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tourner du côté des Chinois. Le Roi des Schafch demanda auffi la protection de la Chine. Les Getes defcendus de ces anciens Yue-chi dont on a déja parlé, & qui étoient établis dans la Bactriane, & dans les pays voifins de l'Indus envoyerent des tributs à l'Empereur, & le Roi de Fergana nommé Arflan Tarkhan épousa une Princeffe adoptée par les Chinois.

Y-li-ti-mi

Après que le Général Chinois qui commandoit à Ganchi-ko-tou- fi eut fait mourir Ma-ho-tarkhan, les Tou-ki-chi donnelou-pi-kiarent le titre de Khan à un Prince de la faction noire, nomkhan.] mé Y-li-ti-mi-chi-ko-tou-lou-pi-kia-khan qui fut reconnu par l'Empereur de la Chine Khan des dix familles. C'eft ainfi que la domination Chinoife s'étendoit depuis les bords de la mer orientale jufqu'au centre du Maouarenhahar, & que prefque tous les peuples qui font fitués au nord de l'Inde & dans le Maouarennahar redoutoient L'an 750. leur puiffance : le Général Chinois nommé Kao-sien-tchi faifoit trembler tout l'occident, il venoit de piller la ville L'an 751. de Schafch, & avoit fait prifonniers les chefs des Tibetans, & le Khan des Turcs qu'il avoit envoyés à la Chine. Le fils du Roi de Schafch qui s'étoit échappé repandoit alors l'allarme dans tout le Turkeftan, & excitoit les Turcs à prendre les armes contre les Chinois. Ils fe liguerent tous avec les Arabes & vinrent attaquer les quatre garnifons: le Général Chinois fut vaincu & repouffé avec perte. Dans le tems que ces peuples fe réuniffoient ainfi avec les Arabes, les Rois de Si-tçao & de Gan dans le Maouarennahar que les armées des Khalifs Abbaffides inquiétoient, demanderent que les Chinois vinffent à leur fecours, mais l'Empereur refufa de leur envoyer des troupes.

Cependant les Turcs Tou-ki-chi qui n'avoient plus de Khan depuis que le dernier avoit été conduit à la Chine, en choisirent un de la faction noire, auquel ils donnerent le titre de Teng-li-y-lo-mi-chi-khan, & les Chinois le reconnurent; mais depuis ce tems, les Turcs toujours repouffés vers l'occident par les Hoei-ke, cefferent d'avoir de grandes liaisons avec la Chine, & leur puif

Après J. C.

L'an 743.
Lie-tai-ki-

Su.

L'an 744.

L'an 752.

L'an 753.

khan.

L'an 756.

fance dans la Tartarie tomba entiérement. D'un autre côté les Chinois occupés à reduire le rebelle Gan-lo-chan Après J C. Teng-li-yqui ménaçoit de foumettre tout l'Empire, négligerent les lo mi-chides pays étrangers, & ne furent plus en état d'y envoyer troupes. Ils eurent même befoin du fecours des peuples les plus voifins, particuliérement du Roi de Khoten qui vint à la Chine à la tête de cinq mille hommes. Ces troubles furent cause que les peuples d'occident redouterent moins les Chinois, & que les Arabes & les Perfans affiégerent Kuam-tchou, autrement Canton où ils avoient un Cadhy & qu'ils s'en retournerent par mer après avoir pillé tous les magazins.

L'an 7584

Quelque tems après il eft fait mention dans l'hiftoire L'an-759. d'un Khan de la faction noire nommé O-to-poei-lo qui Tam-chous envoya des ambassadeurs à la Chine. Dans la fuite (a) un de ces Turcs nommé Ko-lo- lou remporta quelques avantages fur les autres chefs de fa Nation; il tranfporta fa demeure à la riviere Soui-che-tchouen, où le plus grand nombre de ceux qui avoient pris parti dans les deux factions noire & jaune, vinrent fe rendre à lui. Le refte fe foumit aux Hoei-ke, & un chef nommé Te-mang-le avec quelques bandes de Turcs alla habiter vers Harafchar où il ne prit que le titre de Che-hou; c'est-à-dire, de gouverneur, & deux cens mille Turcs pafferent dans les montagnes de Kin-cha, alors tout cet Empire fut entiérement détruit.

Ven-bien

Cependant il reftoit encore dans la Tartarie, & furtout dans Lie-tai-kile voisinage des Chinois, plufieurs Hordes de Turcs, parti- Ju. culiérement celle de Cha-to qui étoit campée près du lac tum-ka de Lop. Vers l'an 713 ces peuples avoient été obligés de se transporter à Pe-ting au nord d'Igour, pour éviter les incurfions des Tibetans qui devenoient très-puissans dans cette partie de l'Afie; mais vers l'an 785 ces derniers s'étant rendus maîtres de Fe-ting, les Turcs Cha-to avec leur chef Tchou-fie-tcin-tchong furent contraints de fe foumettre aux Tibetans qui les placerent à Kan-tcheou,

(4) Vers l'an 766.

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dans la Province de Chenfi, dont une grande partie leur Apiès J. C. étoit foumife. Les Cha-to accompagnoient toujours l'armée des Tibetans, & marchoient à la tête mais comme ces Turcs fe font rendus maîtres dans la fuite de l'Empire de la Chine, nous les abandonnons pour en parler plus amplement dans les livres fuivans. Nous nous bornons ici à donner l'hiftoire de quelques autres principautés Turcques qui fe font élevées dans la Tartarie pendant que les Hoei-ke en étoient les maîtres.

Il s'agit ici d'une Nation appellée Kie-kia-fu, ou Kie-
kou qui demeuroit au nord d'Haraichar dans le pays que
l'on nommoit anciennement Tim-lim & Kien-kuen; elle
s'étendoit depuis le lac Paikal le long de la Jenifea, de
l'Obi, de l'Irtisch, & même à l'occident de cette derniere
riviere. Ce pays pendant l'été eft rempli d'eau, & couvert
de neiges pendant l'hyver. Il eft affez fertile, ceux qui
l'habitoient alors, étoient grands & avoient des cheveux
blonds. Ils divifoient leur année en douze parties qui
portoient chacune le nom d'un animal. La troifiéme étoit
appellée l'année du Tigre, ce qui répond au Cycle des
animaux, en usage encore dans la Tartarie. Vers l'an 758
ces peuples avoient été vaincus par les Hoei - ke; mais
lorfque ceux-ci commencerent à s'affoiblir, O-ge chef des
Kie-kia-fu, qui prétendoit être defcendu d'un ancien Gé-
néral Chinois nommé Li-ling que le Tanjou des Huns
avoit autrefois envoyé en Siberie, prit le titre de Khan,rem-
porta de grandes victoires & ravagea les campemens des
Hoei-ke cette
: cette guerre dura vingt ans.

L'an 841.

Su.

O-ge-khan qui avoit pris la Princeffe Chinoife Tai-ho Lie-tai-ki- époufe du Khan des Hoei-ke, la renvoya à la Chine avec un grand nombre de Tarkhans, mais fes ambaffadeurs ayant eu le malheur de tomber entre les mains des Hoei-ke; ils furent tous mis à mort & le Khan reprit la Princeffe. L'année fuivante O-ge-khan ne recevant aucune nouvelle de fes L'an 842. envoyés s'approcha de la Chine, & fe rendit maître d'une grande partie des pays qui étoient foumis aux Hoeike. Il poffedoit d'ailleurs Gan-fi, Pe-ting & le pays des Ta-ta. Il voulut faire alliance avec les Chinois & fit

,

L'an 840.
Kam-mo.

Lie tai-ki
Su.
Ven hien-

tum kao.

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Ju.

Kam-mo.

Lie-tai-ki

offrir à l'Empereur par fes ambaffadeurs deux beaux chevaux. Vou-tcong qui regnoit alors les reçut; mais il avoit Après J. C. deffein de prendre cette occafion pour redemander aux Kie-kia-su, Gan-fi & Pe-ting, & il auroit exigé la reddi- L'an 43. tion de ces deux places fi fes Miniftres ne lui euffent re- Lie-tai kiprésenté combien elles étoient onereufes à l'Empire. On créa cependant à la Chine un Officier pour veiller fur les Kie-kia-fu: le Khan continua toujours d'envoyer des tri- L'an 844buts, & demanda la permission d'attaquer les Hoei-ke & Su. de venir fe loger vers Caracorom qui avoit été leur principal campement. L'Empereur de la Chine avoit ordonné L'an 845. à un Officier d'aller inftaller en Tartarie Ogé en qualité fu de Khan, & de lui conférer le titre de Im-vou-tching- Kam-mo. mim-khan; mais la mort de Vou-tçong fit retarder ce voyage L'an 847. qui n'eut lieu que fous le regne de Siuen-tçong fon fuccef- Li-tai-kifeur. On fut enfuite long-tems fans entendre parler de ces peuples.

Lie tai-ki

Su.

A

Dans la fuite Oge-khan envoya demander à l'Empereur L'an 863. de la Chine Y-tçung les livres claffiques des Chinois & la permiffion de porter la guerre dans le pays des Hoei-ke. Peu de tems après, il demanda le Calendrier. Les affai- L'an 866. res de la Chine ne permirent plus alors aux Chinois de faire des traités avec tous ces peuples fi éloignés, & on les perdit de vûe, de même que les Turcs. Il eft cepen- L'an 925: dant fait mention encore quelquefois de ces derniers dans les annales. Elles parlent d'un Roi Turc nommé Hoenkiai-leou qui envoya des ambaffadeurs à Tchoam-tcong Empereur de la Chine. Ces Turcs firent deux fois la mê- L'an 928. me chose à fon fucceffeur Mim-tçong; & ensuite à Kao- Lan 931. tçu Empereur de la Dynastie de Tcin..

941.

C'est ici que nous terminons l'hiftoire des peuples qui ont porté le nom de Turcs dans la Tartarie. Nous allons parler de ceux qui ont paffé dans l'Europe, & qui se font établis dans la Hongrie. Dans la fuite nous donnerons l'histoire des Turcs Mufulmans.

Nous avons vu plus haut que les Turcs dans le tems que leurs Grands Khans réfidoient aux monts Altai, près de l'Irtisch, avoient foumis à leur Empire tous les peuTome I.

Sss

Après J. C.

ples occidentaux, & pouffé leurs conquêtes jufques fur les frontiéres des Romains, avec lefquels ils avoient été fouvent en guerre. Les Grands Khans avoient établi vers le Volga un Commandant pour avoir l'infpection fur les Turcs qui demeuroient entre ce fleuve & le Tanais, & c'eft de-là que ces Turcs partoient pour venir attaquer le Bosphore. Il y avoit encore dans ces Contrées un grand nombre de Huns qui avoient fuivi Attila, & qui, après la mort de ce Conquerant, y étoient venus chercher une retraite; plufieurs bandes d'Igours ou Ounigours fuivant quelques Auteurs Grecs, s'y étoient rendus après les Huns. Tous ces peuples étoient foumis aux Turcs qui les Menandre. doient comme leurs efclaves : les Turcs avoient connoifregarfance des pays voifins du Danube; il n'eft donc point étonnant qu'à mefure qu'ils perdoient du terrein dans l'Orient, ils cherchaffent à s'étendre du côté de l'Occident & paffaffent enfin dans la Hongrie. Comme ils étoient divifés par Hordes, qui étoient diftinguées chacune par un nom, plufieurs de ces peuples, après leur paffage en Europe ou fur les frontiéres de l'Empire Romain ont été connus fous différens noms. Tels font les Khozars, les Turcs proprement dits, les Patzinaces, les Uzes, & peutêtre les Bulgares & les Valaques.

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