Imágenes de páginas
PDF
EPUB
[ocr errors]

Enfin

pour lever tout scrupule, le Pape GeAn. 495. lase declare , que la sentence prononcée contre. 2.1210. F. Acace a été renduë dans un concile d'Italie, quoiSupon. 16. qu'elle ne porte que le nom du Pape, parce qu'el

le devoit être envoiée secretement, à cause des gardes que l'on avoit mis par tout , &

que

l'on ne pouvoit assembler les Evêques d'Orient chal8.1211. fez de leurs Sieges, ou privez de liberté. Ainsi

le faint Siege a tenu le concile où il pouvoit & avec qui il pouvoit. Telle est la lettre du Pape. Gelase aux Evêques de Dardanie, datée du premier de Fevrier, sous le consulat de Victor';

c'est-à-dire l'an 495: XXXVII. Il y promet des instructions plus amples sur

Autres l'affaire d’Acace, & nous avons en effet trois pieécrits contre Acace.

ces de lui sur ce sujet. Premierement, un fragEpift. 14. ment qui comprend des extraits d'une lettre du p.1912. Pape Simplicius, d'une du Pape Felix & une

d'Acace, très-forte contre Pierre Monge. Dans cet écrit le Pape Gelafe soutient, que quand mêm me Pierre se seroit converti , toutefois, étant Evêque du second Siege, il n'avoit pû entrer dans la communion de l'Eglise, sans la participation du Siege de Rome. La seconde piece , est une lettre aux Evêques Orientaux : où il se plaint qu'ils ont fouffert à Antioche Pierre le Foulon à

la place de Calendion, & font demeurez en comp. 1220. B. munion avec lui. Il dit le même de l'expulfion

de Jean Talaia , pour mettre Pierre Monge à Alexandrie. Il y remarque que celui-ci est demeuré en communion avec Pierre d'Antioche, jusques à la mort de ce dernier, avec lequel Acace se vantoit de n'avoir jamais communiqué. Les Orientaux disoient qu'ils n'avoient pas eu connoiffance de ce que le faint Siege avoit ordonné. Mais , dit le Pape , vous le pouviez aisément apprendre de tant d'Evêques qui conservoient la communion avec le faint Siege : & qui n'ont été

chaffez

1223.C.

Sep.

chaffez des leurs , que parce qu'ils approuvoient lon jugement. Ainsi tous les Evêques Orientaux font coupables comme Acace.

Le troisiéme écrit , est le traité de l'anathe- Tra8.tv me, où d'abord il se fait cette objection : Si l'on po 12279 reçoit le concile de Calcedoine, on doit l'admettre tout entier : & par consequent le privilege du second rang accordé à l'Evêque de C. P.? Gelafe répond : Toute l'Eglise reçoit sans heliter ce que le Concile a decide, conformément à l'Ecriture , à la tradition & aux canons , pour la foi catholique , pour laquelle le faint Siege a ordonné qu'il fût tenu , & l'a confirmé. Mais ce qui a été avancé sans autorité & fans ordre du faint Siege, a été aussi-tôt contredit par ses legats, & le faint Siege ne l'a jamais approuvé,

XXVIII. quelque instance qu'en fît l'Empereur Marcien. *. 3o. Il explique ensuite cette clause de la sentence p. 1289. De contre Acace, qu'il ne devoit jamais être absous ; c'est-à-dire , tant qu'il demeureroit obstiné , & cette clause n'ajoute rien à la condamnation.

En ce traité Gelase parle ainsi de la distinction des deux puissances, l'ecclesiastique & la seculiere : Je veux croire qu'avant la venuë de Jesu s-8.1232. Christ, quelques-uns aient été en figure, Rois & Prêtres en même tems, comme Melchifedec: ce que le démon a imité : en sorte que les Empereurs Payens prenoient aussi le nom de fouverains Pontifs. Mais quand on est venu à celui qui est veritablement Roi & Pontife tout ensemble, l'Empereur n'a plus pris le nom de Pontife, & le Pontife ne s'est plus attribué la dignité royale. Car encore que tous les membres de 1. Pelti

11.9. JESUS-CHRIST soient nommez royale & facerdotale : toutefois Dieu connoiffant la foiblcfle humaine , & voulant sauver les liens par l'humilité, a separé les fonctions de l'une & de l'autre puissance ; enforte que les Empereurs Tome VII,

D

chré

une race

chrétiens eussent besoin des Pontifes pour la vic An. 495, éternelle , & que les Pontifes suivissent les or

donnances des Empereurs pour les choses tem3.Tim.11.4. porelles ; que celui qui sert Dieu ne s'embarrasse

point d'affaires seculieres , & que celui qui y est engagé ne gouverne pas les choses divines. Ainsi l'un & l'autre ordre est contenu dans la modera. tion , & chaque profession est appliquée aux actions qui lui conviennent. Ce sont les paroles

du Pape Gelafe. XXXVIII Il tint un concile à Rome la même année 495

(oncile. sous le consulat de Viator le treiziéme de May, Absolution où se trouverent quarante-cinq Evêques : entre 10.4 p 1969. lesquels font saint Epiphane de Pavie , & faint

Laurent de Milan. Il y avoit aussi cinquante-huit Prêtres & deux Magistrats feculiers, Amandien & Diogenien. Misene l'un des Evêques legats qui avoient prévariqué à C. P. presenta à ce Concile une requête, qui fut lúë par le Diacre Anaftafe: le même apparemment qui fut Pape l'année suivante. Elle ne tendoit qu'à demander misericorde , attendu la vieillesse & l'infirmité du suppliant, qui craignoit de mourir hors la communion de l'Eglise. Le Pape ordonna qu'on le fit entrer. Il fe profterna, & demeurant à terre il presenta encore une autre requête , qui contenoit anatheme contre l'heresie & la personne d'Eutychés, & contre ses sectateurs, particulierement Dioscore & Acace de C. P.

Gelase aiant demandé l'ayis au Concile, tous les Evêques & les Prêtres se leverent , & crierent : JESUS-CHRIST exaucez-nous : longue vie à Gelase, vingt fois. Usez de la puissance que Dieu vous a donnée, douze fois. Faites comme faint Pierre, dix fois. Nous vous prions de pardonner, neuf fois. Ils se r'assirent, & Gelase dit: Le faint Siege en condamnant Misene & Vital, ne leur a pas ôté l'esperance du pardon. Vital a

lib...poss9.

subi le jugement de Dieu , sans que nous aions pû le secourir. Mais nous ne devons pas differer An. 495. de recevoir celui-ci , tandis qu'il est encore en vie : ainsi il rentrera dans notre communion, & dans la dignité Sacerdotale. Tous les Evêques & les Prêttes fe leverent, & témoignerent leur consentement par plusieurs acclamations; reconnoissant le Pape pour vicaire de Jesus-CHRIST, & lui souhaitant les années de Saint Pierre. Sixte notaire de l'Eglise Romaine en expedia l'acte par ordre du Pape , qui parla beaucoup en ce Concile contre l'obstination des Grecs.

Mais la conduite de l'Empereur Anastase. ne xxxix. tendoit qu'à les y fortifier. Car cette même an

Euphenée 495, sous le consulat de Viator, il fit dépo- mius chal

Pé de C.P. fer Euphemius Patriarche de C. P. sous prétexte

Marsell. d'avoir favorisé la revolte des Isaures:qui encore Chr. fiers de la faveur de l'Empereur Zenon leur com- Theod.leat. patriote , s'étoient élevez contre Anastase au com

Theoph. mencement de son regne. Il fit donc assembler

p.120.ans. les Evêques qui se trouverent à C. P. & ceux-ci Anali. par complaisance pour l'Empereur, deposerent Euphemius & l'excommunierent. L'Empereur fit ordonner à sa place Macedonius Prêtre & Tréforier de l'Eglise, Neveu du Patriarche Gennade, qui l'avoit élevé dans la pieté & la vie ascetique. Toutefois l'Empereur le fit fouscrire à l'henotique de Zenon. Le peuple de C. P.s'émeut en faveur d'Euphemius, & courut à l'hippodrome, chantant des litanies. Mais l'Empereur demeura ferme, & envoia Euphemius en exil à Euca te en Paphlagonie. Avant que de partir il voulut que Macedonius lui donnât parole qu'on l'y conduiroit en sureté : celui-ci vint pour cet effet le trouver dans le baptiftere; mais avant que d'y entrer , il fit ôter son pallium par un Diacre, n'osant encore le porter devant Euphemius. Il cmprunta même de l'argent qu'il lui donna,

pour

D 2

pour la dépense de ceux qui l'accompagnoient. XL. La déposition d'Euphemius fut approuvée par Elie Pa- Athanafe Patriarche d'Alexandrie, &

par

Pallade triarche de Jerusalem.

Patriarche d'Antioche; mais non par Elie PatriarVita S. che de Jerusalem. Il étoit disciple de saint EuthySaba.Cotelo mius, & depuis deux ans avoit succedé à Salluste, Mon. to. 3• qui tint ce siege huit ans & trois mois. Elie fut orр. 16.

donné la troisiéme année de l'Empereur Anaftafe, P.296.

c'est-à-dire en 493. Il bâtit un Monastere près de la Cathedrale, & y rassembla les plus vertueux de l'Eglise du faint Sepulcre, auparavant difpersez aux environs de la tour de David. Dans le schisme qui divisoit alors l'Eglise, Elie ne communiquoit de tous les Patriarches qu'à celui de C.P. rejettant avec lui la communion des Alexandrins, qui anathematisoient le concile de Calcedoine, & par consequent aussi la communion de Pallade Patriarche d'Antioche, qui par complaisance pour l'Empereur s'étoit joint aux Alexandrins, & rejettoit comme eux le Concile. Mais d'ailleurs, Elie n'approuvoit pas la fermeté avec laquelle le Pape exigeoit que le nom d'Acace fût ôté des diptyques. Or quoi qu'Elie n'approuvât point la déposition d'Euphemius, il ne laissa pas de recevoir à sa communion Macedonius, ordonné en fa place : le trouvant Catholique par ses lettres fynodales. Pallade d'Antioche mourut peu de tems après, & Flavien son successeur suivit la conduite d'Élie, n'étant en communion qu'avec lui & avec Macedonius : ce qui irrita extrêmement l'Empereur contre ces deux Patriarches, d'Antio

che & de Jerusalem. L'année suivante 496. fixieTheoph. me de l'Empereur Anaftase, mourut Athanase Pu!!!.

Lin Patriarche d'Alexandrie, & il eut pour successeur bet, 6.18,

Jean Prêtre & ceconome, surnommé Hemoula ou Mela, qui suivit le parti du schisme, comme son prédecesseur.

Lo

« AnteriorContinuar »