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vers 61.

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Divinité. Ainsi c'est sur le plus léger de tous les fondemens, qu'on métamorphose les Druïdes en toute la nation des Hyperboréens. Il est vrai que les Hyperboréens ne reconnoif

foient d'autre Dieu qu'Apollon, & (a)Pir- qu'ils lui offroient des hécatombes

d'ânes (d) en sacrifice : au lieu que Pyth. *. les Gaulois, en honorant Apollon

(6), Mars , Jupiter & Minerve, fai(b) cel bel. Gali foient céder le culte qu'ils rendoient 1. iv. c à ces Dieux, à celui qu'ils rendoient

à Mercure; aussi lui offroient-ils des
victimes humaines en facrifice, &
multiplioient-ils ses ftatuës à l'infi-
ni , afin qu'il leur tînt lieu de toute
autre. Divinité.
La classe des Pateres , qué

1'Auteur moderne croit avoir été consaerée UNIQUEMENT À Apollon, n'ét tablit guéres mieux la ressemblance qu'il trouve entre les Hyperboréens & les Druides. Cette classe en der niére analyse n'étoit qu'un grade ; ou plûtôt, s'il est permis de faire une comparaison entre des choses entiérement disparates , la fon&tion de Patere dans l'espéce dont il s'agit

Ztoit ce qu'est dans la Religion Chrétienne un ordre mineur à l'égard de la dignité de Prêtre & d'Evêque. La fon&tion d'Ædituus, qui, comme celle de Patere, étoit dans les Gaules propre à une autre classe de ministres d'Apollon, met cette vérité dans tout son jour, & me fait venir une idée, que je soumets volontiers au jugement de l'Auteur moderne même : sçavoir, que l'une & l'autre classe de Patere & d'Ædituus, qu’Ausonne (a) seul nous a fait (a) Proconnoître, avoient été peut-être in- fel, Bure troduites dans le Druidisme, à l'e- carmi to xemple de semblables établissemens , 10 que les Païens admiroient & trouvoient tout faits chez les Chrétiens. Saint Justin, Tertullién, S. AuguItin, S. Gregoire de Nazianze, l'Auteur des Areopagitiques, & quelques autres Anciens , nous apprennent en plusieurs endroits de leurs écrits, jusqu'à quel point les Infidéles ont porté autrefois cet abus. Quoiqu'il en foit, on ne peut rien conclure de la classe des Pateres.

On doit encore moins fonder l'is

dentité des Hyperboréens & des Celtes sur le culte, que ces derniers rendoient à ce Dieu. J'ai déja insinué que ce culte étoit récent parmi eux ; & il ne me seroit pas difficile de prouver, qu'il étoit parfaitement étranger à leur Religion; tandis qu'il eft de notoriété publique, que de toute antiquité, il faisoit tout le fond de la Religion des Hyperboréens, sans aucun mêlange, ni accessoire.

S. XI.

Fonction des Bardes dans les

Gaules. Pago 34,

» Une autre classe (c'étoit celle des » Bardes ) ne s'occupoit qu'à jouer

des inftrumens, à chanter des hym» nes, & à célébrer les louanges & » les actions des Dieux & des Héj

Je n'ai trouvé nulle part, que les Bardes fûssent une classe de Druïdes, ni qu'ils s'occcupâssent à célébrer les louanges des Dieux : c'étoient des Chaptres, selon la force du mot Cele

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rique, qui faisoient métier de chan-
ter sur des instrumens les belles ac-
tions des Héros de leur nation. J'ai
dit dans un ouvrage particulier ,
qu'ils étoient en fi grande vénéra-
tion dans les Gaules, que fi , sur
le point de livrer une bataille, eût-
on déja commencé à lancer des
traits, & tiré l'épée , les Bardes ar-
rivoient au camp, on s'abstenoit de
combattre de part & d'autre. Les
Bardes se mêloient encore de censu-
rer , de fyndiquer la conduite des
particuliers, & d'être toûjours à la
table des grands.

S. XII.
Dans les Gaules, les femmes étoient

de tems immémorial le conseil en
les Juges de la nation. Les Druż-
des succedent à ces femmes.Dans
la suite des tems ces nouveaux
Juges se laissoient corrompre.

Juges de tous les différens de Pag. 35, leur nation, leur équité leur avoit attiré la vénération des peuples.

On voit ici jusqu'où va la force du

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préjugé. L'Auteur moderne a crů voir lesHyperboréens dans les Druïdes. Ces derniers ne formoient point une nation comme les premiers ; ils étoient seulement la portion la plus distinguée de leur nation : en conséquence, ils étoient Juges de tous les differens de leur nation. Mais cette qualité prouve-t'elle qu'ils fussent les Hyperboréens, c'est-à-dire , les plus juftes de tous les hommes ; & qui n'aïant rien à démêler, ni entre eux, ni avec leurs voisins, n'ont jamais eu la pensée d'établir chez eux des Juges, au tribunal desquels leurs diffé rens fûssent portés ?

L'équité des Druïdes, ajoûte-ton, leur avoit attiré la vénération des peua ples. C'est transporter injustement aux Druïdes une louange qui n'est dûë qu'aux Dames Gauloises: car il n'est pas permis d'ignorer que de tems immémorial, en récompense de la fage conduite

que

tinrent les femmes fortes dont il s'agit ; pour étouffer úne guerre intestine qui duroit depuis long-tems ; les Gaulois ont érigé un Tribunal Souverain, com,

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