & om ruina dans le Tibet la ville de Ni-cho-moff, probablement la même que celle qui porte aujourd'hui le nom de Tchou-mou. Cette guerre eut des fuites avec les Chinois, mais elle regarde plus particuliérement les Tibetans, & nous n'avons deffein de parler que de la Tartarie occidentale, où toute la puiffance des Turcs étoit entiérement perdue, & où chaque Etat avoit alors fon Roi. Les Chinois en avoient mis un qui regnoit dans le pays de Kang le long du Sihon & dans le Captchaq ik étoit nommé To-fo-po-ti: fon fils Ni-po-ffe lui avoit fuccédé, & à la mort de ce dernier les habitans du pays avoient donné ce titre à To-hoen. Les Turcs étoient dif- L'an 6973 perfés dans tous ces pays & s'étendoient bien avant du côté de l'occident ils étoient alors dans une efpéce d'Anarchie un de leurs Khans ou chef appellé Ho-fe-lou étoit à la Cour de la Chine; on lui avoit donné quelques vains titres, il n'ofoit retourner dans fes Etats où il s'étoit rendu odieux par fa mauvaise conduite, & où d'ailleurs un de fes Tarkhans nommé Ou-tche-le qui avoit profité de ces Lie-tai-kicirconftances s'étoit formé un parti confidérable parmi les fu Turcs. Cet Officier de la Horde des Turcs Tou-ki-chi poffedoit auprès du Khan Ho-fe-lou la dignité de Mo-ho-tarkhan

:.

Tam-chou

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Après J.C. Ou-tche-lekhan

c'eft-à-dire de grand Tarkhan. Lorfqu'il se vit à la tête de
la Nation; il la divifa en vingt gouvernemens, chaque
Gouverneur avoit fous lui fept mille hommes. Il campa
au nord-ouest de la riviere de Soui-che fituée à l'Occident
du lac Iffi-koul proche la riviere d'Ili, dans la ville appel-
lée Kum yue-tching. En cet endroit étoit la grande Cour;
La petite étoit à la riviere d'Ili, & fes Etats s'étendoient
du côté de l'Orient jufqu'au Turkeftan oriental & au pays
d'Igour, à l'Occident jufqu'au pays des Barbares; c'est-à-
dire, jufqu'à l'Empire Romain. Dès l'an 699 pour mettre
les Chinois dans fon parti, il avoit envoyé fon fils Chou-
nou à l'Impératrice Vou-heou, dont il avoit été bien reçu:
il ne paroît pas qu'il eut aucune part à la révolte de quel-
ques Turcs qui avoient pour chef Pou-lo de la Horde des
O-fie-kie.

L'an. 703.

Tam-chou
L'an 784

Lie-tai-ki

[u.

Les Chinois difpofoient à leur gré de la dignité du Khan; après la mort d'Ho-fe-lou, Afena-hien en fut revêtu fous le titre de Him-fie-vam-khan: l'année d'après, Hoai-tao fils de Ho-fe-lou eut le même titre de Khan des dix familles, mais ces dix familles fous la conduite d'un Turc nommé Tou-tan fe révolterent contre Afena-hien: celui-ci alla les attaquer, les foumit, & tua le rebelle. Il raffembla plus de trente mille tentes de Turcs qui étoient campés à l'Occident de Soui-che. Ces victoires porterent les Chinois à lui envoyer une ambaffade pour le féliciter, & les Turcs Ko-lo-lou, Hou-uo & Chu-ni-chi se soumirent à lui. Ces Hordes furent attaquées enfuite par le Khan des Turcs Orientaux, appellé Me-tcho: les Chinois donnerent du fecours à Hien. Dans le tems que ce Khan étoit occupé de cette guerre, les Tou-ki-chi qui fous la conduite d'Ou-tche-le s'étoient revoltés, devenoient puiffans: leur Chef avoit reçu de la Chine le titre de Roi de Hoai-te; mais les Arabes, qui après la conquête entiére de la Perfe avoient toujours pénétré de plus en plus vers l'Orient, enDiarbekri. trerent dans fes Etats fous la conduite de Catiba.. Ce GéBen-Schou- néral battit les Turcs près de Bokhara, fe rendit maître nah. de cette place & y mit un Gouverneur : Catiba ne se fut js. pas plutôt éloigné que la garnifon Arabe fut paffée au fil

aboulfarad

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Ou-tche-le

de l'épée. Catiba obligé de revenir, en fit le fiége, la prit d'affaut & ne fit aucun quartier aux habitans. Les grands Après J.C froids qui furvinrent alors furent caufe de la mort d'Ou- khan. tche-le; il eut pour fucceffeur fon fils nommé So-ko, qui L'an 706. hérita de fes titres. Ce Khan avoit une armée de trois cens Lie-tai-ki Sw: mille hommes. L'Empereur de la Chine qui oublia quelques hoftilités que So-ko venoit de faire contre Yuen-tchin Gouverneur de Gan-fi, & qui avoient été appaifées par la fermeté & le courage de cet Officier, envoya Hoai-tao en Tartarie pour l'inftaller fur le thrône. Les Turcs ne furent pas aussi heureux du côté de l'Occident, Catiba faifoit de nouveaux progrès dans le Maouarennahar; il y prit plufieurs villes, deffit l'armée du Khan compofée de Turcs de Sogdiens & de Chinois au nombre de deux cens mille. Pendant ce tems-là le nouveau Kan envoya un ambassadeur à la Chine pour remercier l'Empereur.

,

So-ko khan'
L'an 708.

Dès le commencement du regne de So-ko Kioue-fokha tcho-tchong-tcie n'avoit point voulu fe foumettre; on en Lie-tai-kiétoit venu plufieurs fois aux mains; Yuen-tchin Gouver- . Kam-mo neur de Gan-fi après avoir fait fon poffible pour les recon- Tam-chou. cilier, propofa à Tchong-tçie d'aller à la Cour de la Chine L'an 707. où il recevroit quelque dignité. L'Officier fuivit ce confeil, Diarbe-krs' mais il en fut détourné dans la route, & on lui fit entendre qu'il n'y feroit point regardé, s'il n'y prodiguoit l'or; il reprit alors le chemin de Tartarie, faisant offrir en mêmetems de lever pour les Chinois des troupes, de les joindre à celles du Tibet pour attaquer So-ko &de rétablir Afena-hien qu'ils protegeoient. Yuen- tchin ne fut pas plutôt informé de ce projet qu'il en inftruifit l'Empereur & lui repréfenta que l'Officier Turc avoit deffein de faire dépofer So-ko, de ruiner tout le pays des Turcs & de prendre les quatre garnifons pour les livrer aux Tibetans; qu'il ne propofoit la paix & cette alliance que pour avoir le tems d'appai-fer les guerres civiles dont le Turkeftan étoit rempli, & venir enfuite attaquer la Chine. Les Miniftres qui avoient reçu des fommes confidérables rejetterent cet avis. On le-va les troupes de Kan-tcheou & de Leang-tcheou que l'on joignit à celles du Tibet. Les ambaffadeurs de So-ko qui

Après J. C.

étoient à la Chine retournerent à la hâte vers leur Prince Bo-ko-kan. pour lui donner avis de tous ces préparatifs. So-ko tira cinq mille cavaliers de Gan-fi, autant de Po-huon ou Fergana, autant d'Harafchar & autant d'Akfou; avec cette armée il s'approcha des pays que poffedoient les Chinois. Yuentchin étoit à Kaschgar dont il n'ofoit fortir; Kia - pin Général de l'armée Chinoife fe joignit à Tchong-tcie, So-ko les attaqua, tua Kia-pin & fit prifonnier Tchong-tcie: il fe plaignit enfuite à la Cour de la conduite des Miniftres à fon égard, & en particulier de celle de Tçou-ke qui avoit reçu de l'argent de Tchong-tcie. Il demanda la tête de ce Miniftre, il remporta en même-tems une victoire confidérable fur un Général nommé Nieou-fe-tçiang, détruisit Gan-fi & les quatre garnifons. Tçou-ke vouloit qu'on envoyât en Tartarie Afena-hia, mais Yuen-tchin entreprit de faire voir à la Cour que So-ko étoit innocent, & qu'il avoit toujours été attaché aux Chinois : les Minifires furent divifés à cette occasion. On reconnut enfin les menées de Tçou ke, & So-ko reçut le titre de Khan des quatorze familles.

Tout l'Occident eût été tranquile, fi les Arabes conduits par Catiba n'euffent continué d'y faire la guerre & de battre les Turcs. So-ko fit demander la permiffion de fe Loumettre aux Chinois. Il y a lieu de croire que les fréquentes incurfions des Arabes, l'obligerent à faire cette démarche il reçut de la Cour de la Chine le titre de Kin-hoakhan, Différentes Hordes de Turcs appellées Cha-to qui campoient à l'Orient du lac de Lop au midi de la montagne Kin-fo-chan envoyerent auffi des tributs aux Chinois, To-hoen Roi de Kam, Royaume fitué vers le Sihon, fit de L'an 714. même, La protection de la Chine lui devenoit utile, les Lie-tai-ki Arabes s'établiffoient dans fon voifinage, & l'Empire des Ju, Turcs alloit être détruit, foit par les courfes que ces peuTam-chou,

Diarbekri.

L'an 709, Lie-tai-kiSu.

Kam-mo, L'an 712,

L'an 713,

Lie tai-ki

Ste

4

heu, ples y faifoient, foit par les divifions qui regnoient par

mi les Chefs de la Nation, So-ko depuis quelque tems avoit partagé fes Hordes & en avoit donné une partie à fon frere Tche-nou, Celui-ci jaloux de n'être pas le plus puiffant, fe revolta & fe retira chez les Turcs Orientaux qu'il engagea à venir attaquer So-ko, offrant de servir de gui

de

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