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P L A N CHE X X XII. Ce beau vase est de terre , & très-bien conservé. J'ai été d'autant plus sensible au plaisir de le trouver dans le cabinet du Comte Peralta , dont j'ai fait l'acquisition, qu'il prouve ce que j'ai avancé plusieurs fois , que les Etrusques ont accommodé à leurs usages & à leurs maniéres les secours qu'ils ont tirés des Egyptiens, & qu'ils ont imité cette Nation, sans la copier servilement. En effet, on voit sur une des faces de ce vase un homme couché sur un lit , & une femme ou un jeune homme debout. Ce groupe se rencontre fréquemment, & dans la même disposition sur plusieurs monumens Egyptiens; mais il représente toûjours une mumie, & l'homme qui travaille à la préparer. Ici la figure couchée a le visage découvert & coloriể; elle a les pieds séparés : & la femme ou le jeune homme debout a les bras étendus, & paroît implorer du secours pour le mourant, en s'adressant à un altre que l'on apperçoit dans un coin de la composition, & qui est vraisemblablement le Soleil. On en distingue sans peine la forme, aussi-bien

que les bras , le visage & les pieds de la figure debout , quoiqu'ils n'aient été peints qu'avec une couleur blanche dont la tenue est fort peu solide.La grayûrefait sentir suffisamment ce qui est gravé sur l'autre côté du vase. C'est un grand serpent qui fe replie sur lui-même. Il a une barbe, de petites aîles placées en différens endroits de son corps,

des pieds de cerf. Pour entendre ceci, il faut observer que Sarurx. l. 1.6.19. le Soleil, qui, selon Macrobe, ne s'éloigne jamais de

l'Ecliptique, suit néanmoins dans la route un cours tor

tueux, & semblable aux sinuosités d'un serpent ; & se C. 20. souvenir

que dans un autre endroit le même Auteur ajoûte que l'on a désigné le Soleil par la figure d'un serpent, parce que les dragons rajeunissent tous les ans en se dépouillant de leur ancienne peau. On a déja vû globe du Soleil est représenté sur une des faces de ce

monument :

&

que

le

monument : & qu'il l'est sur l'autre face par l'emblême d'un serpent aîlé, auquel on a donné des pieds de cerf, pour marquer peut-être la rapidité avec laquelle le Soleil fournit sa carrière. On voit à côté du serpent une chouette posée fur l'angle d'un corps solide , qui paroît être un tombeau. Les Egyptiens regardoient cet animal comme le symbole des mauvais Génies. Si les Etrusques ont adopté cette idée, tout le sujet représentera une personne mourante, pour laquelle une autre personne adresse des væux au Soleil , afin d'écarter les mauvais Génies qui commençoient à s'approcher du tombeau. En conséquence de cette explication , je prendrois ce vase pour une urne sépulchrale. Les ornemens qui accompagnent les deux faces que je viens de décrire sont fages, & différens de ceux que l'on voit ordinairement sur les vases Etrusques. Ils répondent à la nature des choses représentées. La couleur rouge mise comme couverte , est employée avec beaucoup d'art, & se trouve très-bien disposée avec la noire. L'une & l'autre sont placées sur la couleur naturelle de la terre ; mais elle est bien cuite, & parfaitement travaillée. Ce vase a dix pouces & demi de hauteur , pouces trois lignes de diamétre. La figure couchée a quatre pouces , & celle qui est debout en a trois & demi. P L M N C H E XXXIII.

No. I. Ce beau vase eft malheureusement en fort mauvais état. On

у voit les débris d'une sculpture admirable. Il a cinq pouces de hauteur, & environ deux pouces neuf lignes de diamétre. Il étoit enrichi d’un bas-relief dont je ne puis présenter que les ruines : elles sont développées sous le même N°. "J'avoue que j'ai vû bien peu d'exemples d'un pareil ornement sur les monumens Etrusques. Il me paroît que l'on a voulu représenter Cassandre traînée par les

N

, sept

narotti,

que celle

cheveux; car les Etrusques ont souvent traité dans leurs Dempster, Buo- bas-reliefs l'histoire & les Héros de la guerre de Troye. Reg. Gori, Mus. Il ne faut pas néanmoins supposer qu'Homère ait voyagé Etrus,

en Etrurie, ni même qu'il ait connu les Etrusques : mais
il avoit fait l'admiration de ce peuple par la beauté & la
justesse de ses images , & sa muse a échauffé & nourri
l'imagination des célébres Artistes, aussi-bien
des Poëtes. Ce monument est recommandable à plusieurs
égards. Le travail du bas-relief est un peu sec, mais il n'est
pas dépourvû d'action. Les têtes de l'homme & de la
femme, ainsi

que celle du cheval, ont du caractère; mais, si l'on peut asseoir un jugement sur un morceau fi mal conservé, il me semble que la figure de la femme est d'un assez mauvais dessein. Je ne dirai rien des ornemens qui accompagnent ce bas-relief : ils ressemblent à tous ceux que

l'on voit sur ces sortes de vases. J'ai retranché quelques-unes des Planches qui devoient entrer dans ce Recueil, & dont le nombre étoit complet, afin de donner une idée du cabinet de terres Etrusques que M. de Sainte Palaye m'a fait l'amitié de me céder, & qu'il avoit acheté à Milan du Comte Peralta. Il est des plus nombreux, & ce morceau y occupoit une place, ainsi que celui du No. suivant.

No. II. La forme de ce petit vase est aussi belle, & aussi agréablement imaginée qu'elle est singuliere & raisonnable. C'est tout ce que je puis en dire : car ce monument n'a pas le moindre ornement ; & comme il est absolument noir, la gravûre suffit

pour faire juger de son mérite, qui ne consiste que dans le trait. La hauteur de la coupe est de deux pouces trois lignes: le plus grand diamétre a quatre pouces & demi, le plus petit deux pouces quatre lignes , & la plus grande élévation des anses larges de huit lignes est de quatre pouces & autant de lignes.

P LA N C H E X X XIV.

N°. I.

pouces deux

Ce plat Etrusque est de terre cuite. Son diamétre est d'un pied sept lignes, fa profondeur de trois lignes, & son élévation depuis le dessous du pied jusqu'au fommet du bouton qui termine les anses, de quatre pouces sept lignes.J'ai fait graver ce monument avec grand apparat. J'en présente le profil, le dessous & le dedans, à cause des beaux ornemens dont il est enrichi dans toutes ces parties. Il mérite cette attention non-seulement par son travail, mais

par fa rareté. Je n'en ai point vû de femblable dans les Recueils d’Antiquités publiés jusqu'à ce jour ; & je ne me souviens pas d'en avoir rencontré dans les divers endroits de l'Europe où mes voyages m'ont conduit. Les anses font d'une belle simplicité, & d'un usage facile. Elles n'excédent pas la circonférence; ce qui les met à l'abri de plusieurs accidens. Les boutons qui les accompagnent font sentir l'intelligence & le goût de celui qui a composé ce morceau. J'espère que ceux qui connoiffent le mérite des formes, me sçauront bon gré d'avoir expliqué & développé avec soin toutes les parties du trait.

No. II. LE creux du vase indiqué par ce No. est bien orné, & dans les plus justes proportions. Me sera-t-il permis de conjecturer qu'on a voulu y représenter le Génie de l'Automne ? Il a des aîles, parce que les Etrufqués en donnoient à presque toutes leurs Divinités. Il tient une corbeille remplie de fruits ; & il est précédé par un animal qui ressemble fort à un liévre. Ces deux symboles caractérisent assez bien l'Automne, & sont précisément les mêmes qui servent à la faire reconnoître dans un médaillon de l'Empereur Commode, où sont représentées les quatre saisons.

Autour de la figure est une couronne de laurier , dont les feuilles sont peintes de blanc, & on ne voit plus que les traces de cette couleur.

No. III. Le dessous est orné de deux figures. L'une est une femme assise, & drappée de bon goût. Elle tient de la main droite un miroir ou une patère, & de la gauche une table quarrée. L'autre figure est nûe, ailée, & pose sur un genou. Elle tient d'une main une corbeille de fruits, & de l'autre une espéce de couronne que l'on rencontre souvent dans les monumens Etrusques, mais dont la destination n'est

pas bien connue. Ces figures occupent deux des quatre

divisions du cercle. Les autres sont remplies d'ornemens légers & fort agréables , assez souvent répétés sur ces mêmes monumens. Ceux-ci ont été réveillés en quelques endroits par cette couleur blanche dont j'ai parlé plusieurs fois,

Malgré ce que j'ai dit plus haut de la rareté de ce morceau , j'en ai trouvé un depuis que celui-ci est gravé. Il étoit dans le cabinet du Comte Peralta. Nulle différence dans l'intention. Il est plus petit. Son diamétre n'est que de dix pouces huit lignes

. Il n'est orné que d'une grande tête de femme, & le vernis en est rouge. Il est très-bien conservé : mais le travail en est grossier ; & parce qu'on a manqué d'attention quand on l'a mis au feu, il est prodigieusement voilé. Il peut du moins faire juger que la forme de ces plats étoit assez commune chez les Etrusques. L'on sçait d'ailleurs que tous leurs ouvrages,

ainsi
que

leurs ouvriers, n'étoient pas d'un mérite égal.

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