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ici queftion de mots, & non de chofes. Qu'il y ait en effet un grand nombre de pécheurs péni tens qui n'ont prefque point d'idée de ces termes, je le veux mais faut-il pour cela que ces pénitens ignorent qu'il fe fait par l'opération de l'efprit faint quelque chofe en eux qui change leur cœur, & qui le rend faint & jufte, non par l'imputation toute exterieure de la juftice de Jefus-Chrift, fuivant les réveries des hérétiques, mais par une juftice qui leur eft véritablement communiquée, & qu'on appelle habituelle,parce qu'elle eft ftable & permanente? Ce n'eft donc de ces termes théologiques, mais du fond des chofes qu'il importe aux pénitens d'être occupés, afin t. Cor. 1 Iv que connoiẞans les dons que nous avons reçû de Dieu, notre pénitence ne foit pas une pénitence

pas

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aveugle, infructueufe, ingrate & méconnoiffante des dons & des bienfaits, que nous recevons dans la juftification,

Mais ce n'eft pas là tout. Une ame paffe-t-elle à la poffeffion & à l'exercice de la charité fubitement, & fans quelque difpofition préliminaire, & proportionnée à la grandeur de cet effet? Ou plûtôt n'eft-il pas neceffaire que cette habitude foit précédée de quelque chofe qui nous y prépare, & qui nous ferve comme de paffage pour y arriver ? C'est donc là ce que font proprement ces commencemens d'amour reconnus par le Concile, & dont nous avons parlé ci- deffus. Car cette difpofition & ces commencemens venant à fe développer, se terminent enfinpar un progrès naturel à l'acte véritable, fixe & parfait de la charité ; qui de

.

cette maniere fe trouve & formée en nous, & tout à la fois exercée, lorfque dans la justification nous la recevons librement, & de tout notre cœur.

Ces vérités font certaines fans XV; Ce que doute,& clairement fondées dans renferme le la définition du Concile. Mais choix & le

confente

parce qu'il s'agit ici non de ce ment libre qui fuit la juftification, ou de ce & volontai qui l'accompagne, mais princi- re par lepalement de ce qui la précedevant le quel, fui& nous prépare à la recevoir; Concile fel examinons en particulier quel eft fion VI. chapitre v ce confentement libre & volon- & VI. nous taire que nous donnons à la ju- nous porftice & à la charité, non plus ftice & à la tons à la ju dans le moment que nous la re- charité incevons, & qu'elle fe répand dans hérente, anos cœurs, mais lorfque nous fe donne à l'envisageons comme encore éloi- nous, & lorfque gnée, & que nous y afpirons. Nous avons fait obferver dans le préparons VI. chapitre de la Seffion v1.

nous nous

la rece

voir

combien ce confentement eft

Seff. VI. libre & volontaire. Les pénichap. vi. tens, dit le Concile, fe difpofent à la juftification, lorsqu'ils fe portent librement vers Dieu. Mais fi nous remontons au chapitre v. de cette même session nous y trouverons tout ceci plus clairement encore, & plus expreffement developpé.

"

Ecoutons le Concile. Le com

V.

ibid. chap. mencement de la juftification dans les adultes doit fe prendre, dit-il, de la grace de Dieu qui les prévient par Jefus - Chrift, c'est-à-dire de fa vocation qui les appelle fans qu'aucun mérite ait précedé de leur part ; afin que d'éloignés qu'ils étoient de Dieu par leurs péchés, ils fe difpofent par fa grace, qui les excite &qui les aide à fe convertir pour leur juftification, en confentant & cooperant librement à

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cette même grace; en forte que Dieu touchant le cœur de l'homme par la lumiere de l'efprit faint, l'homme ne foit pas entierement fans rien faire en recevant cette infpiration puisqu'il pourroit auffi la rejetter ; quoiqu'il ne puiße par fa volonté libre fans la grace de Dieu, fe porter à cette véritable justice qui nous fait marcher en fa préfence & fous fes yeux. Tout le monde fçait que cette doctrine eft confirmée par les Canons IV. & IX. de la même Seffion.

Ainfi donc, autant qu'eft libre & volontaire l'acceptation de la grace dans l'acte même de la juftification & de la rénovation de l'homme, autant faut-il que foit libre & volontaire la converfion de fon cœur vers cette même grace, avant qu'il la recoive, & lorfqu'il s'y prépare; autant, dis

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