Imágenes de páginas
PDF
EPUB
[ocr errors]

à ter nau -UC est là LUX esté et à mds Denefi t de i'on t un noit ultiille,

Numitorius & Icilius restent auprès du corps de Virginie, l'exposent aux yeux du peuple, & l'exhortent à ne pas laisler la mort sans vangeance. On accourt dans la place de tous les quartiers de la Ville. Valerius & Horatius qui s'étoient opposez si courageusement à la continuation du Decemvirat, s'y rendent des premiers avec un grand nombre de jeunes Patriciens de leur parti. Appius redoutant leur crédit & leur éloquence, leur envoye ordre de se retirer, & commande en même-tems qu’on ôte de la place le corps de Virginie. Mais Valerius & Horatius s'y opposent. Appius outré de la mort de Virginie , & du mépris qu'on avoit pour ses ordres, s'avance avec ses Licteurs & les troupes de fa Garde pour arrêter les deux Senateurs. Mais le peuple en fureur le repousse , met en pieces les faisceaux, le poursuit lui-même comme un tyran; en sorte que pour sauver sa vie, il fut contraint de s'enfuir le visage couvert, & de se cacher dans une maison voisine.

Valerius & Horatius posent le corps de l'infortunée Virginie dans

artic

i ne

Jans

une litiere découverte , & sous prétexte de la reporter dans la maison de son pere jusqu'à ce qu'on lui rendît les derniers devoirs, ils la

font passer par les principales rues D.H. 1. 11. de la Ville pour exciter le ressenti

ment de tous les citoyens. Hommes & femmes, tout le monde sortoit de fa maison pour voir cette pompe funebre : les hommes jettoient des parfums dans la litiere; les femmes & les filles les larmes aux yeux, y mettoient des couronnes de fleurs. Tout le monde plaignoit son sort, & sembloit par ces tristes presens faire ferment de vanger sa mort, . Toute la Ville se seroit soulevée à l'instant même , fi Valerius & Horatius qui conduisoient cette affaire, n'avoient jugé à propos avant que d'éclater , de voir ce que produiroit dans l'Armée d’Algide le retour de Virginius.

Il entra dans le camp, escorté, comme nous avons dit, d'une partie de ses amis, & ayant encore à la main ce couteau funeste dont il avoit tué fa fille. Les soldats ayant appris son malheur accoururent de tous côtez; Virginius se place aulli

66

[ocr errors]
[ocr errors]

tôt dans un endroit élevé, d'où il pouvoit être entendu plus facile. ment. Il avoit le visage couvert de larmes , & la douleur l'empêcha quelque tems de pouvoir parler. Enfin rompant ce triste filence, & levant les mains au Ciel : “ Je vous atteste , dit-il, Dieux immortels, u qu’Appius seul est l'auteur du crime ce que j'ai été forcé de commettre.« Il raconta ensuite, les larmes aux yeux, la fourberie que ce Decemvir avoit inventée pour se rendre maître de sa fille ; & s'adressant aux soldats qui l'écoutoient avec beau- Tit. Liv. coup de compassion : “ Je vous Dec.s.b. 3. conjure , mes compagnons, leur « dit-il, de ne me point chasser de votre Compagnie , comme parricide & comme le meurtrier de ma co fille. J'aurois de tout mon coeur is facrifié ma propre vie pour sauver ce la sienne, fi elle avoit pû en joüir avec son honneur & sa liberté. Mais voyant que

le

tyran n'en vouloit a faire une esclave que pour la pou- ce voir deshonorer, la pitié seule m'a ce rendu cruel. J'ai mieux aimé perdre ce

que

de la conserver avec re honte : mais je ne lui aurois pas sur

[ocr errors]

CC

[ocr errors]

CE

EC

ma fille

.

[ocr errors]

» vêcu un moment, si je n'avois efpere de vanger sa mort par votre » secours.

Tous les soldats détestant une' action si infâme, l'assurerent qu'ils ne lui manqueroient pas s'il entreprenoit quelque chose contre Appius. Mais leurs Centurions & les principaux Chefs de bandes, résolurent d'étendre leur ressentiment sur tous les Decemvirs , & de fecouer le joug d'une domination qui n'étoit pas legitime, & qui se tournoit visiblement en tyrannie.

Les Decemvirs qui commandoient l'Armée, instruits du retour de Virginius, & de la disposition des esprits, l'envoyerent querir dans le deffein de le faire arrêter. Mais ses amis l'empêcherent d'obéir à leurs ordres, & les soldats s'étant rassemblez par pelotons, leurs Officiers leur representerent si vivement toute l'horreur de l'action d'Appius , que le soldat ne demandoit qu'à retourner à Rome pour pouvoir détruire le Decemvirat. Il n'y avoit que le serment militaire qui les retenoit , & ils ne croyoient pas pouvoir abandonner leurs En

[ocr errors]

Dis el
Votre

[merged small][merged small][ocr errors][merged small][ocr errors]

seignes & leursGeneraux sans offen-
ser les Dieux, & sans se deshonorer. Ibid. 1.17
Mais Virginius qui brûloit d'impa-
tience de se vanger d'Appius, leva
ce scrupule, & leur représenta que
leur serment ne les obligeoit qu'en-
vers des Chefs revêtus d'une auto-
rité legitime ; & que le premier

&
serment qu'un Romain faisoit en
naissant, étoit de sacrifier sa vie
pour la défense de la liberté publi-
que. Il n'en fallut pas davantage
pour rassurer la conscience de ces
soldats. Ils courent aussi-tôt avec
fureur à leurs armes, levent leurs

,
enseignes, & sous la conduite par-
ticuliere de leurs Centurions, ils
prennent le chemin de Rome. Les
Decemvirs surpris d'une désertion
di generale, accourent pour les ar-
rêter. Mais de quelque côté qu'ils
s'adressent, ils ne trouvent par tout
que

des courages ulcerez, & qui ne
respiroient que la vangeance. On
leur reproche leur orgueil, leur ava-
rice, la mort de Siccius & de Vir-
ginie, & la lubricité d’Appius en-
core plus insupportable que leur
cruauté. Le foldat leur déclare fie-
rement qu'il est né libre, & qu'il

[ocr errors]

DS

« AnteriorContinuar »