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I. f

A SON ALTESSE EMINENTISSIME

DOM ANTOINE MANOEL

DE VILHENA, GRAND MAÎTRE DE L'ORDRE

de Saint Jean de Jerusalem.

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J'ai l'honneur d'offrir à VOTRE ALTESSE EMINENTISSIME, un Ouvrage qui lui appartient; puisqu'il contient l'Histoire de votre Ordre. On

y trouve , MONSEIGNEUR, tout ce

у que vos Prédécesseurs ont fait en différens fiedes

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pour la défense des Autels, e des Etats du Chriftianisme. Ces grands hommes ont rempli l'Univers de la réputation de leurs armes, eg de l'éclat de leur valeur : & ils ne se font pas moins distinguez par leur attachement à l'observation de la discipline religieuse.

Elevé à la même dignité, vous mettez toute votre gloire, MONSEIGNEUR, à imiter leurs vertus. Comme eux vous assurez aux Chrétiens la liberté de la navigation, en même tems que vous travaillez à faire fleurir de plus en plus dans votre Ordre , la justice, l'union , la paix , de la pieté. C'est ce qui vous mérite aujourd'hui les veux unanimes de tous vos Freres pour la durée d'un si sage Gouvernement. Agréez ceux que je fais en particulier pour votre confervation, & le profond respect avec lequel je fuis,

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MONSEIGNEUR,

DE VOTRE ALTESSE EMINENTISSIME,

Le très-humble & très-obéissant serviteur,

l'Abbé DE VERTOT,

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E ne sçai li ce dernier Ouvrage que je niets que pour m'encourager dans une si longue carriere, on m'ait quelquefois flatré d'un heureux succès , je connois trop bien ma propre foiblesse, & les difficultez d'une pareille entreprise, pour ne me pas défier de ces préjugez trop favorables. Car outre qu'il a fallu remonter plus de six cens ans dans les siécles passez, j'ai été encore obligé de chercher dans une antiquité fi reculée des cornmencemens qui ne se montrent guères , & par conséquent peu capables de satisfaire la curiosité des Lecteurs. Quelque peine que j'aye prise, & quoique j'aye employé plusieurs années à la composition de cette Histoire, j'avoue que ce n'a été qu'après l'avoir finie, que je me suis apperçû combien j'étois éloigné de la perfection que demande un pareil Ouvrage. Il est vrai que si sans se rebuter de ces com

fi mencemens ou obscurs, ou peu intéressans, on passe à des siécles voisins de ces premiers tems, on se trouvera dédommagé par de grands exemples de picté, joints à des actions qui

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partoient de la plus rare valeur ; & que la fingularité de la matiere pourra suppléer à ce qui manque de ma part à la forme que j'y devois donner. Il s'agit dans cette Histoire d'un Corps célébre de Religieux, renfermez d'abord dans un Hôpital, & qui malgré les soins pénibles & humilians des pauvres & des malades, se trouvant encore assez de zele & de forces pour prendre les armes contre des Infideles, ennemis déclarez du nom Chrétien, sçurent allier les vertus differentes de deux professions fi opposées.

L'habillement de ces Religieux militaires étoit simple & modeste : ils réservoient la magnificence pour l'ornement des Autels : les pelerins & les pauvres proficoient de la frugalicé de leur table. Ils ne sortoient d'auprès des malades que pour vaquer à la priere, ou pour

marcher contre les ennemis de la Croix: cette Croix éroit tout ensemble leur habit & leur étendart. Nulle ambition dans un Corps guerrier, où l'on ne parvenoit aux dignitez, que par le chemin de la vertu : la charité, la premiere de leurs obligations, & des vertus du Christianisme, ne les abandonnoit pas même contre les Infideles: & quelque avantage qu'ils remportassent dans les combats , contens de delarmer ces Barbares, ils ne cherchoient dans de sein unệme de la victoire , qu'à les converţir,

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